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Souvenirs: 
d'une oiselle d'un rêve d'une vie
de Verdun sur Garonne 1950 de Leur  Garonne d'un héros
d'une petite fleur d'amis d'avant d'une enfance
d'un paquebot d'une ville  

 

 


d'amis d'avant

Mes pensées pour mon ami Louis G... qui, comme son frère Jean avant lui, s'est réfugié dans les bras d' Aloïs A. pour partir gentiment tout en cachant sa honte.
Et pour mon ami Jacques R...., qui ne devrait pas tarder à les y rejoindre...


  Ménage à trois ???

Un des trois est à l'étroit ...

La maman? La mama règne,

L'intrus? L'amant qui peine,

Le papa? A l'âme en peine,

Les enfants? Des coeurs qui saignent,

Mon coeur à moi?...

Ces amis là, moi, je les aime !


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D'un Héros 

Jean (Raymond) Bayssade

 

Né le 2 juillet 1913 à Verdun sur Garonne

Jean Bayssade entre dans l'Armée de l'Air le 4 décembre 1931.

Il effectue sa formation de pilote à Villacoublay et décroche ses ailes en 1932

Une fois breveté, il est affecté à la section de chasse de Istres mais quitte l'Armée fin 1932

De 1933 à 1935, il effectue des meetings aériens

avant de reprendre du service en mai 1935, comme sergent pilote

C'est sans doute durant cette période qu'il passe avec

son avion sous l'ancien pont de Verdun

Au cours des 4 années suivantes, il va apprendre à piloter sur tous les types d'appareils

et accumuler  une grande expérience de plus de 1000 heures de vol.

Admis élève officier de réserve, il fait le peloton à Tours

 avant de rejoindre Bordeaux où il se trouve encore au moment de l'armistice.

Le 18 juin, il répond à l'appel du Général de Gaule en "empruntant"

 un Bloch MB-200 à Mérignac avec l'espoir de gagner l'Afrique du Nord.

Il est interrompu dans sa tentative par des ennuis mécaniques et doit se poser à Toulouse.

Début 1941, il est à Agen et après sa démobilisation

il entre dans le réseau de renseignements "Georges-France"

Il se fait embaucher à l'usine Breguet de Toulouse et devient agent CK 31.

Démasqué par la Gestapo, il décide de gagner l'Angleterre via l'Espagne.

Fait prisonnier, il est interné en Espagne pendant 3 mois à Barbastro et à Miranda.

Libéré en décembre 1943 il embarque à Malaga sur le "Surcouf"

et arrive à Casablanca le 31 décembre 1943.

Après avoir repris l'entraînement à Meknes,

il demande à rejoindre l'escadron du "Normandie-Niemen"

Son statut d'évadé lui permet en effet de choisir son affectation !

Il arrive à Moscou le 1 mai 1944 et rejoint le "Normandie Niemen"

à Toula le 8 mai, et se lance aussitôt dans les combats aériens.

Le 30 juillet 1944, Jean Bayssade est abattu par des Stukas.

Grièvement blessé, il parvient toutefois à sauter en parachute

et à atterrir dans une clairière remplie d’Allemands.

Fait prisonnier, il est interné dans les camps de Buchau

puis de Lodz où il retrouve Constantin Feldzer.

Transféré au Stalag IXB de Bad Orb en novembre,

il est intégré au commando Stockstadt

dans une papeterie où le travail est épuisant.

Le 15 décembre au soir, Jean (Raymond) Bayssade profite

d’un concours de circonstance et s’évade.

Repris après 9 jours de marche, il se retrouve à Limbourg le jour de Noël 1944

et quelques jours plus tard au camp de Bad Orb.

Il est libéré début avril 1945 par les Américains.

Raymond Bayssade rallie Paris le 21 avril 1945,

d’où il est aussitôt dirigé vers l’hôpital de Chaptal ; il pèse 46 kg.

Il décède le 14 Février 1983, à l'age de 70 ans

et repose dans son village natal de Verdun sur Garonne,

où une simple petite rue du  village porte son nom 

 

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 d'une enfance



 Je me souviens du monde quand il était encore humain.
Lorsque chacun savait ce qu’était d'avoir faim.
Quand le soleil couché on allumait un cierge
Et que l’hiver venu on se mettait au lit, parfois tout habillé,
Après avoir mangé un bon quignon de pain trempé dans de l’eau tiède.

Au temps où la maman par dessus sa brouette
Transportait tout son linge et un de ses petits au bord de la rivière.
Je me souviens de quand ce petit c’était moi,
De quand j’étais malade, c'était pendant la guerre,
Quand mère providence m'a bercé dans ses bras.

Maman me descendait de dessus la brouette,
Me laissait gambader en haut, en bas, partout.
Elle installait sa planche, dans l’eau, sur des cailloux
Et puis sur les galets se mettant à genoux,
Elle tapait sur son linge aveque son battoir.

Je n'ai de ma Garonne que de bons souvenirs

Au contraire de Jacques de Gilbert ou de Pierre
Qui deux trois fois par an restaient dans leur grenier
Attendant patiemment qu'elle calme sa colère
Et rentre dans son lit qu'elle venait de quitter

J’aimerais bien un jour mourir dans ma Garonne.
Elle me connaît trop. Elle ne voudra pas.
J’ai failli me noyer, elle n’a pas laissé faire.
Elle m’a tout appris. Elle m’a même vu naître.
Debout sur ses galets j’ai fait mes premiers pas.

C'est dans son eau verdâtre que j’appris à nager.
C'est contre son courant que j’appris à lutter. 
Le battoir de ma mère m’enseigna à compter.
Le vent dans ses roseaux qui m’a fait observer
Le piailler des oiseaux, m’a appris à rêver.



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d'un paquebot

Haïku pour Angeline des îles sous le vent...

Une ange sur le quai
L'Orpheus paquebot est un joli bâteau
Elle me dit "Je vous aime"

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d'Un rêve

Une église et un coucher de soleil...

huile 1000x750

Un prêtre se promenant, regardant son église,
Constatait que la nef était tournée vers l'est.
Il invita alors l'imam de la commune qui n'a pas de mosquée,
Par les jours de grand froid de venir s'il lui plaît
Dans l'église prier avec tous ses fidèles protégés de la bise.

L'imam d'abord surpris, accepte bon apôtre,
Et propose alors d'inviter le rabbin à profiter du lieu.
Puisqu'il n'a pas de temple viendra se joindre à eux.
Chacun s'arrangera pour ne pas gêner l'autre,
Lorsqu'il s'installera pour prier son bon dieu.

Pourquoi n'irait-on pas, puisque l'on est déjà trois,
Inviter à nous joindre le bon moine bouddhiste ?
Le jour saint pour l'imam étant le vendredi,
Celui pour le rabbin étant le samedi,
Le chrétien le dimanche, chaque jour pour bouddha...

-"Comme ça, dirent les trois religieux à l'Imam,
Si tu ne parviens pas à convaincre tes enfants
Qu'ils iront en enfer lorsqu'ils partent tuer.
Que tuer des innocents est le fait de satan .
Nous nous joindrons à toi pour tout leur expliquer !"

-"Comme ça, dirent les trois religieux au Rabbin,
Si en Israel les dirigeants continuent d'occuper
Le pays d'habitants de leur terre chassés,
Et que faisant cela ils alimentent la guerre,
Nous nous joindrons à toi pour tout leur expliquer !"

-"Comme ça, dirent les trois religieux au curé,
Lorsque tes fidèles aveugles évangelo- intégristes
Soutiendront des thèses xénophobes et racistes,
Et que faisant cela ils alimentent la haine,
Nous nous joindrons à toi pour tout leur expliquer !"

-"Comme ça, dirent les trois religieux au Moine bouddhiste,
Quand, en Birmanie, s'acharneront tes ouailles
 violer et massacrer les innocents "Rohingyas"
Et que faisant cela ils alimentent la haine,
Nous nous joindrons à toi pour tout leur expliquer !"

-"Comme ça, dirent les quatre à l'athée, en sortant de l'église,
Au lieu de toujours critiquer et ne jamais rien faire,
Si tu te joins à nous , puisque l'on s'entend bien,
Nous allons faire en sorte d'expliquer aux humains,
Qu'avoir la paix sur terre est la voie pour demain ! »


 

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d'une oiselle

 

 

 

 

Hommage à Juliette...

composé en tentant de

dessiner la silhouette

d'une mulata

xxxxx

xxxx

Je m'appelle Juliette et je suis un oiseau.
Je suis née il y a déjà longtemps,
Dans un pays fleuri,
Où il fait toujours beau.

Où les femmes sont belles,
Belles de l’intérieur.
Où la gente a du cœur.
Où tout marche en musique.


La musique rythmée au son des tambourins,
A des tons parfois tristes qui ne font pas pleurer,
Mais font monter du cœur des bouffées nostalgiques,
Qui font que les yeux piquent

Et cette étrange flamme qui brûle sans brûler,
Qui se dit sans parler.
C'est le cœur dans la bouche qu'il faut la partager

Comme un morceau de pain,
Comme un verre de vin
Pour la fille qui pleure
Il lui offre une fleur

Et c'est la fille qui rit
Elle crie dans la nuit
C’est le cri du bonheur
Il le sait et il l’aime

C’est le pain.
C’est le vin.
C'est l'amour.
C’est la vie.


C'est l'amour de la vie

 

 

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d'Une petite fleur

Par un jour de printemps j'étais allé chanter
Dans un club pour anciens, valides, handicapés,
Qui écoulent leur vie, à l'abri et en paix.
C'était près de Toulouse, son nom: "La Cerisaie"

Les pommiers sont en fleurs, les cerisiers aussi,
J'accorde ma guitare, et choisis un programme
Le soleil, le parfum, les cerisiers fleuris,
Le programme s'impose, ce sera le printemps.

Je chante pour les gens et pas pour de l'argent.
Je chante comme je peux, mais y met tout mon coeur.
Quand je chanterai "Le temps des cerises"
Sifflera bien mieux le merle moqueur...

Je chante pour les gens, alors je les regarde
Là-bas au fond à droite, j'aperçois une fleur,
Un peu dissimulée, sur elle mon oeil s'attarde.
Un ange de vingt ans qui m'écoute, en pleurs.

En chantant on le sait, on cherche à toucher l'âme.
Et lorsqu'on y arrive, ça vous aide à chanter.
La fin de la chanson, je la chante pour elle.
A la dernière strophe, tout le monde est content.

Je range ma guitare, range mes partitions,
Quand la petite fleur se dresse devant moi.
Son visage est sourire, son regard est radieux.
Elle me montre les larmes qui coulent de ses yeux.

Je reste bouche bée, je ne sais que lui dire.
"Tu as vu ce que tu as fait!", me dit elle en riant.
Elle se penche vers moi, me baise sur le front,
Puis s'éloigne, légère, disparaît tout au fond.

Je ne sais trop que faire. Je n'ai su quoi lui dire.
Je suis beaucoup trop vieux, ça s'est passé trop vite.
Aujourd'hui ce poème, qui me monte du coeur,
Je l'écris pour toi seule, belle petite fleur.

Dans mes quatre vingt ans, j'ai fait beaucoup de route,
J'ai connu des amours, j'ai connu des déroutes,
En vibrant avec elles, j'en ai faites vibrer,
Voir pleurer de bonheur, ne m'était arrivé.

A vous tous gros brigands, banquiers et milliardaires
Qui comptez votre argent, pour trouver le bonheur en créant la misère.
Sachez qu'un vieux manant, sans un sou mais chantant,
A fait pleurer de joie, une fleur de vingt ans.

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D'une vie

Une vie... pleine de tendresse et d'humour...et d'un peu d'amour aussi...

Photo n°1                                        Photo n°2

Ces deux images sont identiques. Le personnage est le même...L'endroit est le même...
Le soleil, les habits, tout ça, c'est pareil...
Et pourtant un oeil affûté  notera qu'elles ne sont pas prises le même jour...
On y découvre 4 petites différences...Lesquelles???

-Mais non! C'est pas la couleur des cheveux!
Aujourd'hui, avec l'égalité des sexes, les hommes se font faire une couleur en un clin d'oeil...

La barbe! Eh oui! Gagné! L'un est imberbe, l'autre est en barbe!  1 Différence
Il y a donc au moins 15 jours entre une prise et l'autre...

-Mais non! C'est pas la différence d'age!
Aujourd'hui, avec l'égalité des sexes, les hommes n'aiment pas qu'on les titille sur leur age...

La guitare! Eh oui! Les guitares sont deux Ibanez de 1955 !
Mais elles sont différentes! Les gratteurs ont souvent deux guitares... 2 Différences!!!
Et tu viens voir quand tu veux, mon Ibanez elle est de 1955!


-Mais non! C'est pas la différence de poids!
Aujourd'hui, avec l'égalité des sexes, les hommes n'aiment pas qu'on les titille sur leur poids...
C'est vrai que sur la photo1 il paraît un peu maigrichon, le mec!

 Les claquettes! Eh oui! Les claquettes sont différentes!
Les gratteurs ont souvent deux paires de claquettes... 3 Différences!!!
Et tu viens voir quand tu veux, j'ai passé ma vie en claquettes! J'en ai toujours deux paires!


Tu trouves pas la 4eme? Tu donnes ta langue au chat?
Aujourd'hui, avec l'égalité des sexes, on peut dire "... ma langue à la chatt..."
Ah non! Là, ça marche pas! L'égalité, ça marche pas encore dans les deux sens!...

Alors tu trouves pas? Tu veux savoir?

-Pourtant ça saute aux yeux!!!
Sur la photo1 il fait un accord de Fa!... Sur la photo2 il fait un accord de Sibm!...
C'est quand même facile!!! Non???
Et ça fait 4 Différences...

Il y en avait bien 4 ! On l'aurait pas cru, à première vue!!!

 

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D'une ville

 

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Ju!!! C'est quoi cette ville déjà?

Rome? Prague? Vienne? Berlin? Paris? Toulouse? Sao Paulo? Rio de Janeiro? Washington DC? Cap Town? Johanesbourg? Lisbonne? Düsseldorf ? Montauban? Paris? Bruxelles? Montgeard? Bangkok? Frankfurt? Amsterdam? Verdun sur Garonne? Porto Allegre? Bel Horizonte? Duke de Caxias? Barcelone???



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Leur Garonne sous Verdun

Cela se passait dans les années 1943-45
La région était occupée, par l'armée sauvage d'un pays voisin, aujourd'hui notre ami.
Ces occupants immondes, comme tout occupant, autant que nous l'étions quand nous étions occupants,  avaient pris l'habitude, le soir, de réquisitionner les hommes valides du village après leur travail, pour les conduire à Saint Martin, et pour descendre en bas de la roche, afin de creuser une énorme tranchée, à l'aide de pèles et de pioches...

Une tranchée, là-bas, loin de tout et de tous ??? Pour quoi faire?

Les sages de l'époque, qui eux nous ont quitté depuis déjà longtemps, disaient que c'était pour éliminer et y enterrer tout le village, sauf, bien entendu, les miliciens et certains collaborateurs .
Un de ces sages était mon parrain Justin Chaubet. Il était préparateur en pharmacie chez Mademoiselle Jougla. Il disait que comme dans la guerre précédente ils avaient pris « une rouste » à Verdun sur Meuse, les occupants voulaient cette fois laisser une trace en éliminant Verdun sur Garonne.

Je n'étais pas choqué outre mesure. J'avais quatre ans.
En plus, bien que pas milicien, ni collabo, faut dire que je les admirais, d'une certaine façon.
Pas ceux qui occupaient Verdun ! Eux c'étaient des salauds ! Ils avaient volé le vélo de ma mère et ils avaient cassé le coin de la terrasse de la perception à côté de chez moi , à Soniac, avec leur gros camion, et en riant en plus !..

Mais ceux de la Das Reich, eux, c'étaient des durs.
Ils descendaient Garonne sur un gros boudin gonflable. Il y en avait six dessus et six dessous, c'est à dire sous l'eau... Et quand un de dessus poussait un cri : Hop !, ceux de dessus passaient dessous et ceux de dessous, dessus... Puisqu'ils étaient la division Das Reich, et qu'ils étaient basés au château de Nolet, j'en concluais innocemment, j'avais 4 ans, qu'ils arrivaient   du château Nolet, sur leur boudin gonflable en caoutchouc noir...Ouaouhh !

Notre armée à nous, avant de se dissoudre, s'entraînait j'ai cru comprendre en jouant à la marelle et à saute moutons... Bon, là n'est pas, de toute façons, le sujet de mon propos...

Donc, les hommes valides creusaient la fosse pour enterrer le village, et moi avec, en bas de la roche de Saint Martin.
Notre tombe était déjà bien avancée le jour du débarquement . Elle faisait à vue d'oeil d'enfant, de 150 à 200 mètres de long, 5 mètres de large et 2 de profondeur, quand ceux de la Das Reich se sont tirés avec le feu aux fesses, après avoir juste eu le temps de dégonfler leur gros boudin noir...
Et nous avons eu beaucoup de chance nous, à Verdun sur Garonne !
Cela n'a pas été la même chose pour ceux de Tulle et d' Oradour sur Glane.
Ils en ont eu bien moins, eux, de la chance...


Ici, à gauche, derrière les racines, est l'endroit où était localisée la mitrailleuse qui allait être utilisée, et qui l'était de temps en temps pour tirer sur les pèles des gens qui creusaient....



Là-bas, en bas, était la fosse... qui a disparu, dans laquelle, avec mes amis Max et Jean Pierre, on allait chasser les serpents dans le début des année 50... Ces arbres là, eux, n'existaient pas, il y a 70 ans...
Il y avait un chemin en pente raide qui partait sur la droite de la roche et qui, revenant sur la gauche conduisait à la fosse et à Garonne...
Un chemin par lequel descendait mon père, son ami Garcio entre autres, qui nous ont quitté il y a déjà longtemps, ainsi que Roger, qui bien que jeune à l'époque, a lui-même été réquisitionné pour creuser la fosse avec les grands. Il est toujours là. Il peut nous en parler .
 


 

Leur Garonne sous Verdun

Poème écrit il y a longtemps à la mémoire de ceux qui ont creusé et qui ne sont plus là, de ceux qui sont encore là, qui ont vu la fosse, mais qui n'en parlent pas, et pour faire taire les imbéciles qui ne savent pas mais disent qu'il s'agit d'un fantasme d'enfant, et que ça n'a pas existé... comme pour la Shoah...

Je n'ai de leur Garonne qu'un souvenir bien piètre...
Me reviennent pourtant les propos de mon père
Lorsqu'il, tout en riant, à Garcio s'adressait :
«T'es quand même un peu con! T'aurais dû refuser!
De creuser à ma place, t'aurais pu y rester!»
Et Garcio mort de rire qui lui en rajoutait:
«C'est notre cher patron qui me le demandait !
Adrien n'est pas là! Vas donc le remplacer».
Et Garcio y allait... Et qu'allait-il donc faire?
Il allait, comme d'autres, creuser le soir la fosse
Où, s'ils en eussent eu le temps, la division «Das Reich»
Nous aurait enterré, avec tout le village, en bas de St Martin.
C'était pendant la guerre... Mais qui donc s'en souvient?
 

Celui-ci plus récent est aussi important...pour moi.


La fosse de la roche

Assis devant ma feuille, j'attends l'inspiration .
Ce sujet est très fort, et m'emplit d'émotion.
C'est ma vie, ma survie, mon souvenir d'enfance.
Je pense que je rêve, je pense à ma France.
Et j'écris de mémoire car tout est effacé

Me rendant à la fosse,
il y a quelques années
Je découvris, penaud, qu'elle n'existait plus.
Un champ de peuplier était planté dessus.
Parti mon témoignage de l'inhumanité!
Alors je me promis qu'un jour j'en parlerai.

Dans cette énorme fosse, lorsque j'étais enfant,
Avec deux trois amis nous chassions les serpents.
L'autre jour par hasard parlant avec Roger je lui ai demandé:
«As-tu connu la fosse en bas de Saint Martin?»
« J'y ai moi même creusé! Bien sûr je m'en souviens !  »

Alors j'ai décidé d'écrire ce poème.
Pour Garcio, pour mon père, et aussi pour Roger, mon devoir de mémoire
En ces jours tristes et noirs, quand extrêmes droitiers et jeunes endoctrinés
Nous imposent leur haine à grand coups de crachats, ou avec leur pétoire
Et
, comme les nazis, dégueulent sans vergogne sur notre humanité .

Assis devant ma feuille, le crayon à la main, je me prends à rêver
J'imagine le chef de la section Das Reich ému par le paysage :
« Ach du! Mein lieber Gott ! Es ist dort alles so schön !
Wir können aber nicht diesen Menschen umzubringen ! Gehen wir alle weg !"

Puis, posant son visage
dans le creux de son bras, il se met à pleurer ...

C'est si bon de rêver...

Traduction pour ceux qui ne pratiqueraient pas le Germain, qui a été, un moment, notre langue nationale:

"Oh toi, mon cher dieu! Tout est ici si beau !
On ne peut sûrement pas assassiner ces gens ! Allons nous-en !!!"






Cette peinture, qui n'existe plus, sort bien de la mémoire d'un enfant de 5 ans...
 gauche, l'endroit où se trouvait la mitrailleuse, dans le bout du terrain de Mr et Mme Blancou.
 droite le départ du sentier qui menait en bas de la roche, et qui partait du coin de chez madame Lacombe, la mère de Pierrot, qui creusait lui aussi avec mon père, ainsi que Roger Jammes et le père Escala...
On aperçoit le sentier, la fosse, et au loin Garonne...leur Garonne sous Verdun.

 

 

 

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Verdun sur Garonne, années 1950




 huile 1000x750

0- Les Facheries    
1- Dr Boursiac      2- La tour     3- Mr/Mme Margarit
4
- Famille Clemente/Arguelles  5-Famille Fauré (maçon)   6- Cmt Palanque
7-
Eglise   8- Presbytère 9- Famille de Seyssel
10
- Ecole des sœurs 11- Mme Dulac/Vanel 12- Elia Toulouse (secrétaire de Mairie)
13-
Jean/Mathilde Majorel/Bergamasco 14- La mairie 15- La halle  16 -Dr Lassalle
17- Famille Bonnomet18- Etude Gautié    19-Famille Ayma    20- Famille Bacha    
21
- Famille Faucanié   22- Famille Ourliac  .
23- Jardin de Laval 24- Famille Gineste 25-Mr Mme Faget 26- Place Bédélère
27
-Famille Belloc  28- Famille Trinquecoste 29- Famille Brustet (huissier)  
30
- Famille Durieux  31-Famille Castella 32-Famille Gouze 33- Mme Bireben
34
- Gabrielle (chaussures) 34 bis Famille Vergnes  35- Dr Massonié
36- Famille Saint Aroman (charcutier) 37- Famille Pujol (boulanger)   
38
-Famille Laval (patissier)  39- Baux Celestin (vins)  
40
- Famille Fourcade (poissonier) 41-Baux André/Marinette 42- Delors Armand/Hélène
43-
Melle Siouzade 44- Gadet (cycles) 45- La Poste 46- Mme Clamens (cochons)  
47
- Melles Mafre 48-Joseph et Philomène Belloc 49-Mr Mme Pescail 50- Melle Brunet,
51- Pierre et Caroline Deville. 52- Famille Nicouleau (tailleur)  
53
- Famille Gouze 54- Pupille (Cordelier) 55-Epicerie Capelle   56- Mme Dulac
57
-Garage Isobloc d'Adrien,
58-Andrieu  (remèdes)  
59- Garage Prouzet   60- Jean Monnié (plombier)  
61
- Lucien Gaussail (coiffeur)  62-Epicerie Fauré  63- Famille Bardeau (café)  
64
- Boucherie Billard   65- Famille Auvilla ( presse) 66- Mlle Forge  
67
-Victor Duraude (caf'é des sports)  68-Famille Delmas (appareils électriques)
69
- Serres (menuiserie d'art)    70-  Famille Bégué (Quincailler)
71- à l'étage du 70- Jeanne et Justin Chaubet   72- Epicerie Serres (Coco)  
73-
Familles Fauré/Montagné (légumes) 74- Famille Farré 75- Marius Beissac
 
76- Café de La terrasse (Nono Lacassagne / Jo Capraro)
 
77- Melle Derey (mercerie) 78- Famille Kerleu (jouets)    79 Jacques Py (Cycles)   
80
- Famille Ducasse (Tabac)   81- Café Labruyère 
82- Famille Clamens Alexandre (Maire de Verdun et père de Jean, Maire des années 50)
83- Bus de Maurice Lescure .

100
- Hangar de Fleignac utilisé pour siestes coquines par les jeunes de l'époque...
101- Cabane du jardin de Mr Castella dans lequel j'ai retrouvé des obus en pierre...


La garonne passait au pied des remparts au moyen age. Ces obus devaient être utilisés pour refouler les attaques à l'aide de catapultes. Obus que j'avais, il y a 70 ans environ, remis à la mairie de l'époque. On m'avait promis les ranger dans les archives... Je n'en ai plus jamais entendu parler.


Toile peinte d'après une photo en blanc et noir prise au dessus de Soniac. (la maison dans laquelle je suis né...)
Oui, je sais, vous n'en avez rien à fo... faire!!!...Mais moi si!!!



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