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"Sous l'aile de la Providence"

...c'est l'histoire d'un humain qui, avec ses deux enfants,
traversait le monde, de gauche à droite,
et de haut en bas, pour trouver le sens de la vie...

Il ne l'avait pas encore trouvé,  le jour où il m'a rencontrée...
Pour tout savoir, entre et viens me voir

 

Table des matières

(Clique, si tu veux, sur le titre du chapitre pour ne lire que lui...)  

 

1-   Avant propos  

2-   La Rencontre

3-  Ma nouvelle famille  

4-   La transgression

5-   La Providence   

 6-   La nature

7-   Les humains en général

8-   Les humains safados  

9-   Les humains gente

10-  Les humains différents

11-  L'espérance

12-  Epilogue

 

 

 

 


Avant propos






Dans notre vie il y a Mitou et il y a moi.
Mon nom est Juliette et je suis une oiselle, une oiselle en cage.
Mais s'il y a cage, c'est une cage sans barreaux.
J’ai rencontré Mitou, mon ami l'humain, il y déjà longtemps, dans des circonstances difficiles.
Mitou, bien que voyant, était encore aveugle en ce temps là, il y a longtemps.
Dès notre première rencontre Mitou et moi avons développé l’un pour l’autre un attachement assez exceptionnel.

Ensemble nous avons voyagé, beaucoup voyagé.
On a volé très fort. On a volé longtemps. On a volé partout.
On a volé très bas, parfois, frôlant les pâquerettes.
On a volé très haut, aussi, et fait de la voltige.
Nous avons traversé des tourmentes, des tempêtes et même des
ouragans.
Nous avons cependant su toujours conserver plus ou moins le contrôle.
Et puis finalement, providentiellement, nous avons r'atterri.


C’est à ce moment là, après notre retour que j’ai décidé de transgresser les lois de la nature pour expliquer à mon ami l’humain comment leur système fonctionne

Le système que les humains ont mis en place, ils l'ont rendu tellement compliqué qu'ils ne savent plus où ils en sont.
J'ai décidé de lui expliquer tout «
 ça »
Parce que nous, les animaux, nous savons comment tout "ça"
fonctionne.
Nous ne pouvons pas le dire puisque nous n’avons pas droit à la parole.
Les humains, eux, ne comprennent pas.


C'est dommage, sinon ils pourraient le dire puisqu'ils ont eux, les humains, l'usage de la parole... 

Providence a fait en sorte de ne pas tout donner aux humains, pour préserver l'équilibre.

Par exemple, puisqu'elle leur a donné la parole, pour compenser elle leur a aussi donné la bêtise.

Le malheur, c'est qu' ils ont appelé leur bêtise "intelligence".

Moi je suis une perroquette, une perroquette qui parle puisqu'il m'a appris sa langue et que je suis intelligente moi, puisque je suis une animale.


Alors je vais tout lui dire...

Et j'ai donc pu finalement commencer à lui expliquer le secret du fonctionnement de notre système et celui de l'humain en particulier, sur notre planète.

Un humain c'est intelligent, c'est vrai, quand ça naît.

C'est seulement en grandissant que ça devient con, un humain...


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La Rencontre







C'est ainsi que tout a commencé:

Salut ! On m'appelle Juliette, ou juju, ou encore "JUUUU !" lorsque j'ai fait une bêtise. En vérité mon vrai nom est Angie, diminutif de Angélina qui veut dire petit ange.

Le pays dans lequel je suis née est un pays tropical rempli d'odeurs chaudes et fruitées, où il fait toujours beau, où les femmes sont belles, belles de l’intérieur et la gente a du cœur, où tout marche en musique. La musique rythmée au son des tambourins a des tons parfois tristes qui ne font pas pleurer mais font monter au cœur des bouffées nostalgiques de cette chose étrange que l'on appelle saudade, là-bas, comme dans tous les là-bas du monde...
J'allais donc très certainement sortir de la vie, ce dimanche matin, enfermée dans cette prison minuscule, exposée depuis les premières heures du jour aux rayons du soleil de janvier, le plus chaud dans cette partie du monde.

Je savais que j'allais partir, de toute façon...
Qui aurait bien pu vouloir de moi dans la situation dans laquelle je me trouvais ?
La veille j'étais tombée dans un récipient  rempli de colle et j'étais dans un état absolument lamentable. Ma plus belle robe, la verte et bleue qui me moulait si bien avant que l'on ne m'arrache à ma famille, était toute en lambeaux. Il n'en restait plus rien. J'étais presque nue. La jolie mèche orange, qui me couvre le front et met si délicatement en évidence mon type exotique avait disparu sous une épaisse couche de colle toujours gluante qui commençait à peine à sécher.
J'étais horrible.
Pourtant la providence avait étendu son aile sur moi ce jour là. En fait, comme depuis toujours. C’est drôle mais la providence a toujours eu un œil sur moi. Je ne vais pas m’en plaindre. Ainsi, mes geôliers m'avaient tout de même exposée au public avec les autres dans l'attente de l'acheteur éventuel.

Dans la vie c’est toujours comme ça. Chaque jour il y en a un qui se lève.
Bien entendu le commerce des êtres vivants, ici comme ailleurs,  d'ailleurs, est interdit. Cependant, ici comme ailleurs, d'ailleurs, on sait très bien que plus les choses sont interdites et plus elles rapportent. Donc plus elles rapportent et plus elles sont pratiquées...

Ce jour là était mon dernier jour et je m'étais résignée. J'avais même arrêté de crier et je me préparais à quitter ce monde, lorsque j'entendis la voix de ma geôlière qui s'adressait à un gringo barbu, long comme un pied de tournesol, qui est, chez nous, le pain des perroquets...
Je fus extrêmement surprise de découvrir que c'était à moi qu'ils avaient l'air de s'intéresser. Ils me regardaient tous les deux. Le gringo hésitant, pas du tout convaincu par ma gardienne qui le retenait par la manche et lui répétait de façon insistante:
-«Mais si, croyez moi, c'est une bonne fille ! Elle a du caractère ! Elle a déjà vécu en couple! Vous pouvez la prendre en confiance ! Je vous ferais un prix !»
J'ai tout de suite compris que je n'aurais aucune autre pareille chance. Ma geôlière était belle elle aussi. Sous son faux air innocent elle savait y faire, surtout avec les gringos.
Chez nous, ça peut paraître étrange, mais nos belles mulatas se font toujours avoir par les machos du coin. Ces fameux autochtones comme on les appelle là-bas chez les gens bien, là-bas, chez ceux qui aiment à compliquer les choses. Ces meninos da rua, comme l'on dit chez nous là où il y a de la gente, où l’on se connaît bien . Chez nous, avec nos gars, c’est toujours la mulata, la menina da rua qui aura le dessous . On dit que c'est parce qu'elles ont un trop grand cœur. Et ça c'est encore vrai. Le cœur de la mulata, la fille au corps doré, est un organe énorme. Il est tellement grand que quand elle donne son cœur il n’y a plus qu’à tout prendre.
Tout le reste est en prime .
Par contre avec les gringos c'est toujours le contraire. Ce sont toujours les gringos qui se font bananer.
Ce sont toujours les gringos qui restent en dessous. Et ils ont l'air d'aimer ça ! Puisqu'ils en redemandent...

Le gringo en général se repère aisément. Il a le teint plus clair. Il est habillé proprement. Et il a les poches gonflées. La peau plus claire c'est parce qu'il n'est pas habitué au soleil. Il est habillé proprement parce que cela se fait chez eux et qu'ils ont les moyens. Ils ont les poches gonflées parce que comme ils ont les moyens, ils en font toujours suivre avec eux et en ont plein les poches. C'est bien car comme ça nos gamins pique-poches ne se trompent jamais.
Ce sont toujours les gringos qui se feront plumer.
Ils sont pas fou nos gamins ! Ils vont pas aller pique-pocher des poches vides !
Nos gamines des rues non plus ne se trompent jamais. Elles aiment bien elles aussi plumer les gringos. Cependant elles s'y prennent un peu différemment.
Leur méthode est pourtant  tout aussi efficace. Car ils se trouvent encore tout aussi déplumés, les gringos, quand ils sortent des mains de nos garotas.
Des mains, c'est une image. J'aime bien les images moi. Quand je les utilise c’est pour mieux m’exprimer.
C'est parce que je ne suis encore qu’une petite fille.

Dans ce cas précis cependant, ce qui nous intéresse c’est notre geôlière. Cette belle mulata semblait perdre du terrain. En fait ce gringo n'était pas venu pour elle. J'étais sûre qu'il était là pour moi. C'est la providence qui l'avait envoyé pour me tirer de là. Il me regardait d'un air de plus en plus indécis. Que pouvais-je donc faire pour le convaincre? Je n'ai jamais été du genre à supplier ! C’est pas mon tempérament !
Je n'allais quand même pas  commencer aujourd'hui!
Je le fixais donc droit dans les yeux au gringo, en silence, intensément.
Pourtant je sentais son indécision prendre le dessus. Je voyais son regard flancher de plus en plus . Je le fixais toujours sans rien dire. Je savais que c'était lui qui allait me tirer de là. La providence qui m’avait toujours protégée, qui l'avait guidé jusqu'ici, qui m'avait sorti de ma torpeur consentante pour passer le pas, ne pouvait pas m'abandonner maintenant.

Et pourtant il s'en allait... Il avait détourné son regard, avait tourné les talons et commençait à s'éloigner d'un pas de plus en plus rapide. Il paraissait s'enfuir au grand désespoir de ma geôlière qui se rendait bien compte, maintenant, que finalement l'affaire ne se ferait plus.
L'espace d'un instant, le doute a aussi envahi mon esprit. Me serais-je donc trompée à ce point ? Allait-il donc me laisser tomber maintenant ? Et alors ? Providence ? Où es-tu Providence ? Mais, bon sang, c'était tout de même de ma vie qu'il s'agissait. Alors, surmontant la bouffée de panique qui m'avait prise à la gorge et tentait de me paralyser, je me mis soudain à chanter ma chanson préférée, sans réfléchir, mais sans hésiter non plus et de ma voix la plus claire.
Je dois dire que je ne suis certes pas de celles qui supplient, mais je chante très bien quand je veux. Demandez un peu à nos voisins si vous ne me croyez pas!
J'ai tout de suite compris que j'avais tapé dans le mille.
Le gringo s'était arrêté net. Il semblait avoir été frappé par une décharge électrique. Au bout d’un long moment il se retourna et revint sur ses pas. Sans me regarder, il s'adressa à ma gardienne pour lui demander mon prix. Il paya sans marchander.
Puis il me fit transporter dans sa voiture. Et c'est ainsi que nos deux destins se joignirent, pour le meilleur et pour le pire.
Le pire pour lui, car moi je savais que le mien de pire je l'avais déjà eu.
Il ne me restait donc que le meilleur à découvrir...
La providence venait de m'enseigner que parfois, il valait mieux ne compter que sur soi.




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Ma nouvelle famille





Et voilà, j'étais sauvée.

La providence que pendant un instant je n'attendais plus en avait décidé ainsi. Et bien entendu, de la même façon que j'avais accepté sa décision lorsque je pensais que j'avais fini mon passage sur terre, j'acceptais aussi celle qui me faisait rester ici, avec ce grand barbu aux yeux bleus.
S'il me paraissait tout de même assez difficile à comprendre, il m'avait pourtant plu au premier coup d'œil. Il faut reconnaître que je n'avais pas trop le choix et que j'étais assez mal placée pour faire la difficile. Je reste cependant persuadée que, si je n'ai pas eu le coup de foudre, j'ai tout de suite eu de la sympathie pour lui...
Pendant le trajet entre ma prison et ce qui allait devenir mon nouveau chez moi, bien que me trouvant dans un état physique et psychologique déplorable, j'ai tout de même senti, à sa nervosité, qu'il n'était pas tellement tranquille.

Il m'apprit tout d'abord qu'il avait pour nom Mitou.

Il aurait eu n'importe quel autre nom, je l'aurais tout de même accepté sans hésiter. Mais quel étrange  "ortografe" pensais-je ! Et pourquoi pas Me too comme ça se prononce en langue étrangère, et qui signifie: "Moi aussi" .Je ne comprenais donc pas...
J'ai découvert plus tard que cela tenait au fait qu'il est originaire d'un pays où les gens aiment bien les choses compliquées.
Dans son pays, ils utilisent une langue très belle. Qui est aimée universellement. Et qui pourrait donc, bien entendu, de ce fait, être la langue universelle.
Mais non ! Car l'ennui, c'est que l'orthographe de cette langue est horriblement complexe et tellement illogique !
Les meneurs bien pensants de ce pays qui ont pris tant de peine hier pour la rendre si compliquée cette langue refusent aujourd'hui bien sûr de la simplifier.
Elle va donc bientôt devenir une nouvelle langue morte...

En fait je l'écoutais parler comme dans un rêve, sans l'entendre.
Bien entendu j'étais encore sous le coup de l'émotion, après les moments décisifs que je venais de traverser.

Je dois avouer aussi que j'étais déjà hypnotisée par cet homme au nom si étrange, qui me parlait dans ma propre langue comme personne ne l'avait fait auparavant.
C'est vrai qu'il n'est tout de même pas courant de rencontrer quelqu'un qui parle le langage des maritacas ou des maracanas ou encore des amazonas, ce qui, en fait est la même chose, puisque nous utilisons toutes les trois le même dialecte.
On nous appelle un peu n'importe comment ici. Nous, il faut bien dire que l'on s'en fiche de la façon qu'ils ont de nous appeler. Puisqu'ils sont plus fort que nous, on s'adapte. Puisqu'on est plus maligne, on s'en sort, malgré tout, parfois.
C'était d'autant plus surprenant venant d'un gringo.

Il m'apprit qu'en plus de ses enfants il avait déjà un autre oiseau qu'il avait baptisé "Roméo".

Je compris que c'était avec ce Roméo qu'il l'avait apprise ma langue et cela me conforta dans l'idée que je devrais m'en méfier de ce Roméo.
Il devait être un drôle d'oiseau ce Roméo.

Il y a bien entendu certaines branches des indiens guarani ou toupi ou même raoni qui communiquent couramment avec nous, surtout pour nous attirer dans leur pièges et nous faire prisonnières, soit pour nous vendre, soit pour nous manger.
Oui, bien sûr, cela arrive aussi.
C'est normal ici.
Cela fait partie de la vie, de notre vie.
Mais ce gringo qui parlait ma langue je n'en revenais pas.
Car en fait, c'est en principe le contraire qui se passe dans la vie courante.
Que je sache, ce sont plutôt les perroquets qui sont forcés de répéter fidèlement ce que leur maîtres rabâchent inlassablement.
D'abord parce que nous, les perroquets, nous sommes intelligents. En fait on s'apercevra bientôt que nous le sommes beaucoup plus que nos maîtres.
Et puis, lorsque nous devenons prisonniers des humains, loin de nos familles, de notre milieu naturel, nous nous ennuyions énormément.
Alors, dans le but d'attirer l'attention de nos maîtres, nous répétons bêtement ce qu'ils nous disent, pour leur faire plaisir, pour leur être agréable, pour leur faire comprendre que nous sommes intelligents, plus intelligent qu'eux, en espérant que cela les incitera à nous remettre en liberté.
Hélas, trois fois hélas, grossière erreur.
Plus nous parlons leurs langages barbares, plus nous chantons leurs rengaines, plus nous sifflons leurs chansons idiotes et plus ils se persuadent que nous sommes heureux avec eux .
Donc, plus ils nous gardent dans leurs cages, prisonnières..

Pour moi, ce serait différent. Je l'ai compris dès le premier jour.
Tout d'abord je vivrais en liberté avec Mitou.
C'est un humain qui semblait avoir des principes. J'ai pourtant découvert très vite qu'ils pouvaient être encore plus dangereux que les autres les humains à principes.
Mais Mitou en particulier, n'appliquait que les bons, en principe.
Je ne savais toujours pas pourquoi il m'avait récupérée, mais çà ne pouvait pas cacher de mauvaises intentions.
On les sent ces choses là lorsque l'on est un animal, donc que l'on est intelligent.
Et en fait si c'est vrai que j'allais être étonnée, il n' avait pas fini de l'être lui non plus.
Lorsqu' enfin nous sommes arrivés près de chez lui, il m'a prise dans ses mains et je n'ai pas réagi.
J'étais trop fatiguée, anéantie par toutes ces émotions. Physiquement vidée, la majeure partie des plumes arrachées, celles qui me restaient recouvertes de colle, j'étais effectivement dans un état déplorable.
Je n'ai même pas pensé à le mordre...

J'aurais pu, car depuis que les humains m'ont faite prisonnière et m'ont prise par force dans leurs mains pour m'arracher les plumes, je ne supporte plus d'être tenue par les mains des humains.
Posée sur un doigt, oui, parfois. Cela dépend du doigt. D'à qui il appartient.
Mais tenue, non. Je supporte pas.
Si je suis tenue, je mords.
Et on me lâche ! Parce que quand je mords, je mords!
C'est simple.
Oui, car nos plumes, comme elles sont très belles, on nous les arrache pour faire les parures des costumes des filles, pour le défilé...

Il ne m'a pas fallu longtemps pour me remettre et trouver ma place définitive dans cette maison.
Le lendemain de mon arrivée, j'étais déjà complètement acclimatée à ce nouveau milieu.
Je m'étais bien reposée.
J'avais bien mangé.
Puis j'avais fait ma toilette.
Je commençais donc à m'intéresser à ce qui se passait autour de moi.
Je commençais par définir mon espace. J'ai besoin de beaucoup d'espace...
Je tiens tellement de place que Mitou m'a dit un jour que lorsqu'il sera vieux, il construira une grande cage qu'il mettra au milieu du salon chez lui, comme cela il pourra s'y enfermer à l'intérieur pour être tranquille.

Mitou a des idées bien arrêtées sur les lois de la nature.

Moi je lui dis qu'il n'a rien compris.
Je lui dis que ces idées là lui viennent de sa culture, de sa religion, de ses traditions et de ses principes.
Je lui dis qu'un être quel qu'il soit n'est bien que s'il est bien dans sa tête.
Si une chèvre se sent bien auprès d'une autre chèvre elle va avec une chèvre et elle est bien. Si on la force à vivre avec un bouc elle n'est pas bien. Donc elle est malheureuse. Et le bouc aussi.
Si un garçon préfère un garçon il va avec un garçon et il est bien. Si on le force à vivre avec une fille il n'est pas bien. Donc il est malheureux.. Et la fille aussi.
Si une fille... C'est pareil, ça marche aussi pour les filles... Donc elle est malheureuse. Et le garçon aussi.
C'est ça les lois de la nature. Tous les êtres sont différents. L'important c'est qu'ils soient bien dans leur têtes. Quand ils sont bien dans leur têtes ils sont bien partout. Donc ils sont heureux. Et quand ils sont heureux les êtres autour d'eux sont heureux aussi.
Le bonheur c'est tout bête.
Ca se propage tout simplement en se montrant.
Il suffit que la gente voit quelqu'un rire pour avoir envie de rire.
Bon j'ai bien compris qu'il ne m'a pas écoutée.
Il me regarde l'œil vague, l'air de dire : " Chante toujours mon coco tu m'intéresses! "
S'il croit qu'il va me décourager !
Il ne se doute pas à quel point je peux être tenace !

C'est une preuve de plus, s'il en était besoin, pour démontrer combien ces humains qui se sont octroyé la planète et qui ont la ferme prétention d'aller perturber l'univers, et faisons leur confiance ils y arriveront, sont désespérément bêtes.

Nous, les oiseaux, avions notre chez nous sur le balcon de l'appartement qui se trouvait au cinquième étage, dans une grande cage dont la porte était maintenue ouverte par un fil de fer.
En fait nous avons toujours eu une cage à nous.
C'est vrai nous n'y sommes que très rarement, mais c'est tellement bon d'avoir un chez soi.
Il y a toujours à manger.
Il y a toujours à boire.
Elle est toujours propre.
Je me demande bien pourquoi.

La cage ouverte nous servait aussi de refuge lorsque nous devions nous protéger des gros oiseaux sauvages qui tentaient de temps en temps de venir nous arracher les plumes.
Et elle nous protégeait aussi des chats de la voisine.
Le chat, cet animal féroce, la honte de la race animale, un des rares de la race à tuer par plaisir... C'est sans doute pour cela que les humains l'adorent.

E quand ils ont décidé de me donner un nom humain, c'est eux qui ont choisi.

Moi j'aurais voulu insister pour qu'on m 'appelle Angeline, vu que je suis une ange...!

Mais Samy, l'enfant de Mitou a dit :
-" Ya qu'à l'appeler Juliette ! Puisqu'on a déjà Roméo ! "

Ils n'avaient même pas remarqué que roméo était une fille!!!!
Ils étaient allé m'acheter pour donner une compagne à Roméo!!!!
Et, avec tous leurs bons principes, ils offraient une fille à une fille!!!!

Parlez moi pas de l'intelligence des humains!!!!

Et quand j'ai expliqué leur bévue à Mitou, il fallait voir sa tête! J'ai éclaté de fou rire!!!

Mais je me suis vite ressaisie en voyant son regard s'assombrir... Je me suis dit qu'il pourrait lui venir l'idée de me renvoyer dans ma cage avec mes congénères...

-"Mais non! Mais non! Tout va très bien! Je l'adore cette Roméo! Et puis on pourra cpmme ça l'appeler Romette!

Et pour moi, vas-y donc pour Juliette !

Depuis on m'appelle "Juuuu!", quand je fais une bêtise, ou bien Juju quand je n'en fais pas.
C'est vrai qu'on ne m'appelle pas souvent juju car ils sont compliqués ces humains !
 
Un jour , Romeo s'élança du balcon pour aller faire sa promenade.

Je décidais de la suivre et sautais dans le vide pour prendre mon vol.
Il faut croire que je n'avais pas encore retrouvé tous mes esprits.
J'avais complètement oublié dans quel état physique je me trouvais.
Je n'avais presque plus de plumes et le peu qui me restaient étaient engluées de colle.
Je tombais donc comme une pierre, du cinquième étage.
Les branches de l'arbre qui se trouvait juste devant chez nous et dont la cime atteignait notre balcon amortirent passablement ma chute.

Mais, en touchant le sol j'ai perdu connaissance .
Quand on perd connaissance, c'est un peu comme si quelqu'un éteignait la lumière .
On perd le contact avec l'actualité.
Mitou m'a raconté plus tard qu'un mendiant qui passait sur le trottoir à ce moment là, m'a ramassée et m'a enfouie dans sa poche.

Samy, l'enfant de Mitou, qui surveillait du balcon, a couru me racheter au mendiant pendant que Roméo (que j'appelais Romette) continuait à me chercher ailleurs.
Finalement, après m'avoir sortie de la poche du mendiant, ils m'ont trempée dans un seau d'eau et je suis revenue à moi. Un peu comme si quelqu'un avait rallumé ma lumière.

Quinze jours plus tard, je ne portais plus aucune trace de mon accident.
Mes nouvelles plumes commençaient à pousser. La colle avait disparu de sur les autres.
Je commençais à être de nouveau présentable.
Car j'ai toujours été très belle et il était temps qu'ils s'en aperçoivent...
Ils avaient déjà une vague idée de mon caractère, qui est celui d'un oiseau sauvage peut-être, mais entier certes et équilibré absolument.
Ils connaissaient aussi un peu ma voix, qui a un timbre bien particulier, qui fait la joie de notre entourage.
Il n'y a qu'à entendre notre entourage tous les matins lorsque je salue le lever du soleil en entonnant ma chanson préférée.
Plus je chante fort et plus ils sont content.
Il y en a même qui tapent contre les murs avec des morceaux de bois et en criant pour m'accompagner.

Ils allaient finalement découvrir rapidement à qui ils avaient à faire.

Parce que Roméo, depuis ce jour là, n'est jamais revenue...
Sans doute qu'elle ma tellement cherchée qu'elle s'est fait prendre... Cela arrive souvent chez nous...
C'est dommage... Tout le monde l'aimait bien à Romette...





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La transgression



Je me suis vite aperçue que cet humain de Mitou était différent des autres.
Nous, les animaux, les minéraux et les végétaux nous savons tout de la vie.
C’est la Providence qui a éduqué nos ancêtres et a installé le savoir dans nos gènes.
Elle nous a cependant demandé de garder le secret, de ne pas le divulguer.
Et nous le gardons.
De toute façon on aurait du mal à le divulguer le secret puisque l’on n’a pas l’usage de la parole.

Pour l’humain, c’est différent. L’humain ne sait rien de la vie, c’est pas secret.
Donc il a lui l’usage de la parole.
Il peut parler, puisqu'il ne sait rien.
Pourtant l’humain est capable du pire comme du plus pire.
Il n’a pas encore su trouver sa limite, l’humain.
Et ça l’embête ça à l’humain de ne pas connaître sa limite dans le pire.
Et il ne se rend toujours pas compte de tout le mal qu'il a déjà fait, l’humain, sur cette terre!
Il va trop loin l'humain!
Il va falloir qu'il s'arrête..

Alors, comme je me suis prise d’une amitié profonde pour cet humain de Mitou qui me parait moins pire que les autres je me suis décidée de transgresser l'ordre de Providence et de lui confier les secrets de la vie.
Ceux qui m’ont été confiés par Providence. Et je lui ai demandé de les noter, ces secrets. Comme cela plus tard il pourra les raconter.

Je savais que j'avais énormément de choses à lui dire.

La première difficulté que nous avons rencontrée fut de décider de la langue que nous allions utiliser. Il y en a tellement.
Lorsque nous avons opté pour cette langue ci, je ne me doutais pas de l'ampleur du problème que nous aurions à résoudre.
Il faut d'abord reconnaître que cette langue est très complète.
Elle est un outil de choix pour celui qui veut exprimer en détail ses sentiments.
Sa musicalité est appréciée de tous et elle est pour cela encore quelquefois utilisée dans quelques pays de notre planète.
Le problème quasi insurmontable que nous avons rencontré est son orthographe.
Pour chaque phrase que je lui dictais, Mitou passait une heure entière à se battre avec ses dictionnaires pour arriver à écrire correctement.
Cela ne pouvait pas aller. On n'aurait jamais le temps de tout dire.
Ce n'était pas seulement dû à la bêtise de Mitou, non.
C'est pour tout le monde pareil dans son pays.
Ils sont tellement compliqués dans ce pays que si on les laissait faire ils seraient presque capable d'imaginer un concours pour prouver qu'ils sont plus compliqués que les autres.
Ils pourraient par exemple, de temps en temps, pour s'amuser, dans ce pays où tout semble permis, organiser une dictée générale, à laquelle tout le beau monde, les grands cerveaux et les etc, pourraient participer.
Et lorsque à la correction ils ne trouveraient personne qui a fait zéro faute ils feraient une fête.
Ils seraient si con tant de voir que leur langue est la plus con pliquée du monde qu'ils en seraient même fier...
Non, on ne peut pas dire con fier.
Con fier , dans ce con texte, cela signifierait autre chose .

Pourtant les meneurs bien pensant de ce pays aimeraient bien que leur langue soit la plus utilisée dans le monde. Puisque tout le monde l'aime bien cette langue, cela leur semble logique.
Mais non ! Ils n'ont aucune chance !
Elle est trop compliquée leur langue .Personne d'autre n'en veut .Et ils ont bien raison .
Paradoxalement la langue la plus utilisée parce que la plus facile et la plus démocratique appartient à un royaume, voisin et uni.
Cela en fait travailler des ulcères, chez les meneurs du pays à Mitou !
Et cela en fait sourire en cachette, chez les gens du royaume voisin et uni, et ami, bien entendu.
Moi aussi , je me marre . Mais nous y reviendrons plus tard.

Donc, cela ne pouvait pas continuer.
Comme je l'ai certainement déjà dit, ma première vertu n'est certainement pas la patience.
Je lui ai donc demandé d'écrire en francile, c'est-à-dire en langue franchement facile.

Cette idée d'utiliser le francile m'est venue en me rappelant de la décision prise il y a quelques années par les meneurs de mon pays d'origine à moi. Là-bas, là où il fait toujours beau et où tout marche en musique.
C'était encore au temps ou nous étions pays de troisième. Notre langue nationale aussi était très compliquée.
Nos meneurs savaient très bien l'utiliser cependant.
C'est normal parce que les langues au début, pour des raisons pratiques, ont été créées pour n'être comprises que par les meneurs.
Donc, les meneurs de mon pays d'origine à moi, qui faisaient de belles phrases qui ne servaient à rien, puisque la gente ne comprenait pas, ont décidé d'un commun accord qu'il fallait que toute la gente marche en ordre et au pas cadencé.
Comment faire puisque la gente ne comprenait pas ?
Ils ont tout simplement décidé de simplifier cette langue, qui devint tout à coup une langue praticable par tout le peuple.
Ce fut une action courageuse et remarquable qui permet aujourd'hui à celui qui veut s'en donner la peine, de remarquer qu'un indien Toupi ou Guarani ou bien Yamomani ou même Raoni, peut utiliser cette langue à loisir en se servant du passé simple, lorsqu'il en a envie.

Cela  fut difficile, il est vrai, et pourtant cela marcha .

Demandons pour voir à la gente de chez Mitou de s'exprimer au passé simple ..
Je me marre ...
Et ce n'est que le passé simple !
Imaginons un peu au passé compliqué !

Mais chez nous bien entendu que c'était nécessaire.
Il en allait du développement de tout un peuple.
Les responsables ont eu conscience de l'écueil insurmontable que représentait l'impossibilité de s'exprimer à une gente de classe humble.
Et cette décision fut un premier pas vers une utopique idée démocratique qui consiste de donner à sa gente une égalité de chances au départ... et pour lui permettre aussi de marcher en ordre et au pas cadencé quand on le lui ordonne..

Si on regarde bien, il pourrait très bien en être de même pour la langue du pays d'origine de Mitou.
S'il ne s'agissait d'une langue mourante, résultant du manque de clairvoyance de ses meneurs.
Car même moi, papagaio de là bas, je la trouve agréable cette langue.
Mais tellement illogique.

Quand on pense un peu, on se dit que celui qui a inventé "quatre vingt dix huit", qui peut moins bêtement se dire nonante huit, devait être fatigué le jour où il a inventé "orthographe", car il n'a même pas pensé qu'il pouvait mettre un hache devant.
Horthographe, cela classerait d'avantage...
-" Basta ! " J'ai dit.
Et puisque je suis un animal, donc que je suis intelligente, et que je suis étrangère et que j'aime la tonalité de leur langue, je me suis simplement décidée de créer le francile.

Cela n'a pas été facile. Leur momies vertes avaient mis tant de malice à compliquer les choses!

Car pour s'assurer que personne ne simplifie leur langue les meneurs de ce pays ont désigné une poignée de momies qu'ils habillent en vert et qu'ils font réunir une fois par semaine dans un endroit bien étrange qui porte un nom encore plus étrange, l' "Acouanerie Sanfraise" je crois, ou quelque chose de semblable et qui ne veut rien dire.

En ce moment leur langue est compliquée au maximum. Les momies vertes ont découvert que même en forçant ils ne peuvent pas la compliquer d'avantage.

Leur hantise actuelle est d'éviter que quelque imbécile, on ne sait jamais, s'amuse à la simplifier cette belle langue compliquée.
Pour éviter cela, ces spécialistes des con plications ont décidé que quand ils s'assoient en silence une fois par semaine autour d'une table, leur travail consisterait dorénavant à péter sans se faire remarquer.

Parce que les momies vertes qui ont été à l'origine désignées par les autorités du moment ont été par la suite autorisées à se désigner elles-mêmes.
Donc de nos jours pour accomplir leur tâche elles choisissent les plus con pétants pour siéger avec eux.

Quand un pète, les autres doivent découvrir qui cela peut-il donc bien être ?
Celui qui pète doit rester bien sûr imperturbable.
Le soir lorsqu' ils ont terminé leur séance ils sont exténués. Surtout ceux qui ont pété, parce qu'à ces ages on ne contrôle pas toujours…
Mais aussi ils sont certain que pendant ce temps là personne n'a simplifié leur langue mourante compliquée.
Il leur en faut du tempérament !

Mais ce n'est pas le tempérament qui me manque à moi non plus. Surtout lorsqu'il s'agit de sauver quelque chose que j'aime.
Alors j'ai créé le francile et finalement je m'en suis particulièrement bien tirée...


"Le sisteme de baze du francile e d'etre tres fasile. On l'ecri come il se prononse ou come on ve, en sinplifian le plus posible. On suprime tous les aches, toutes les doubles consones et la ponctuasion superflue .On utilise le i pour le son i et non pas le y . Le f pour le son f e non pas le ph. E le s au lieu du t du c ou du c sediye ou des deus eses lorske l'on en eprouve le besoin . E pui, on utilize bien entendu, le septante et le nonante en lieu et plase du soisante dis et du quatre vin dis .E pour etre logike jusko bou on renplase le quatre vin par le uitante .
L'inportan en francile, c'e de pouvoir s'exprimer sans avoir a craindre de ne pa faire un sans fote tout en restan le plu pre de la tonalité existante".


Mitou a bien entendu attrapé un coup de sang. En prenant connaissance de ma proposition sa mâchoire inférieure s'est détachée et a tapé sur le bureau. Et quand après un long moment il a voulu la refermer, il s'est mordu la langue. Il était tellement surpris qu'il avait oublié de la rentrer. Il a tout réprouvé en bloc.
Comment peut-on avoir l'infâme idée de penssser modifier une langue aussssi belle ?

Et encore un oisseau en plusss !!!  Et étranger en plusss !!!
Tant pisss ...

 Il n'a pas pu apliquer, avec un pé, toutes les règles du francile, et c'est bien domage, avec un eme.
Il aurait à la rigueur accepté de supprimer les accents graves et circonflexes, et de faire des fautes d'étourderie.
Mais ça n'aurait rien changé puisque ça il le fait déjà !
Il faut dire que suprimer un pé à supprimer, c'est quand même supreme, sans accent et sans faute.
Mais…Pourtant à partir d'ici, tout aurait pu être beaucoup plus francile s'il avait accepté.
-" Mais non! On ne peut pas ! Personne ne lira tout ce que tu me racontes si on l'écrit en francile! "
-" Bien fait pour eux ! " C'est vrai, c'est pas un argument ça !
-" Et patati... ! "
-"Ca rendrait service à tout le monde ! Ils n'auraient plus à perdre leur temps à étudier des inepties!"
-" Et patata… ! "
-" Ils auraient plus de place libre dans le cerveau pour étudier les choses importantes !

-"Naoonn !!!"

- Alors explique moi pourquoi "pourquoi" pas "pour quoi"?

- Parce que !!!

- Pourquoi "parce que" et pas "parceque" puisque "puisque" est puisque et pas puis que et que "parce" ça ne veut rien dire?

- Parce que !!!

-Allons z'y donc au moins pour "parceque"????

- "Naooonnnnn!!!!

-Et pourquoi on ne dit pas Epissete pour Epithete puisqu'il  y a un "h" après  le premier "t"  ???

Rien à faire!!!
 
Il en a eu plein d'autres des arguments et finalement il s'est dégonflé.
Moi j'ai laissé tomber. De toute façon c'est lui qui tape, alors. Et tant pis pour sa langue. Même les langues mortes n'en voudront pas ! Puisqu'il y en a plein déjà, des mortes.
C'est quand même dommage.
D'un coté, l'élite aurait pu commencer à jouer de temps en temps au zéro faute en langue d'origine originale en sachant qu'ils allaient y parvenir puisqu'il n'y aurait plus de possibilité de faire de faute.
Puis les momies vertes n'auraient plus eu besoin de se réunir pour péter et se surveiller en groupe une fois par semaine. Ils auraient finalement pu servir à quelque chose, comme par exemple essayer de faire aimer cette langue par le monde entier, dorénavant, si…
Et d'un autre côté, ces millions de gente humble qui n'ont pas eu le choix et se sont vu confrontés dès le départ à la barrière insurmontable de cette langue si belle, mais si difficile, qui ne leur a laissé aucune chance d'Egalité, auraient pu se trouver tout d'un coup avec la Liberté de s'exprimer par écrit en toute Fraternité et sans se tromper.
Ils n'auraient plus besoin de perdre la face devant leurs enfants ou leurs voisins en allant se faire remplir une demande d'emploi ou un permis de séjour.
Ils l'écriraient eux même, en francile, comme ça se prononce. et ça ne ferait plus rire personne .
Je suis même persuadée que nos amis du royaume voisin et uni en perdraient le sourire en cachette de voir cette langue si belle reprendre son envol...


Mais, puisqu'il en était ainsi, j'ai finalement pu me concentrer sur ce que j'avais à dire et lui le Mitou à l'écrire.

Et j’ai donc commencé par lui parler de Providence…




(haut de page)






La Providence




 Il faut croire en la Providence.
Les humains ont tendance à y croire seulement lorsque ça les arrange et à ne pas y croire lorsque ça les arrange aussi.
Nous, les animaux, nous n'avons pas le choix. Nous sommes obligés d'y croire, tout d'abord parce qu'elle existe.
Et puis surtout, parce que ce serait terrible si elle n'existait pas.

La Providence existe.

Je le sais puisqu’elle a toujours été particulièrement généreuse avec moi.
Tout d'abord je suis née dans un pays où il fait toujours beau, où tout marche en musique...
J'aurais pu naître ailleurs.
Il ne fait pas beau partout.
Il n'y a pas de la musique partout non plus.

Ensuite, je suis  tombée dans un  pot de colle et grâce à cela, on ne m'a pas arraché toutes les plumes, comme on me l'aurait fait si mes plumes étaient restées intactes, longues, belles, multicolorées de vert, de bleu et d'orange en passant par le jaune. Ces couleurs sont mes couleurs naturelles, si on y ajoute  toutes les teintes possibles de vert et des tons gris-beige-olive sous le cou. Lorsque j'aurais mentionné mon bec noir brillant et crochu et mes yeux bien noir au centre avec la pupille bordée de marron et le pourtour garni de poils orange, on aura un aperçu presque complet de ma parure. Et quand on saura que mes pattes sont gris foncé et mes griffes noires, comme mon bico, on saura tout de moi.
Donc, comme il me restait des plumes on ne m'a pas mise à la casserole avec les autres, ceux qui ont tourné de l'œil pendant l'arrachage.
Il y en a qui ne supportent pas l'arrachage.
Parce que ce qui intéresse les gens ici, à l'approche du carnaval, ce sont tout d'abord les plumes des oiseaux exotiques.
Cela fait de très jolies parures pour les belles danseuses qui vont défiler sur l'avenue pendant les quatre nuits de folie douce que sont les nuits de carnaval.
C’est pour cette raison que cette période, si c'est la plus attendue de l'année pour le peuple, c'est aussi la plus redoutée pour nous, les oiseaux.
C'est la période où nous perdons nos plumes par force.
En principe, s'il n'y avait pas le carnaval, nous, les oiseaux naturels, que les humains appellent oiseaux sauvages, nous perdrions nos plumes une fois par an naturellement.

On appelle cela la mue.
C'est prévu par la nature, pour renouveler et renforcer notre plumage, tant en vigueur qu'en couleurs.
Ce n'est pas prévu pour les oiseaux domestiques, car eux, en général, ils ne finissent pas une année complète.
C'est à dire que quand ils seraient prêts pour muer, ils finissent dans les casseroles des humains.
Et cela, c'est systématique.
Pour nous, c'est différent, on ne finit pas toujours dans les casseroles des humains.
Par contre à nous, on nous arrache les plumes vivants, alors qu'aux oiseaux domestiques, on les leur arrache, en principe, quand ils sont déjà mort.
Cela fait moins mal. Mais on est mort. Alors, il y a du pour et du contre.
Soit on est oiseau sauvage et on nous arrache les plumes vivant, chaque année, à condition que l'on ne tourne pas de l'œil.
Soit on est oiseau domestique et on nous arrache les plumes seulement quand on est mort et que l'on n'a pas vécu une année entière.
Cela ne fait pas mal. Mais on est mort.

De toute façon, on ne choisit pas. C'est la providence qui le fait pour nous. Et la providence ne se trompe jamais.
Puis, je dois dire que notre situation, à nous les oiseaux exotiques, va en s'améliorant d'année en année. Car la tendance des danseuses est d'aller sur l'avenue de plus en plus de moins en moins habillées. Plus elles sont déshabillées, moins elles portent de plumes,  plus on nous laisse tranquille.. .Donc, comme il me restait des plumes on ne m'a pas mise à la casserole avec les autres, ceux qui n'avaient pas supporté l'arrachage et qui avaient tourné de l'œil. Car chez nous, la gente n' est pas riche du tout, alors on  ne laisse rien perdre. Donc, papagaio ou pas, ceux qui tournent de l'œil passent à la casserole. Les autres, les papagaios sans plumes qui n'ont pas tourné de l'œil, soit que la gente les garde et attend que les plumes repoussent pour le prochain carnaval, soit qu'on les emmène au marché, qui n'existe pas puisque c'est interdit, pour les vendre. Il faut reconnaître aussi qu'un papagaio sans plumes, quoi qu'on en pense, a tout de même perdu un peu de sa superbe. Alors, pour ne pas les gaspiller, on les vend un peu moins cher.


 Lorsque Mitou  est venu m'acheter, la première fois, et qu'il a vu ces gros papagaios complètement plumés, il les prenait pour des poulets prêts à passer à la casserole. Seulement il ne comprenait pas le fait de les voir se tenir tout droit sur leurs pattes, les yeux grand ouvert.
Et quand il est passé à coté de celui qui lui a parlé, il a failli s'étouffer de surprise.
Pas le perroquet non ! Le Mitou !
Il s' agissait d'un papagaio qui avait déjà été bêtisé par les humains. Il était entièrement plumé, gros comme un poulet, debout sur ses pattes de derrière.
-"Safado !" il a crié, le papagaio, alors que Mitou passait à coté de lui. Et Mitou, de surprise, fit un écart en arrière.
Ceux qui ont déjà été bêtisés par les humains et qui répètent les rengaines ne finissent pas à la casserole, car ils sont monnayables.
C'est drôle, mais  Mitou n'arrive toujours pas à se faire à ces idées. D'abord à l'idée de papagaios plumés bien que vivants. Ensuite à l'idée de papagaios à la casserole. Et puis à celle des papagaios monnayables.
Ce n'est pas étonnant, il a été élevé dans un monde de première, Mitou. Il ne peut donc pas savoir ce que c'est que la vraie misère.
Ici, dans notre monde de troisième, on a la vraie misère. Donc, c’est logique, on n'a pas le droit de laisser perdre quoi, ou qui que ce soit. Eux, ceux de première, ils n'ont que de la misère préfabriquée. Alors ils font le bec fin. Car un papagaio, cela ne peut pas être tellement mauvais tout de même.

Mais revenons à la providence.
Puis au lieu de me jeter dans un coin et de me laisser dévorer par les chats, ou les rats on m'a exposée pour la vente malgré mon état... Ensuite Mitou est apparu et malgré tout, malgré mon état déplorable, il m'a achetée... Et puis il y a eu l'arbre qui a amorti ma chute, et tout le reste...
Roméo qui est partie et m'a laissé toute la place... etc.
Des fois, lorsque Mitou est très en colère contre moi,... oui oui, cela lui arrive, il me dit que son bon dieu, un jour, pour le récompenser d'avoir toujours  régulièrement essayé, dans la mesure de son possible, de respecter plus ou moins la nature et les animaux, lui a fait rencontrer Roméo. Puis, comme un autre jour, sans trop bien s'en apercevoir, il avait sans doute fait une grosse bêtise, pour le punir, son bon dieu lui a retiré Roméo et lui a fait rencontrer Juliette .Il en a de ces idées...
Je me marre...

Depuis que j'ai rencontré Mitou, j'ai beaucoup voyagé avec lui. Nous avons vécu dans divers pays du monde, sur tous les continents, pendant plusieurs années à chaque fois. Nous avons donc eu le temps de bien nous rendre compte de ce qui se passait sur cette planète. Nous nous sommes très vite aperçu que tous les pays se ressemblaient en général et que dans certains pays le général se ressemblait en particulier. Ils étaient officiellement les mêmes, bien que différents en réalité. Il y en avait de plusieurs classes, des pays…Des généraux aussi.

Nous avons connu les mondes de première, de deuxième et de troisième classe. Nous avons donc eu la possibilité de constater que partout dans le monde, dans quelque monde que ce soit, de quelque classe qu'il soit, il y a une énorme quantité de gens bons, gentils et agréables qui ne penseraient pas à faire le mal si on ne le leur enseignait pas.

Je me suis prise d'amitié pour Mitou. D'une amitié animale, c'est à dire honnête, sans réserves ni limites. Et c'est cette amitié exceptionnelle, qui m'a fait transgresser une règle que la providence a définie pour les animaux .Celle qui est de savoir sans jamais dévoiler.
Oui, les animaux savent mais ne parlent pas, et pour cause. La providence, bien qu'ayant confiance en nous, a préféré ne pas prendre de risques et pour cela elle ne nous a pas donné l'usage de la parole. 
Mais dans le cas présent, puisque Mitou parle ma langue, et que je l'aime bien, j'ai pris sur moi de lui expliquer les règles de la vie telles que définies par la providence aux animaux. 
Pas dans l'espoir de changer quoi que ce soit . Cela, c'est le rôle de la providence. 
J'aurais bien entendu pu rester tranquillement sur ma branche à croquer mes graines de girasol et dire une bêtise de temps en temps pour faire rire les imbéciles .

En fait nous, les animaux, on s'en fiche, puisque l'on sait . Mais les humains en général et Mitou en particulier ont des réactions tellement surprenantes et tellement incompréhensibles, qu'il m'a semblé nécessaire de lui faire ces révélations pour lui éviter de partir idiot. Il serait peut être temps aussi qu'ils commencent à se rendre compte de l'état dans lequel ils sont en train de nous transformer notre planète, ces humains. Elle devient une immense poubelle, notre planète ! Et si nous laissons faire ces humains sans rien dire nous, les animaux qui savons, ils vont finir par sortir de la vie idiots et étouffés en se pinçant le nez dans leurs berdures. D'autant plus que quand ils commenceront à sortir asphyxiés eux, les bêtes, nous ne serons pas loin derrière, nous, les animaux . Et il sera certainement trop tard... 
J'étais loin de penser que ce serait aussi difficile et qu'il me faudrait autant de patience pour arriver à le convaincre. La patience n'a jamais été ma qualité principale. Je suis tenace, cependant. Les humains sont tellement arriérés et sont tellement imprégnés de leurs idées stupides qu'il est pratiquement impossible pour nous, animaux, foncièrement honnêtes et intelligents, de les comprendre. Ils sont tellement persuadés qu'ils sont les seuls maîtres du monde et les seuls aptes à connaître "la" vérité, qu'ils n'acceptent que difficilement une opinion différente de celles qu'ils ont eux même définies et qu'ils se repassent inlassablement, de génération en génération, pour que les manipulateurs continuent à manipuler les manipulables.

Cela fait des années que je vis avec Mitou, donc c'est depuis des années que j'essaie de lui ouvrir les yeux sur le fonctionnement du système. Il n'a jamais daigné m'écouter.
D'accord, il dit qu'il m'aime bien, il m'avoue même qu'il ne sait pas comment il pourra vivre sans moi. Car il pense que je partirais avant lui.
Je me marre encore.
Il ne sait même pas que nous, les perroquets, nous vivons centenaires, surtout lorsque nous vivons sainement, et pour çà je ne me plains pas.
Les microbes, prédateurs invisibles, ici je ne les connais pas. En fait, moi, je n'ai que six ans. Déjà mûre, certes, mais j'ai pas mal de printemps devant moi.
Surtout que la providence pour des raisons connues d'elle seule, a décidé de veiller sur moi.
Donc, lorsque l'un de nous deux, Mitou ou moi, sortira de la vie, celle qui restera inconsolable, ce sera certainement moi.  
En fait, tout çà, çà fait partie des responsabilités de la providence.
Et nous, les animaux, nous acceptons les décisions de la providence sans discuter.
De toute façon, nous, les animaux, nous n'avons pas l'usage de la parole, et puis, à quoi cela servirait-il ?
Est-ce que vous croyez que les humains nous écouteraient ?  
Mais pour l'instant on est là, et bien là , et pour longtemps là. Car j'ai beaucoup de choses à lui expliquer, et même s'il  comprend relativement vite, il me faut tout de même tout lui expliquer bien en détail, et très lentement. C'est un humain, lui.

Je continuais donc de lui faire remarquer que, suivant une théorie humainement établie, il se trouve que, dans quelque pays que ce soit, sur quelque continent que ce soit, les humains vénèrent dieu.

A ce moment de mon récit Mitou m'arrêta pour me dire que, Quand il était enfant, un jour, il avait demandé à sa Maman:
- "Dis, maman, il existe le Père Noël ?"
Sa maman qui n'avait jamais menti lui avait répondu, après un temps de réflexion:
-"Oui, mon amour, pour les enfants, le Père Noël existe ! Ils en ont tellement besoin..."

Un peu plus tard, devenu adolescent, il demanda à sa maman, qui n'avait toujours jamais menti:
-"Dis, maman, il existe le bon dieu ?"
-" Oui, mon amour, pour les grands, le Bon Dieu existe ! Ils en ont tellement besoin..." avait elle répondu, après un long temps de réflexion.

...et elle ajoutait à voix basse : "Mais ils en ont créé tellement de bons dieux, les humains, que ce n'est pas possible de ne faire croire qu'en un seul... Et comme y en a beaucoup, beaucoup trop, au lieu de les aider, ça fout le bordel partout!!!

Eh oui! T'as vu?

Ils vénèrent un ou plusieurs dieux qui portent tous des noms différents.

Tous ces dieux sont cependant aussi bons et justes les uns que les autres par devant.
Ils recommandent tous d'aimer son prochain, de ne pas voler, de ne pas mentir, de ne pas tuer des humains qui croient au même dieu.
Pour les animaux, il n'y a pas de problèmes, on peut les tuer à eux, ce n'est pas important.  
Pour les autres humains qui croient à un autre dieu, il faut les tuer aussi. Et ça c’est important.

Ces dieux, qui sont tous uniques, quand on les prend un par un, ont parfois des origines complètement différentes.
Pas toujours...

Parfois le même bon dieu porte un autre nom suivant l'endroit où l'on se trouve.  
Et cela suffit pour que les hommes se haïssent et se battent et s'entre-tuent.
Parfois, c'est le même dieu le père mais le dieu le fils est différent...

Et je te hais, et je t'entre-tue...

D'autrefois, dieu le père est le même, le fils aussi, mais la mère du fils est différente.
Les uns disent que la mère était vierge et les autres qu'elle ne l'était pas.
Et vas-y que je te brûle et que je te torture et que je t'entre-tue.
Ils sont d'un compliqué ces humains !
Pourtant, il semblerait raisonnable qu’aucun des dieux auxquels ils croient ne leur demande, ni ne leur permette de tuer officiellement. Reprendre la vie sans raison n'est pas le rôle des humains, sauf si c'est pour se nourrir. Et les humains, en général, ils ne se mangent pas entre eux, de nos jours. Alors, ils se gaspillent.
Bien sûr que dieu existe, comment pourrait-il en être autrement ?  
Puisque le mal existe ! Tout le monde le sait bien que le mal existe !
Puisque le mal existe, le bien existe aussi ! Sinon il ne resterait plus personne !
Mais tout le monde le sait mal que le bien existe.

Nous, les animaux, le savons bien que le bien existe.
Et qu’on peut l’appeler comme on veut.  
Pour en avoir la preuve, s'il en était besoin, il suffirait  pour les humains de regarder seulement une fois, d’un petit coup d’œil rapide, cette gente animale qui s'agite autour d'eux.
Par exemple les abeilles, qui vivent depuis toujours comme les fourmis et tant d'autres, dans un système communautaire qui fonctionne. Est-ce que ce sont les humains qui l'ont créé ce système? Est-ce qu'ils sont capables les humains de créer un système communautaire qui fonctionne ?
Et les castors alors ? Qui donc leur a appris à accomplir tout ces travaux avec leur queue ?
Les humains peut-être ?
Est-ce qu'ils sont capables les humains de travailler sans apprendre, avec leur queue, comme les castors ?
Et les poissons, comme les saumons, par exemple, qui remontent inlassablement le fleuve vers sa source, pour déposer leurs œufs, au péril de leur vie, qu'ils perdent le plus souvent grâce aux pièges tendus par les humains... Et les anguilles qui vont obstinément pondre dans la mer des sargasses, là ou quelque chose les pousse à aller...
Et tous ces autres animaux qui savent que ce n'est qu'ensemble qu'ils représentent une force positive capable de suivre et de perpétrer les règles établies par qui ?
Par les humains peut-être?
Qui pourrait encore en douter que dieu existe ? 
Les humains sans doute.
Mais nous les animaux, lequel d'entre nous pourrait expliquer les énormes distances que les hirondelles, que certains humains appellent golondrinas, d’autres Swalbe et d'autres andorinhas, parcourent deux fois par an, au péril de leur vie. Et l'aisance avec laquelle elles retrouvent leurs nids. Lorsqu'ils n'ont pas été détruits. Et la science avec laquelle elles les reconstruisent quand elles les retrouvent détruits. Est-ce que ce sont les humains par hasard qui leur ont appris à fabriquer les nids en utilisant la terre glaise ? Et tous ces autres oiseaux migrateurs, cigognes, canards, oies ou palombes, qui ont la chance de passer à travers les pièges dressés par les humains, c'est pareil ! Ceux qui  vont où la providence leur dit d'aller. Ceux qui font ce que la providence leur dit de faire...
Nous, les animaux n'en avons jamais douté.
Nous le savons que dieu existe.

Pour nous, les papagaios, c'est différent. Nous ne sommes pas des migrateurs. Nous sommes des exotiques. Et nous, les exotiques, on ne devrait pas quitter les pays chauds. Quand on nous trouve dans d'autres pays en train de raconter des bêtises humaines,  c'est parce que nous avons été arrachés par force à notre milieu naturel. Non, ce n'est pas la providence qui nous a arraché à notre milieu naturel. Ce sont les humains. Les humains qui croient tout savoir et qui pourtant croient en n'importe qui et en n'importe quoi, n'importe comment.
Oui, nous, les animaux, nous le savons bien que dieu existe.
Et nous, les animaux, nous respectons scrupuleusement sa loi.
Il est unique.
Il veille bien sur nous.
Il s'appelle "Providence".
La providence a créé entre les animaux et les humains une différence fondamentale qui s'appelle la bêtise, qu'elle a réservé exclusivement aux humains.  

Ce qui en fait a été la cause du grand malheur qui s'est abattu sur tous les êtres vivant sur cette planète, fut que les humains ont aussitôt appelé cette bêtise "intelligence".




(haut de page)







 La  Nature





     J'avais finalement fait le plus difficile.
J'avais commencé à raconter ce que j'avais à dire, et avais réussi à attirer son attention.
Il me fallait maintenant lui parler de la terre, tant qu'il semblait être intéressé. Parfois il a l'air intéressé, comme çà, par devant, et puis on s'aperçoit qu'il dort.
On a parlé pour rien.
Cela fait semblant, un humain.
Cela triche un humain.
Ils n'ont jamais voulu copier sur nous les animaux, les humains. Et c'est tant pis pour eux.
Un animal ne triche pas.
Il ne fait pas semblant non plus.
Quand il a faim, il le dit l'animal.
Quand il est malade aussi.
Mais il le dit à sa façon puisqu'il n'a pas eu droit à la parole.
Et il n'est compris que par ceux qui peuvent le comprendre.
Et il n'y en a pas beaucoup…

Mais revenons donc à la nature. Nous n’en sommes pas encore rendus aux humains. Leur tour viendra aux humains.
Je continuais donc à lui parler de la nature comme nous l'a expliquée Providence, à nous…
La terre, notre bonne vieille planète, est formée  à l'extérieur d'une croûte plus ou moins épaisse que l'on appelle l'écorce terrestre.
Elle a la forme d'un ballon un peu dégonflé et a des tendances naturelles à se craqueler de temps en temps.
Cette croûte entoure un noyau de gaz et de feu échappé du soleil quand il y a eu le big bang, il y a très longtemps.
L'équilibre de la planète dans l'espace est maintenu par la pression de l'air qui l'entoure.
Elle tourne à toute vitesse. On ne le dirait pas, hè ? et pourtant…
Elle accomplit un tour sur elle même, tournant toujours dans la même direction dans un cycle de vingt quatre heures, en pivotant autour de deux points plus ou moins fixes, appelés les pôles.
La surface de la planète est pour plus de la moitié recouverte d'eau.
Le niveau de l'eau de la planète est maintenu par d'énormes quantités de glaces situées aux pôles.
Quand il fait trop chaud, la glace fond et le niveau des océans monte.
Donc la terre disparaît un peu.
Si la glace fond beaucoup, la terre disparaît beaucoup.
C'est une question d'équilibre.
C'est la providence qui a créé tout le système. Comme elle avait beaucoup de choses à faire elle a chargé la nature de maintenir l'éq
uilibre.

Et puisqu'on parle de l'eau, jetons nous y dedans.
Si tu es arrivé(e) jusqu'ici c'est que tu as du courage. Il n'y a pas de raison que tu t'arrêtes. Accroches toi ! Ça va le faire !


 Le prochain fléau auquel l'humain que vous êtes va prochainement et très rapidement rencontrer est, non pas seulement le réchauffement de la planète, (qui certes va arriver n'en déplaise à quelques cons seilleurs, qui ne sont pas les cons payeurs), mais le manque d'eau potable qui, lui, est inéluctable.

En nous rappelant que nous sommes aujourd'hui 7 000 000 000 (7 milliards) d'humains sur terre, sachons donc que très bientôt, pas demain, ni après demain, mais très bientôt, ces 7 milliards d'humains vont manquer d'eau!!!

Ah Ah Ah !!!! allez vous rire!!! C'est qu'elle manque pas d'air, quand elle parle de l'eau cette Ju!!!


Sachez donc que ces chiffres ne sont pas de moi, qui ne suis qu'une petite oiselle, mais d'organismes officiels, composés d'humains comme vous.
Ces chiffres ne sont pas diffusés au grand public... on se demande bien pourquoi ?
Et dans ces chiffres on ne parlera que des humains... On ne comptera que les humains, bien que cela nous en coûte de ne compter ni les animaux ni les plantes sous le prétexte qu'ils ne savent eux ni lire, ni parler, ni écrire ... comme pourtant 60% d'humains,...

Mais, quand on est dans la mouise jusqu'au cou, les maths ça peut nous aider à essayer de lever le nez un peu au dessus... de la merde... et croyez moi, on peut encore!!

Allez un dernier effort!!! C'est bientôt fini... Juste un petit tour dans les pourcentages et on n'en parle plus... Promis!!! On en restera là !!!

Sur les 100 pour cent d'eau de la planète terre nous avons:
- 97,2 % d'océans...,(eau salée, donc financièrement inexploitable)

Il ne reste donc que: 2,8 % d'eaux douces....eh oui!!!

Puisque moi, ju, petit oiseau, j'ai appris tout ça et j'ai pu le faire comprendre à Mitou, mon ami, mon vieil ami humain, qui n'est pas un des plus rapides côté facultés cérébrales...Les enfumeurs (que l'on appelle les meneurs dans un chapitre précédent) qui dirigent le monde le savent très bien aussi...
Alors, pourquoi font ils ce qu'ils font et continuent ils à faire ce qu'ils font????

Tant que la nature s'est occupée de maintenir l'équilibre toute seule, sans l'intervention des humains, elle s'en est très bien tirée.
La terre appartient au système solaire avec une multitude d'autres planètes, plus grandes, ou plus petites qu'elle.
La planète principale du système est le soleil, qui est donc pour cela l'étoile du système.
Sans le soleil, il n'y aurait pas de vie sur terre.
Avec trop de soleil, il n'y aurait pas de vie non plus.
C'est toujours une question d'équilibre.
En fait, c'est tout simple.

Tout d'abord la providence a créé la terre, et tant qu’elle y était elle a créé l'air, puis l’eau.
Et du mélange de ces trois éléments, avec l'aide de la chaleur solaire, sont sortis les êtres vivants qui se sont multipliés au cours des millénaires de façon régulière et plus ou moins logique pendant très longtemps.
En faisant cela la providence a donc créé la vie.
Il y a d'abord eu les cellules vivantes, les plantes, les poissons, les animaux en général.
Et ensuite, mais très longtemps après, pour maintenir l’équilibre , la providence a crée les humains.
Et tout a très bien fonctionné pendant des milliers, des centaines de milliers d'années même.
C’était forcé que ça fonctionne puisque c’est la providence qui l’avait créé. Elle pensait que les humains respecteraient l'ordre ainsi établi et accepteraient le fait que la terre appartient tout d'abord à la nature.
Puis ensuite ils aideraient à essayer de maintenir l'équilibre, puisque maintenant ils étaient là.

Car en fait, c'est pour cela qu'ils ont été créés, les humains.

Car avant, quand les humains n’y étaient pas et qu’il n’y avait que des plantes... ça se passait comment ?

Les plantes sont prévues pour créer l'oxygène nécessaire aux êtres vivants pour respirer.
Mais s'il y a trop de plantes, il n'y aura plus assez de place pour les êtres vivants et les plantes vont s'étouffer les unes et les autres.
Alors, la providence, pour maintenir l'équilibre, a créé les prédateurs végétariens pour diminuer l'importance de la végétation.

L'importance de la végétation étant énorme, les prédateurs végétariens se sont multipliés très rapidement et il commençait à y en avoir beaucoup trop.
Alors, la providence, pour maintenir l'équilibre, a créé les prédateurs carnivores qui mangent pour se nourrir les prédateurs végétariens qui eux continuent à manger les plantes.

Comme il y avait énormément de plantes, il y avait aussi énormément de prédateurs végétariens et pour cela, il y avait aussi de plus en plus de prédateurs carnivores. Ca devenait insupportable !
Alors, la providence, pour maintenir l'équilibre, a prévu de modifier légèrement le physique d'un animal choisi au hasard.

Elle l'a redressé pour lui permettre de marcher sur ses pattes de derrière. Ce qui lui a libéré les pattes de devant qui peuvent lui servir à toute autre chose qu'à marcher.
Puis elle a fait en sorte qu'il soit à la fois végétarien et carnivore. On les appellera aussi des omnivores pour simplifier.

Ensuite, et c’est là qu’elle a fait son exploit la providence notre mère. Elle a apporté une légère modification dans le cerveau de cet animal bipède. Elle a modifié dans le cerveau de cet animal bipède une partie de la matière grise qui ne servirait plus... Sans la détruire, juste désactivée... Cette partie contient, chez les animaux, la fonction qui leur permet de comprendre et de respecter les lois de la nature pour préserver l'équilibre nécessaire au bon fonctionnement de la planète terre.
Et cette différence elle fait la différence. Sans cette différence il n’y aurait pas d’humain. C'est cette différence qui s'appelle la bêtise.
Et que les humains ont tout de suite appelée l'intelligence.

Et ainsi, les humains ont été créés et l'équilibre a été assuré, pendant un certain temps.

Dame providence, après avoir longuement admiré son chef d'œuvre et s'être aperçu que, finalement, tout ne fonctionnait pas si mal , s'est permis une petite pause et est partie sur d'autres galaxies, il y en a tellement, pour remettre un peu d'ordre là-bas aussi.
Je l’ai sans doute déjà signalé, moi, j’aime les images. Je pense qu’une image vaut mieux qu'un long discours.
Pour imager ce dont on parle, la terre, qui tourne à fond la caisse, qui est plus ou moins ronde, et qui fait environ douze mille kilomètres de diamètre, un jour qu'il ne pleut pas, on va sur le trottoir devant chez soi, ou en face, ou dans un pré, pourvu que l'on ait un peu d'espace.
Attention, on ne se met pas sur la route, car il y a bien un con qui pourrait venir nous écraser.
Puis là où on a choisi de se mettre, on trace un petit trait par terre. On pose son talon sur ce trait et on fait douze grands pas, tout droit, dans une direction. Arrivé là, on pose un caillou au bout de son pied et on a ainsi délimité environ douze mètres qui représentent environ les douze mille kilomètres du diamètre de la terre. On revient maintenant à son point de départ, on se baisse sur le trait que l'on a fait tout à l'heure, et on pose son pouce dessus. On ouvre bien la main dans la direction opposée au caillou que l'on a posé là-bas et on trace un autre trait au bout de son doigt majeur. Et on a ainsi délimité environ les vingt centimètres qui représentent les 20 kilomètres de l'épaisseur de l'air qui entoure la terre. Et maintenant on se relève, et de là où on est, on regarde là-bas, le caillou, à douze mètres, à l'autre bout de la terre. Puis on regarde ici en bas, à ses pieds, ces vingt centimètres d'épaisseur de l'air qui l'entoure. 
Et l’on peut, maintenant, si l'on veut, et quand on peut on veut, commencer à penser.
Mais si l'on essaie de comprendre comment et pourquoi cette petite couche d'air qui entoure la terre arrive encore à ingurgiter cette énorme quantité de pollution que les humains s'évertuent de produire tous les jours, aveuglement, sans discontinuer, aujourd'hui bien plus qu'hier, mais bien moins que demain, alors, comme l'on dit dans mon pays à moi :
-"Pode tirar o cavalinho da chuva".
Ce qui signifie, dans le pays à Mitou :
-"Tu peux sortir le petit cheval de sous la pluie..."
Parce qu'il aura recommencé de pleuvoir depuis déjà longtemps et que l'on n'aura toujours pas trouvé comment la nature fait pour se défendre encore. Donc, ton petit cheval a de grandes chances de périr noyé si tu ne le rentre pas

Pendant très longtemps pourtant tout a bien fonctionné.
La terre tournait.
Le soleil brillait.
Les oiseaux chantaient
La nature fonctionnait normalement.
La pluie tombait régulièrement et faisait pousser les plantes.
Les végétariens, dont je suis, se reproduisaient et pour se nourrir, mangeaient les plantes.
Les carnivores se reproduisaient et pour se nourrir mangeaient les végétariens.
Les humains se reproduisaient et pour se nourrir mangeaient les plantes, les végétariens et les carnivores.
Les carnivores mangeaient les humains.
Le cercle de la vie était bouclé.
L'équilibre était maintenu.


Tout le monde jouait le jeu de la vie imposé par la providence, basé sur le respect de la nature et de l'équilibre.
Bien sûr chacun avait compris le fonctionnement du système. On savait que notre passage sur terre était de courte durée. Donc pourquoi ne pas en profiter et traverser la vie du mieux possible ?
Pour cela chacun de son côté cherchait des stratagèmes pour essayer de se maintenir en vie le plus longtemps possible.
C'est de bonne guerre, on est bien ici. Pourquoi ne pas y rester le plus longtemps possible ?

Donc, les plantes, qui sont aussi des êtres vivants, et très utiles, car en plus de nous nourrir elles produisent l'oxygène nécessaire à notre survie...
Donc les plantes, qui en outre sont les plus désavantagées car elles sont des êtres vivants, fixées au sol par leurs racines, et ainsi elles ne peuvent fuir devant le danger, et pour cause ...
Donc les plantes, qui aussi ont la malchance d'être le fruit de la convoitise de tous les prédateurs, tant des végétariens qui les mangent que des carnivores ou des humains qui les détruisent...
Donc les plantes, qui dépendent en outre de la bonne grâce du ciel pour les abreuver de pluie et les chauffer de soleil...
Donc les plantes, qui en règle générale ne mangent personne elles ...
Donc les plantes, disais-je, étant des victimes parfaites, essaient de se protéger du mieux qu'elles peuvent de tous leurs  prédateurs. Par exemple elles se donnent des odeurs épouvantables, que seuls les humains apprécient. Ou bien elles fabriquent une sève qui donne mal au ventre. La sève, c'est le sang de la plante. Ou encore elles recouvrent leurs branches ou leurs feuilles d'épines.

Nous, les oiseaux végétariens, nous vivons le plus possible en groupe, au plus haut des arbres, en laissant des sentinelles pour nous alerter en cas d'attaques des oiseaux carnivores, ou d'autres animaux ou encore des humains "safado". Nous avons compris depuis toujours que c'est en groupe, malgré tous les problèmes que cela pose de vivre en groupe, que l'on est le plus en sécurité. En fait, la plupart  des animaux vivent en groupe les plus forts défendant les plus faibles...

Les humains, eux, n'ont pas tenu longtemps à jouer le jeu de l'équilibre. Ils se sont dit : -« D'abord  pourquoi se laisserait on manger puisque nous pouvons nous enfuir, nous protéger, nous défendre, puis attaquer et manger tous les autres ? »
Bon, c’est vrai que si on est humain, d’un côté, c’est un raisonnement qui pouvait se défendre. Cela a plu à certains. Ils ont fait des adeptes. Et ils se sont lancés.
Et c'est à partir de ce raisonnement, basé sur un égoïsme sans bornes, que le déséquilibre a débuté.
Les humains ont commencé par créer des outils pour travailler la terre. Pour faire produire à la terre seulement les fruits et les légumes qu'ils aimaient.
Ce n'est plus la nature qui décide de ce qu'elle va produire, de quand, pourquoi et comment elle va le produire.


 Parce que la nature, elle aussi elle sait .
Elle sait très bien ce qu'elle peut demander et attendre de la terre.
La terre c'est comme un être vivant. Elle a ses cycles et ses saisons qu'il faut respecter soigneusement si on ne veut pas tout dérégler.
Et bien non ! Les humains ils s'en moquent des cycles et de tout ça. Et vas donc que je te laboure et re-laboure, et que je te plante et replante, te brûle et te rebrûle, te récolte et re-récolte plusieurs fois par saisons. Et que je t'engrange et re-engrange et te congèle et re-congèle...
Et bien souvent pour rien, parce qu’enfin, on n'a pas besoin de tout çà dans nos pays de première.
On en a trop.
On en a tant qu'on ne sait plus qu'en faire.
On pourrait à la rigueur envoyer ce que l'on a en trop pour la gente des pays de troisième qui meurt de faim.
Non ! Ca, on ne peut pas.
On ne se souvient pas très bien pourquoi. Mais on sait que ça, on ne peut pas.
On fait du surplus. Ca on sait qu’on peut le faire. Mais on ne sait qu’en faire. Alors on le détruit...
On détruit le surplus à coups de subventions.
Parce que si ça coûte cher de faire surproduire la terre pour rien, on peut imaginer que ça ne peut pas être gratuit de détruire la surproduction. Donc, pour ce faire, on a inventé la subvention.
Et avec ça c'est impeccable.
Ça vous détruit une surproduction en un rien de temps, la subvention. Et quand on sait bien s'en servir de la subvention, on peut même l'utiliser pour faire de la surproduction. Et ensuite on prend une autre subvention pour supprimer cette nouvelle surproduction.

Comme ça, depuis que la subvention a vu le jour, celui qui était paysan hier est agriculteur aujourd'hui.

Le paysan d'hier on s'en moquait un peu, avant. Parce qu'il sentait des fois la vache. Ou la chèvre. Ou la merde de vache, ou de chèvre.
Mais c'était gentil, la moquerie, la vache, la chèvre, la merde de vache ou de chèvre, et le paysan aussi.

L'agriculteur d'aujourd'hui on ne peut plus s'en moquer. C'est pas parce qu'il ne sent plus la vache, ni la chèvre, ni la merde de vache ou de chèvre. Maintenant, l'agriculteur il sait même plus que la vache existe. Ni la chèvre. Et la merde, il sait même plus ce que c'est.
C'est parce qu'il est devenu un, ... comme les autres.
L'agriculteur d'aujourd'hui fonctionne suivant le barême établit. Il cultive ce qui rapporte. Et ce qui rapporte aujourd'hui c'est...non, ce sont, les subventions. Il faut, pour un agriculteur planter ce qui est le plus subventionné.
En terrain sec, on plantera du maïs, ou du riz, par exemple. Parce que pour le maïs et le riz il faut beaucoup d'eau.
Et comme on est en terrain sec, on n'a pas d'eau.

Alors on recevra une subvention, parce con n'a pas d'eau.
Plus une autre subvention pour avoir de l'eau.
Plus une autre subvention parce con est courageux de planter du maïs ou du riz en pays où il n'y a pas d'eau.
Plus une subvention parce con n'a pas eu une bonne récolte.
Plus une autre subvention pour transporter cette mauvaise récolte.
Plus une autre pour détruire cette mauvaise récolte con n'a même pas eu besoin de récolter.
Plus quelques autres subventions, de la commune, du département, de la région, du pays, de la communauté de pays...
Et quelques médailles et diplômes... Mais ça, l'agriculteur d'aujourd'hui s'en fout, puisque ça ne rapporte rien.

C'est vrai que ce n'est pas simple. Mais rien n'est simple chez les humains. On aime bien les choses compliquées chez les humains. Plus les choses sont compliquées, moins il y a de gente pour les comprendre.

Et puis qui pourrait être intéressé de savoir comment ça fonctionne à part la gente ?
Et puisque la gente d'ici en a assez pour vivre et nourrir sa famille, du reste ils s'en fichent.
C'est vrai, ça servirait à quoi?
Il n'y aurait peut être que la gente de là bas, celle qui meurt de faim, qui pourrait à la rigueur être intéressée. Mais elle n'est pas au courant, la gente de là bas, puisqu'elle n'a pas la télé. Comment ferait-elle pour venir chercher la surproduction d'ici ? Puisqu'elle meurt de faim là-bas ! Ça ne peut pas porter de la surproduction un mort de faim. Ça ne s'est jamais vu. Alors, c'est bien mieux que les choses restent comme elles sont. Que chacun se débrouille de son côté .Puisque nous on se débrouille avec notre surproduction ici, ils n'ont qu'à se débrouiller avec leur mort de faim là bas ...
Puis les humains ont créé des armes pour chasser les animaux.
Mais même avec des armes, ils se sont vite aperçu qu'ils pouvaie­nt y perdre quelques plumes de temps en temps, les humains. Un ours ou un tigre ou un lion, ce n'est pas forcement toujours décidé à se laisser détruire sans se rebiffer. 
En fait, dans le jeu de la vie établi par la nature, ce n'est pas interdit à un animal ou à un végétal d'essayer de se défendre pour rester le plus longtemps possible sur cette terre. Car c’est ça le jeu de la vie. C’est d’y rester le plus longtemps. 
C'est vrai ce n'est pas toujours le paradis. Mais ça pourrait l’être, ou presque, sans ce déséquilibre instauré par les humains.
Donc on ne peut pas, même humainement, reprocher à un animal de se défendre pour ne pas finir en pâté de chair à saucisse. Et c'est ce que ces animaux là faisaient . Ils se défendaient. Et en se défendant il arrivait souvent qu'un ou plusieurs humains se retrouvai­ent en pièces détachées. C'étaient eux, les humains, qui passaient au menu des familles des animaux carnivores.
C'était normal, c'était prévu comme cela par la nature.

Avec la différence fondamentale qui est que l'animal en principe tue, soit pour se nourrir ou nourrir sa famille, soit pour se défendre ou défendre sa famille.
Il ne tue pas par plaisir, lui, en général.. Il ne congèle rien, lui. Il joue le jeu, lui.
Les humains, eux, qui ont commencé très tôt à s'embourgeoiser, en ont vite eu assez de se faire dévorer en allant chercher la viande d'animaux qui savaient se défendre. Alors ils ont décidé de construire des animaux qui ne se défendaient pas. Prenant exemple sur la providence qui a créé les animaux, ils ont croisé et re-croisé certaines races d'animaux de caractère assez paisible. Puis ils les ont réunis en troupeaux et les ont gardés prés d'eux pour les consommer au fur et à mesure de leurs envies.

C'est là une autre différence de base entre les animaux et les humains. Les humains assouvissent leurs envies, les animaux leurs besoins.

Puis comme ils devenaient de moins en moins vaillant et avaient acquis un esprit de plus en plus pratique, les humains ont aussi dressé certains de ces animaux pour les utiliser dans des travaux difficiles, ou dangereux.
La partie homme de l'humain, qui jusque là utilisait la partie femme pour porter les fardeaux, s'est vite aperçue qu'un cheval ou un bœuf ou même un bourricot peut avoir un rendement supérieur lorsqu'il est bien utilisé.
La partie femme de l'humain a donc dû céder la place et a été reléguée aux tâches secondaires, puisque les bœufs, les chevaux et les bourricots l'avaient dépossédée de ses fonctions premières. Ensuite pour mieux se protéger, les humains se sont enfermés dans des cages toutes blotties les unes contre les autres, non sans avoir auparavant dressé d'autres animaux pour surveiller et les avertir en cas de danger. Puis comme au début, ils n'avaient pas encore la télévision et que les parties femmes étaient devenues un peu plus disponibles, ils se sont multipliés sans retenue. 

L'équilibre était rompu. Nous autres, tous les autres, minéraux, végétaux et animaux, nous sommes devenus des victimes impuissantes, témoins muets du déséquilibre de croissance exponentielle, qui devint rapidement irréversible, puis incontrôlable.
La nature est très contrariée de nos jours. Parce que dans son fonctionnement elle avait déjà prévu de faire de la fumée et de la poussière, puisqu'elle  avait tout prévu, pensait-elle. Mais elle aussi elle s'est plantée, la nature. Elle n'avait pas prévu que les humains seraient bête au point de produire autant de pollution !
Au point de la déséquilibrer !

Car il est vrai qu'au début, à la création de la terre, il faut reconnaître que mère providence avait mis le paquet.
Tout était merveilleux sur cette terre.
Tout était propre, tout sentait bon, tout était clair.
Les océans étaient transparents et laissaient apparaître leurs merveilleux fonds rocailleux de corail multicolorés.
Les poissons pouvaient se voir venir d'un bout de l'océan à l'autre tellement il faisait clair dans l'eau.
Pour l'air c'était pareil, il y en avait pour tout le monde.
Il y avait des fruits partout, des fleurs qui sentaient bons.
C'était très beau.
Trop beau.
Certains même se prêtaient à murmurer en cachette, et ce n'est pas joli de murmurer en cachette. Ils disaient que mère providence était tombée sur la tête de faire quelque chose de si joli. Ce n'était pas la terre qu'elle avait créée. C'était le paradis.
A quoi cela allait il servir, disaient-ils, puisque le paradis, il y en avait déjà un.
Et mère providence, qui savait tout cela, souriait en cachette.
Elle n'avait pas encore annoncé qu'elle allait créer l'humain à cette époque là.
Ça y est on a compris.
Mais c'est allé trop loin.

Certains même se prêtent à murmurer en cachette, et ce n'est toujours pas joli de murmurer en cachette. Ils disent que mère providence est tombée sur la tête de faire quelque chose de si mauvais que l'humain. Ce n'est pas la terre qu'elle a créée. C'est l'enfer.
A quoi cela va-t'il servir, pensent-ils, puisqu'un enfer, il y en a déjà un ? N'est-ce-pas ?
Et mère providence, qui sait aussi cela, ne sourit plus autant aujourd'hui.
Allez donc comprendre pourquoi…




(haut de page)


Les humains en général




    Eh oui ! les humains... Il fallait bien y arriver un jour à l’humain ! Il faut bien le mentionner à l’humain quand on parle de la vie. Il a son importance l’humain, sur notre planète, dans la vie.
Parce que l’humain, quand ça naît, ça sait tout, c’est intelligent, c’est comme nous.
Mais à ce moment là, quand il naît, il ne peut rien faire l’humain.
Il est trop petit.
Et après il ne peut rien faire non plus, l’humain.
Il est trop grand.
Car c’est en grandissant que ça devient con, un humain.

Donc les humains, eux, après s’être rendus compte qu’ils étaient devenus les maîtres incontestés des éléments naturels, ils commencèrent à se poser des questions.
Leur nombre augmentait de façon telle, qu’ils recouvrirent bientôt la surface terrestre.

Comme leur bêtise se développait en rapport avec leur nombre, ils parvinrent très rapidement à créer des situations extrêmement complexes qui auraient pu être comiques si elles n’avaient été dramatiques pour l’équilibre de la nature.
Alors comme il est foncièrement bête quand il est grand, l’humain, il faisait énormément de bêtises qu’il ne comprenait pas.
Et l’humain a aussi, depuis toujours, la particularité d’oublier les bêtises qu’il fait. Surtout les grosses, celles qu’il ne comprend pas. Donc à force de faire des bêtises, à force de les oublier, ils commencèrent par s’ennuyer.
Ils réfléchirent donc ensemble et finalement ils arrivèrent rapidement à la conclusion que puisqu’ils avaient dominé presque tout le reste sur terre, il ne leur restait plus qu’à essayer de se dominer entre eux.
Quelle bonne idée !
Donc, pour mettre en pratique sur le champ cette idée géniale, ils décidèrent pour commencer par se créer des différences.
Pour ce faire ils divisèrent la surface de la terre en grandes zones, puis les grandes zones en zones plus petites qu’ils entourèrent de barrières fictives qu’ils nommèrent les frontières.
Ils créèrent ensuite des langages différents pour chaque zone, pour que les habitants d’une zone ne comprennent pas les gens d’une autre zone.

Ils s’aperçurent vite que cela ne suffisait pas.
Les gens d’une zone, même s’ils ne comprenaient pas leurs voisins de l’autre zone qui parlaient une langue incompréhensible, n’avaient aucune raison de leur taper dessus.
D’autant plus que dans les humains, il y a deux genres.
Oui, pour être un humain, il faut être deux, on le sait, un humain mâle et un humain femelle
Un mâle tout seul, ou une femelle toute seule cela ne fonctionne pas, bien que ça marche. Deux mâles ensemble ou deux femelles ensemble, cela ne marche pas non plus, bien que ça fonctionne. 
Cela ne peut aller en fait, chez les humains, qu’avec un élément de chaque genre.

Il se trouve que la partie mâle de l’humain est en principe plus grande, plus forte, plus bête et  plus méchante que la partie femelle. (Pas toujours, il y a parfois des parties femelles aussi bêtes et méchantes que les parties hommes, chez les humains. J’en connais).
Parce que la nature, quand elle a créé l’humain, elle a mis le paquet. Elle a perfectionné les méthodes de fonctionnement utilisées pour créer l’équilibre.
Quand elle a créé les animaux, par exemple, la nature, elle a créé l’animal prédateur et l’animal gibier.

On sait, si on a bien suivi à quoi servent les deux genres. Si on ne sait plus, si on a oublié on révise « La nature ». Ca nous apprendra à être distraits !

Pour différencier les prédateurs des gibiers la nature leur a fabriqué un cerveau différent. Elle a fait le cerveau de l’animal prédateur super compliqué. Eh oui ! Il faut qu’il calcule comment il va pouvoir bouffer l’animal gibier, le prédateur, et c’est pas toujours facile.
Pour le cerveau de l’animal gibier elle ne s’est pas foulée, la nature. Elle a mis dans leur crane un petit truc plein de bulles et c’est tout. C’est normal, s’est elle dit, de toute façon il va se faire bouffer...
Pour l’humain elle a, en général, appliqué le même principe. Elle a pourvu l’humain male d’un cerveau compliqué de prédateur et l’humain femelle d’un cerveau tout simple de gibier.
C’est pour cela que la partie femelle est de son coté en principe plutôt qu’en général.
Et qu’elle est beaucoup plus douce, plus sensible et plus proche de la nature. (Pas toujours. J’en connais des avec le cerveau super compliqué du prédateur, des parties femelle)

La partie mâle de l’humain est appelée l’homme, et la partie femelle est appelée femme, chez les humains.
L’humain homme, que l’on appellera dorénavant l’homme, ayant remarqué là le premier danger a compris que s’il souhaitait créer le désordre à sa guise, il lui fallait tout d’abord dompter la femme et la maintenir fixée à son rang inférieur.

Ce fut relativement facile de dompter la femme grâce à l’expérience acquise avec les animaux domestiques, le bœuf, le cheval, l’âne, et la chèvre qui sont donc depuis très longtemps, les meilleurs amis de l’homme.
Cela a été la première mauvaise action de l’humain contre lui même, puisqu’ils ne sont qu’uns. L’homme a partout dans le monde fait de la femme son esclave et ne l’a  utilisée que pour des tâches subalternes ou pour son plaisir.
Elle servait surtout à fabriquer les enfants, les élever, préparer les repas, et entretenir les cages.
Pendant très longtemps, la femme n’a pas eu accès au pouvoir de décision en direct. 
C’est sans doute dommage.
Parce que ça peut servir à autre chose la femme.
Cependant, comme elle n’est pas si bête, la femme, elle le dirigeait bien un peu à son homme en cachette.
Sur un oreiller, un homme, cela se dirige bien un peu quand on est femme et qu’on y met du sien.
Mais officiellement, en dehors de l’oreiller, pendant très longtemps, la femme n’a pas eu le droit d’avoir le droit.
Finalement, lorsqu’elle a commencé à l’avoir ce droit, c’est lorsque l’homme  s’est aperçu de l’ampleur des désastres qu’il avait finalement créés en faisant n’importe quoi. Il a alors à ce moment là compris qu’il était indispensable de laisser la femme participer.
D’abord pour ne plus être le seul coupable.
Elle pourra dorénavant procréer et partager ses désastres avec lui.
Il a donc autorisé la femme à prendre des décisions . Qui n’ont été tout au début, bien entendu, que des décisions bénignes.
Ce n’est pas bien sûr de gaieté de cœur que l’on laisse échapper une part de son autorité lorsque l’on est homme. C’est humain. Pourtant la situation était telle lorsqu’il s’est décidé l’humain homme qu’il lui fallait bien trouver quelqu’un capable de tirer la planète de la situation inextricable dans laquelle il l’avait emmerlificotée et nous avec.

Hélas, il s’est décidé beaucoup trop tard, l’homme. La situation était déjà irréversible. La température de l’atmosphère augmentait régulièrement et inéluctablement, dons les glaciers fondaient, donc… ? on a bien suivi j’espère? sinon, on se retape « La nature » !
L’air à respirer, était devenu irrespirable. Même la stratosphère devenait impraticable. Ils envoyaient tellement de safaderies dans l’espace pour un oui pour un non les humains qu’il y avait maintenant des déchets partout dans la stratos. On peut même plus mettre le nez dehors quand on va dans l’espace. Le moindre bouton de braguette qui tourne dans l’espace et que vous vous prenez dans l’œil quand vous mettez le nez hors de votre capsule, dans l’espace, vous le ramassez à 30.000km/h ! Pas moins ! Ca veut dire qu’à cette vitesse, le bouton de braguette il vous casse le verre incassable de votre lunette de soleil et dans son élan il vous traverse le crane ainsi que votre capsule! Et ce n’est qu’un bouton de braguette! Que dire d’une burette d’huile vide ou d’un morceau de fusée égarée de trois tonnes ! Et il y en plein partout et de plus en plus des morceaux de vieilles fusées abandonnées dans l’espace.
Et on ne parlera que de ces déchets là. On ne mentionnera pas les déchets nucléaires qui pourrissent sur notre terre, qui sont protégés certes, mais protégés essentiellement par l’immonde hypocrisie de vertes crapules irresponsables à la solde d’autres crapules tout autant immondes que coupables et responsables.     
C’est pour ces raisons que même la femme, malgré ses qualités inéluctables, aura beaucoup de mal à rétablir l’équilibre. Surtout que ses qualités naturelles intrinsèques ont été sérieusement émoussées par des siècles d’asservissement complet à l’homme.
Des milliers d’années d’esclavage ne passent pas sans laisser de traces.
Il suffit pour s’en rendre compte de constater le comportement des peuples de troisième, qui ont été pendant des centaines d’années les esclaves de la gente des peuples de première.
Ceux de troisième,  même aux jours d’aujourd’hui, ne savent toujours pas où ils en sont, ni parfois d’où ils viennent et souvent même où ils habitent.
Comment pourraient-ils donc savoir où ils vont ?
Ils n’ont toujours pas récupéré leurs repères.
Et si en faisant un effort, on essaie d’imaginer ce que pouvait ressentir la femme de troisième de cette époque, qui était l’esclave d’un homme de troisième, lui même esclave d’une gente de première...

Mais ce serait tellement compliqué s’il fallait penser à tout cela...
En revenant aux femmes de première, on s’apercevra que certaines même ont pris goût a être asservies et souhaitent le rester. 
Ces certaines là, en échange de moments furtifs de plaisir et de sentiments de puissance  qu’elles continuent de donner à l’homme, reçoivent des récompenses matérielles qui les satisfont. D’autres femmes aussi, qui n’avaient jamais accepté l’asservissement qui leur était imposé par leur seigneur et maître, décidèrent d’un coup à franchir la barrière. Elles se sont travesties en leur ancien maître.
Ce n’est sûrement pas d’elles que viendra le salut, du moins pour le moment. 
Heureusement il y a les autres femmes, les bonnes, les qui savent. La multitude d’autres vivant avec la tête bien accrochée sur leurs épaules et les pieds bien sur terre. Et le cœur bien gros. Celles qui savent depuis toujours. Et c’est sans doute elles qui nous ramènerons où veut la providence.

Mais, pour l’instant, revenons en à l’homme.  
Après avoir relégué la femme au second rang, pour ne pas être empêché de ne pas nuire, puis après lui avoir laissé prendre quelques responsabilités, pour pouvoir les lui reprocher, il a continué, l’homme, la moitié de l’humain.

Il a donc créé des frontières pour séparer les peuples. 

Il a créé des langues différentes pour que les gens des différents peuples ne puissent pas communiquer entre eux.

On sait maintenant que c’est insuffisant puisque l’humain homme d’une zone arrivait tout de même à communiquer avec l’humain femme d’une autre zone, même sans lui parler.
L’humain a donc eu une autre idée de génie. Ca arrive parfois.

Il inventa les dieux ... et les diables aussi.
Il les fit tous unique mais différents.
Puis pour chaque dieu et les diables qui vont avec il établit des religions différentes.
Et il plaça dans chaque continent un dieu, sa religion et ses diables qui vont avec.
Puis enfin il contraint, très souvent par la force, la gente à étudier les religions et à ne croire qu’à un seul de ces dieux à la fois, et à son diable aussi. Celui qui est chez eux. Et de haïr les autres, ceux qui sont chez les autres.

Il a fait fort d’un coup, l’humain.
Il ne lui manquait plus qu’à trouver un outil de liaison, qui soit le sang des dieux.

Il a créé l’argent.

Il a dit que les dieux détenaient le secret d’atteindre la richesse.

Il a divisé l’argent en deux parties, la graine, et le venin.
La graine est l’argent gagné en travaillant honnêtement pour se nourrir et nourrir sa famille.
Le venin est l’argent d’issue douteuse utilisé pour assouvir ses mauvais instincts.
Et juste après l’argent il a créé les besoins, en utilisant pour ce faire des miroirs aux alouettes et des moulins à vent.

Et à partir de là, il a enfin été en possession de tous les ingrédients dont il avait besoin pour agir à sa guise.

Il venait de créer "La machine infernale".

Cette irréfutable machine infernale qui allait gérér le monde et aussi tout le monde et bientôt l'univers en lieu et place de dame providence qui s'en trouva for marri, mais qui pendant longtemps et encore aujourd'hui n'en put mais.

Il ? Qui il?
L’humain safado, que nous apprendrons à connaître plus tard.
Le safado, l’épine de l’humanité.
Je suis bien placée pour en parler des épines.
Je les connais par cœur moi, les plantes à épines.
Et je sais d’ailleurs très bien  comment il faut les prendre.
Mais moi, je les prends pour me nourrir, comme l’a prévu la nature.
Les humains, eux, avec leurs cerveaux déphasés, ils ne savent pas à quoi servent les épines, puisqu’ils pensent que les plantes sentent mais ne ressentent pas.
Ils pensent, eux, que c’est pour faire joli qu’elles ont des épines les plantes.
Ils ne savent pas que c’est le seul moyen qu’ont les plantes super sensibles pour se protéger des prédateurs.

Mais oui, humain ! ça vit une plante.
Elle a un corps, un pied une tête et des membres, une plante. Elle respire aussi une plante. Pendant le jour elle inhale le gaz carbonique, qui sans cela empoisonnerait les humains. Et elle le transforme en oxygène qu’elle rejette dans l’air qui sert à faire respirer les humains.
C’est gentil une plante. Mais ça saigne aussi une plante.

Lorsque j’étais toute petite, dans ma forêt natale, entourée des grands arbres, je regardais souvent travailler les bûcherons. En ce temps là, un bûcheron servait à abattre quelques arbres à la fois seulement. C’était, soit pour faire des planches pour construire leurs cages ou les cages des autres, soit pour se chauffer. Ce n’était pas encore le temps ou les humains ont cru comprendre que pour être heureux dans la vie il faut couper des arbres. Ils voulaient tellement être heureux qu’ils ont coupé beaucoup d’arbres, presque tous. Et pourtant ils ne sont toujours pas heureux .Bientôt, puisque cela continue, ils le seront encore moins .Quand il va falloir commencer à respirer à tour de rôle. Parce qu’il n’y aura plus assez d’oxygène pour tout le monde. Je suis sûre que cela finira par créer de nouveaux problèmes avec ces humains. Il y en a qui vont tricher.Ils vont essayer de respirer en cachette. Même chez la gente, et pourtant c’est gentil la gente, il y en a qui trichent.
Mais en ce temps là, il y avait encore de l’oxygène pour tout le monde.  C’était au temps où les ronroneuses tronçonnantes n’existaient pas. Le bûcheron partait tôt le matin, au lever du jour, la hache sur l’épaule, pour faire son bûcher.

Je me souviens d’un vieux bûcheron qui parlait aux arbres qu’il allait abattre. Il leur expliquait que l’heure était venue, que lui n’y pouvait rien, qu’il était malheureux . Et l’arbre, qui comprenait, restait là, tout droit, planté, sans rien dire. Il savait alors il attendait. Le vieux bûcheron s’approchait, caressait le tronc de ses mains, cherchait la veine principale. Puis il se reculait d’un pas, se retroussait les manches de la chemise, buvait un coup de « cana » au goulot de la bouteille qui ne le quittait jamais pour lui donner du courage.
La cana, c’est du jus de canne à sucre distillé.
Les humains de là bas disent que c’est un des remèdes les plus efficaces qui existent. Ils disent que ça guéri tout, même les soucis. Moi je pense plutôt que cela aide seulement à faire disparaître momentanément la tristesse ou la douleur.

A nous les papagaios, on ne doit pas nous laisser boire quelque alcool que ce soit. Bien que nous soyons intelligents, notre cerveau est très petit. Ce n’est pas la peine d’avoir un grand cerveau quand on est intelligent. Mais une seule goutte d’alcool, dans un petit cerveau de papagaio cela fait des dommages irréparables.
Dans les cerveaux des humains aussi cela fait des ravages. Mais ils ne s’en aperçoivent pas, tout d’abord parce qu’ils sont bête et ensuite, parce qu’ils sont déjà ravagés.
Il y a de la gente qui, bien qu’ils soient gente, donc gentils, donnent à boire des gouttes d’alcool à des papagaios qu’ils détiennent prisonniers. C’est disent ils pour faire rire leurs amis. Et la gente, comme c’est gentil, aime bien faire rire ses amis. 
Il ne faut pas.
Il ne faut pas donner d’alcool à un papagaio. Ni à quelque autre animal que ce soit. Et encore moins à l’humain, car, comme il est déjà bête cela ne peut pas l’arranger. L’alcool n’a pas été créé par la nature.
La nature a créé toutes les choses nécessaires pour vivre bien sur la planète. Mais elle n’a pas créé l’alcool. C’est l’humain qui a fabriqué l’alcool. Allez donc savoir pourquoi.
Le bûcheron, lui, après avoir bu, lui, il se crachait dans les mains, saisissait sa hache, prenait son élan, et d’un seul coup, dans un « haan! » terrible il tranchait la veine de l’arbre qui mourait sans souffrir, avec juste un frémissement de toutes ses feuilles.
Pendant quelques secondes son sang coulait à flots, comme l’eau d’une source sauvage.
Le sang de l’arbre c’est clair comme de l’eau de source. Et puis c’était fini, il était mort debout, sans souffrir.
Il ne restait plus qu’à l’abattre.
Mais on savait qu’il était mort heureux.

Ces arbres là, ils n’avaient pas d’épines.
Les plantes à épines, elles sont très sensibles et n’aiment pas souffrir.
Les rosiers entre autres, pour se défendre, recouvrent leurs branches d’épines.
Alors, les humains mettent des gants, et coupent les roses, par exemple, pour les offrir à leurs dames, qui les mettent dans des vases, bien en vue, et  prennent un plaisir sadique à les regarder mourir doucement. Et lorsque ces fleurs sont un peu fanées, les dames les jettent en prenant un air dégoutté, pour les remplacer aussitôt par de nouvelles.
A moi, animal, il me semble, qu’il serait beaucoup plus agréable de regarder ces belles plantes vivre sur leur pied, plutôt que de les regarder mourir dans des vases...?
En fait moi, les roses, je n’y tiens pas énormément .

Ce que j’aime surtout, ce sont les acacias.
Dans le pays ou  Mitou a ses racines, il avait acheté, pour mettre sa famille une très grande cage avec plusieurs autres cages plus petites à l’intérieur. Les humains appellent ces cages des appartements. C’est vrai qu’elle était belle cette très grande cage nommée appartement. Elle était située au-dessus d’autres cages habitées par d’autres humains.
Le notre c’était la plus haute.
Il y avait un grand balcon sur lequel était installée ma cage à moi, en été. 
J’avais une vue formidable.
Il y avait un grand terrain vague juste devant chez nous. 
Et sur ce terrain vague, juste à quelques mètres à vol d’oiseau, il y avait des acacias.
Oui, il y avait des acacias, dont l’un faisait plus de trente mètres de hauteur.
Pour qu’un acacia fasse trente mètres, il faut qu’il en aie vu passer des printemps, et des orages.
Tous les jours que providence fait, j’allais faire ma sieste sur la plus haute branche de mon acacia sur laquelle souvent un rossignol chantait.

C’était formidable... juste à une portée d’ailes.
En fait, c’est ce qui a fait flancher Mitou dans son choix pour cette cage.
Une vue sur le fleuve et puis les acacias.
Il s’était bien inquiété un peu auprès des gens qui la lui ont vendue cette cage, car il a déboursé de la grosse graine pour l’avoir. Parce que les humains, non contents d’avoir chassé les animaux et détruit les végétaux de la surface terrestre, en plus, ils se la sont appropriée à la terre...
Ils se disent entre eux :
-« Ces hectares là, ils sont à moi...
- Et je te les vend à tel prix ...
- Si c’est pour habiter, c’est cher et ça se paie en venin...
- Si c’est pour travailler, ce n’est pas cher et ça se paie en graine parce que ce n’est pas dangereux ! »
En fait personne n’en veut plus pour travailler de la terre aujourd’hui. C’est trop dur de travailler la terre. C’est beaucoup plus intéressant de faire du venin...

Mais ces gens vendeurs de cages étaient des safados, et cela ne se voyait pas.
C’est vrai cela ne se reconnaît pas un safado.
Donc ces gens là lui ont garanti, à Mitou, croquis à l’appui, que tout serait emménagé de façon parfaite autour de ces arbres.
...« Et il y aura devant un grand parc japonais! »
...« Et nous allons construire une chaussée piétonnière! » 
... « et j’en passe ! »
« Mais ces acacias, pensez donc ! Trente mètres de hauteur ! Plus de trois cents ans ! Vous n’y pensez pas! Jamais monsieur! Jamas !  Nunca !  Never ! Niemals, monsieur ! »

Con-vain-cu il était, le Mitou.
C’est pour cette raison que ce lundi matin à cinq heures et qu’il faisait encore nuit, lorsque d’autres safados ont mis les ronroneuses en marche, et qu’ils ont découpé tous les acacias en tranches , de bas en haut, personne n’y a cru.
Et pourtant un arbre, acacia ou pas, quand c’est coupé c’est coupé.
Pour repousser, il faut le replanter et puis s’asseoir à côté et attendre trois cents ans.
Et puis là , au même endroit, il ne pourra pas repousser.
Parce que d’autres safados ont décidé, en cachette, qu’à la place du grand parc japonais et des chaussées piétonnières et des j’en passe,... ils allaient construire une immense cage de cinquante mètres de long et de cinquante mètres de haut juste devant mon balcon.

Con-ster-né il était, le Mitou !
Moi je ne comprends pas, le safado, Mitou, il devrait à son age, savoir le reconnaître.
Un safado c’est un humain comme un autre. Il a l’apparence extérieure d’un autre humain normal... Mais on le détailleras mieux dans le prochain chapitre, le safado...
On sait déjà que l’être humain au singulier est composé de l’homme et de la femme.
Cependant au pluriel, les humains, ils sont divisés en tranches.
Au début, chez les humains, il y avait comme chez nous, les troupeaux et les meneurs de troupeaux. Puis, après avoir rompu l’équilibre quand ils ont décidé de ne plus se laisser manger, le troupeau des humains est devenu d’une grandeur telle que les meneurs de troupeaux ont eu beaucoup de mal à conserver le contrôle de tous ces immenses troupeaux composés de tant de monde qui paraissent si différents. En fait les troupeaux sont composés en majeure partie par « la gente ». C’est très nombreux la gente, mais c’est neutre .Tellement neutre que même au pluriel, la gente, ils sont devenu singulier. 
La gente est l’ensemble des personnes qui sont foncièrement bons, qui ne demandent qu’à vivre en paix au milieu d’autre gente, et qui  se contentent de peu de choses. Créer une famille, se reproduire, et avoir la graine nécessaire pour nourrir sa famille. C’est là presque tout ce qu’ils souhaitent, la gente. Ils ne veulent pas autre chose, la gente, presque. Ils ne veulent  surtout pas, par exemple, prendre la responsabilité de surveiller que cela soit faisable.
Ce serait beaucoup trop compliqué. 

Pour cela en fait, il y a les autres, les meneurs de gente.
Les meneurs de gente sont aussi, quelquefois, de la gente. Ils sont cependant pourvus de particularités bien précises. En plus des qualités et des défauts propres à la gente, les meneurs de gente ont la faculté de voir un peu plus loin que les autres. Pas beaucoup plus loin il est vrai, car dans ce cas il n’y aurait plus de problèmes. Mais assez loin en tout cas pour se rendre compte que la gente toute seule, ne peut aller nulle part, ne peut se développer normalement, et même ne peut pas survivre sans l’aide d’un guide responsable.
Un groupe de gente représente une masse d’énergie considérable, et ce n’est pas toujours facile de canaliser cette énergie qui a tendance à pousser la gente dans n’importe quelle direction. 
C’est pour cela que se sont créés les meneurs.

Il y a tout d’abord «  les meneurs naturels. »

Les meneurs naturels n’ont pas la tâche facile. Mais en fait cela ne leur déplaît pas.
Le meneur de gente naturel est pourvu d’ambitions et de sens des responsabilités qui ne se limitent pas toujours à son rôle de meneur.
Il lui arrive aussi que ses ambitions frisent la démesure et là , alors , il devient un safado.  
C’est pour cela qu’il est très difficile pour la gente de faire la différence entre les meneurs naturels, les autres meneurs, et les safados.
Et en fait la gente n’aime pas les choses difficiles.
Alors pour simplifier elle a tendance à penser que tous les meneurs sont des safados.
Solution facile, trop facile, ce n’est pas toujours le cas.
Un meneur naturel, cela ne s’invente pas , cela ne se devient pas.
Tout simplement , on est meneur naturel car on naît meneur naturel.
Dans la vie humaine, il y a souvent les boules et ceux qui les font rouler, aux boules. C’est bien comme cela. C’est dans l’ordre des choses. Et tant qu’on les roule bien, les boules, elles sont contentes. Il suffit de ne pas les pousser trop loin, ni de les  faire cogner trop fort.
Le meneur naturel en a conscience.
Le meneur naturel de gente d’abord se reconnaît lui même, tout seul.
Ensuite, quand il s’est reconnu, il le fait savoir à la gente, qui, en principe, s’en fiche .


Puis, le meneur de gente se fait designer par la gente selon des méthodes diverses, adaptées aux us et coutumes des diverses régions de la planète.
Il y a tout d’abord le meneur naturel de gente normal, qui reste meneur le temps qu’il faut pendant les périodes difficiles que la gente a à traverser durant le cycle de passage sur terre.
Ce meneur là, ensuite, se retire quand il considère que sa tâche a été accomplie, pour jouir d’un repos bien mérité.
Ou pour se préparer à revenir en cas de nouvelle nécessité.
Car la gente, bien qu’étant très bonne, est très étourdie et a une surprenante faculté pour oublier ses erreurs passées.
On pourrait même penser qu’elle a une certaine tendance naturelle à toujours obstinément recommencer de se donner un coup de marteau sur les doigts. Un peu comme si cela faisait du bien de se donner un coup de marteau sur les doigts.
Le meneur naturel sait tout cela. Il connaît bien sa gente.
Ce meneur là est le meneur par excellence.
C’est pour cette raison qu’il y en a très peu.

Puis il y a le «  meneur héréditaire. »
Celui-là est un meneur pas naturel descendant d’un meneur naturel qui n’a pas su se retirer.
L’ancêtre meneur naturel qui avait pris goût à mener et s’était aperçu que sa descendance n’était qu’un ramassis de bons à rien a dit:
-«Je suis votre meneur, je le reste,et ma descendance de bons à rien le restera aussi ! »
Et la gente qui s’en fichait un peu était bien contente.
C’était bien. Ils avaient des meneurs assurés.
Ils ne savaient pas que la providence avait prévu le danger et ne voulait pas de meneurs génétiques.
Pour supprimer ce risque, la providence fit en sorte qu’un meneur naturel ne soit pas reproductible. 
Donc, elle créa la loi de l’alternance. Un meneur naturel ferait donc naturellement un enfant, ou plusieurs,  car au début il n’y avait pas la pilule, imbécile(s).
Ce meneur naturel, voyant que ses fils imbéciles par la loi de l’alternance allaient se retrouver gente, devenait safado.
-« Et vas-y que je te crée des lois et des décrets et des impôts!
- Il faut bien que j’assure l’avenir de mes imbéciles de descendants!
- Et je serais le plus riche du monde!
-Et s’il y en a un plus riche, on lui fait la guerre! »...
Ces meneurs là, s’il y en a eu beaucoup par le passé et plus imbéciles les uns que les autres, par alternance,  sont tout de même en voie de disparition.
Soit par érosion naturelle, la gente s’en fiche de plus en plus.
Soit avec l’aide incompréhensible de la gente qui sans trop savoir pourquoi ni comment a réussi dans certains cas, à se révolter, s’organiser, et se charger de rétablir l’ordre naturel des choses en éliminant, parfois de manière radicale mais efficace, les meneurs génétiques et leur descendance, qui en ont perdu la tête tout en n’en croyant pas leurs yeux. 
C’est gentil la gente mais ça peut être efficace, parfois, quand c’est bien orienté.

Puis il y a  « le meneur par force. »

Celui là, c’est le méchant con.
Il se désigne meneur par la force pendant que la gente ne fait pas attention.
Il choisit les méchants les plus cons pour les mettre autour de lui.
Comme cela il les a tous à l’œil.
Au cas où il y en aurait un plus con que lui.
On ne sait jamais.
Surtout quand on est con.
Et puis il parle à la gente.
Il leur dit qu’ils sont tous des cons, et qu’à partir de maintenant c’est lui le chef. Et pour le prouver il punit, il tue, il torture.  
Il est con, parce qu’il pourrait faire la même chose en étant gentil. Mais ça il ne peut pas savoir... puisqu’il est con.

Et finalement, pour poivrer un peu les  choses qui, sinon, eurent pu paraître par trop simplifiées, il y a : « le meneur à ficelles. »
 
Celui là, s’il n’y parait pas, est tout de même le plus dangereux, car il est le plus répandu.
Il est une copie parfaite de chaque autre type de meneur. Il peut tout aussi bien être la copie parfaite du meneur naturel, du meneur héréditaire que du meneur par force. Donc on ne peut pas voir la différence.
La seule différence en fait avec les autres meneurs et qui ne peut pas se voir  c’est que ce meneur là est équipé de ficelles invisibles.
Il a des ficelles invisibles attachées aux oreilles, pour lui faire dire non quand on les tire, et une autre ficelle invisible fixée au-dessus du crane, pour lui faire dire oui.
Ces trois ficelles sont les plus importantes.
Il a aussi d’autres ficelles invisibles attachées  aux autres membres, moins importantes, qui servent à le faire gesticuler.
Il ne faut tout de même pas les négliger complètement les ficelles des autres membres, car elles assurent une fonction de base du meneur à ficelles, qui est de beaucoup gesticuler pour attirer l’attention des foules, donc de la gente.
A l’autre bout des ficelles invisibles, c’est à dire du coté où l’on tire les ficelles, il y a le safado, encore le safado, toujours le safado.


En résumé, il existe donc quatre sortes de meneurs de gente:
1/ Le meneur de gente naturel, qui est en principe bon et recommandable, mais rare.
2/ le meneur héréditaire qui est un imbécile alterné.
3/ le meneur par force, qui lui, est un méchant con.
4/ le meneur à ficelles, qui lui, n’est pas rare et qui a des ficelles un peu partout, tirées par le safado

Tout aurait pu en rester là mais dans ce monde déséquilibré, l’équilibre étant rompu, il faut continuer le mouvement jusqu’à le retrouver , à l’équilibre.
Donc, dans ce monde fait de gente et de meneurs de gente, s’est développée une troisième famille, le safado.





(haut de page)






L’humain safado





  Les safados sont des humains à l'apparence physique égale à celle des autres humains.
La différence entre la gente, le meneur de gente, et le safado ne se détecte pas à l'œil nu au premier abord.
Quand on s'en aperçoit que l’humain que l’on a devant nous est un safado, c'est trop tard, on a été eu.
Le safado n'a, ne vit et ne fonctionne qu'avec des mauvais instincts.
Il est pourvu d'une ambition sans limites et d'un égoïsme hors du commun.
Le système de fonctionnement du safado est basé sur l'appropriation immédiate des biens d'autrui qui servent à assouvir ses mauvais instincts.
Et des mauvais instincts, on le sait, il n'a que ça.
Alors, tous les biens d'autrui l’intéressent.
Il veut tout, tout de suite, par n'importe quels moyens.

Pour arriver à leurs fins, les safados, qui eux ne sont pas neutres et qui, bien que singuliers étant également pluriels, agissent en cachette.
Ils utilisent toutes les combines possibles, basées sur tous les travers de la terre, la tromperie, la méchanceté, la corruption, le chantage, la menace, et la violence, entre autres.

Il faut dire qu'ils ont la tâche facile, les safados, puisque la gente s'en fiche.

On sait déjà que c'est gentil la gente.
Les meneurs de gente, qui eux voient un peu plus loin que la gente savent en principe repérer un safado assez rapidement.
Hélas, personne ne peut rien contre un safado.
C'est méchant un safado et cela peut mordre et même faire mal puisque tous les coups leur sont permis.
Surtout qu'ils sont nombreux.
Et qu'on ne les reconnaît pas.
C'est aussi difficile de différencier un safado d'un meneur ou d’une gente que de différencier un perroquet male d'un perroquet femelle.
Nous, les papagaios on peut reconnaître notre genre à nos pupilles.
Autour de la pupille bien noire chez le male il y a une bande un peu plus claire chez la femelle.
Pour le safado, c'est aussi aux yeux qu'on le reconnaît, quand on a l'habitude.
Il a les yeux brillants qui lancent des éclairs qui ont la forme d'un esse barré en diagonale. C'est un peu comme cela, "$", en langage codé.
Avec ses dents, c'est la même chose. Comme il sourit beaucoup pour attirer la gente, car la gente aime beaucoup les gens qui sourient, il fait voir ses grandes dents qui reflètent également ce même signe "$".
Actuellement, beaucoup d'entre eux qui veulent rester discrets ont  réussi à trouver une parade pour rester dans l’ombre.
Ca aime bien rester dans l’ombre et inconnu un safado.
Pour ne pas être reconnus, ils portent des lunettes aux verres fumés, et à la monture en or, massif, of course.
Dans la bouche, ils mettent des gros cigares.
Comme cela la gente ne voit plus les éclair$.
Mais, comme la gente aime beaucoup les choses qui brillent, les safados, pour distraire la gente, portent un peu partout, autour des doigts, du cou ou des poignets, de lourds objets en or, toujours massif.
La gente est éblouie et très contente.

Les safados agissent en cachette.
Ils se réunissent dans des endroits sombre et décident entre eux de ce qu'ils vont pouvoir faire pour assouvir leurs envies, maintenant qu'ils ont tout...
Mais non ! Même quand ils ont tout ils n’ont pas assez !
On n’en a jamais assez quand on est safado.

C’est la règle, leur règle! Ne jamais en avoir assez !
Comment agit un safado ?
C'est simple. Il agit en deux étapes.
D'abord il laisse faire le bien. Puis il transforme le bien en mal.

 Par exemple, lorsque les meneurs de gente ont décidé que pour le bien de la gente, pour leur permettre de se développer de façon régulière et normale afin affronter les problèmes naturels rencontrés sur cette planète, il fallait les éduquer, cela partait d'un raisonnement sain et louable, basé sur de grands sentiments humains.
 "Instruisons! Et du cons !" se sont ils écriés, les meneurs. C’est qu’elle représente une grande énergie cette masse de gente bien qu'elle s'en fiche. Et ce n'est pas facile à canaliser une énergie de masse de gente qui s'en fiche. Cela produit de l'inertie cette énergie là.quot;Instruisons! Et ducon !" se sont ils écriés, les meneurs.
C’est qu’elle représente une grande énergie cette masse de gente bien qu'elle s'en fiche.
Et ce n'est pas facile à canaliser une énergie de masse de gente qui s'en fiche.
Cela produit de l'inertie cette énergie là.

Donc, l'idée était courageuse, et désintéressée.
On sait que les meneurs naturels sont en principe désintéressés.
Les safados, pas si bête, ont repris l'idée de base et l'ont transformée à leur façon.
Bien, ont ils dit. Cependant on ne va pas les éduquer, on va les alphabétiser.
«Pourquoi pas?» ont acquiescé les meneurs pensant qu'il s'agissait de la même chose.
Et c'est ainsi qu'a été créée l'alphabétisation, partie d'une grande idée fort louable pensée par les meneurs naturels mais détournée en chemin au profit des safados.
Et comment ont ils donc procédé vous demanderez vous ?
Pour ne pas courir le risque d'être confrontés à une multitude de gens plus instruits qu'eux, c'eut été l'anarchie, surtout qu'il n'est pas prouvé que les safados soient très instruit, les safados ont créé l'alpha et la bêtisation.
Et le tour était joué.
Puisque A, signifiant alpha, est la note du premier de la classe.
Et il n'y a qu'un premier par classe. Une fois qu'alpha fut donné aux A's, les premiers de la classe, il ne restait que la bêtisation pour les autres.

Pour tous les autres, et  qui sont très nombreux.

Cela leur a donc permis de bêtiser tous les autres.
Car leur système est basé sur la bêtisation et la division de l'espèce humaine.
Ce fut très facile de bêtiser la gente.
Tout d'abord, parce que la gente s'en fiche.
Ils sont gentils, mais ils s'en fichent.
C’est vrai que c’est énervant de toujours répéter que la gente s’en fiche! Mais c’est tellement énervant de voir à quel point elle s’en fiche, la gente, que l’on ne dira jamais assez qu’elle s’en fiche, en espérant qu’à force elle s’en fichera un peu moins.
Ensuite, dans les pays de première, cela finissait même par les intéresser à la gente d'être bêtisés officiellement.
Les safados ne sont jamais à court d'arguments.
Le principe utilisé est l'enseignement obligatoire. On enseigne à la gente des choses incompréhensibles qui ne servent à rien.
Les enseignements sont sanctionnés par des diplômes. Plus on apprend de choses inutiles et plus elles ne servent à rien, plus on reçoit un gros diplôme important.
Le "truc" c'est de surtout faire attention à ne pas enseigner les choses importantes qui pourraient servir à quelque chose.
On enseigne par exemple à savoir démontrer que plus on pédale moins vite et plus on avance moins rapidement.
Mais on cachera tant que faire se peut que la terre est une boule de feu entourée d'une croûte plus ou moins épaisse qui a des tendances naturelles à se craqueler de temps en temps et qui n'hésite pas à cracher sa fusion de ci de là dans le monde, quand ça lui prend.
Que cette boule tourne à une vitesse vertigineuse. Ca c’est pas la peine d’essayer. La gente ne le croirait pas. 

Si un enseignant agrégé dit pour abréger à Titou qui boit son pastis à la terrasse du « Barzinho da praïa do flamenco» qu’il est en train de boire son pastis à plus de mille trois cent kilomètre à l’heure, le Titou il rigolera même pas.
Il va te lui en retourner une à l’agrégé que s’il s’en souvient il s’en souviendra longtemps, l'agrégé.
C’est pourtant pas con un agrégé.
Il ne lui enseignera pas non plus au Titou, l’agrégé, que les continents se déplacent, tout doucement eux et que des fois ils se rencontrent.
Et vlam! Tout s’écroule dans le coin…
Comme quand Titou en retourne une à l’agrégé mais en encore plus fort.
Il n’est pas con cerné Titou. C’est inutile de savoir tout ça pour la gente.

Aux safados c’est pas ça qui les intéresse, non plus.
Et les meneurs, eux, ils n’ont pas de temps à perdre à apprendre tout ça !
C’est dommage parce que si on savait cela au départ, on pourrait se mettre à réfléchir.

Et puis, le but n'est pas de réfléchir sur les choses simples, surtout quand elles sont importantes.
Si la gente sait que la nature a déjà prévu des solutions pour éclaircir la gente de temps en temps, la gente n’ira pas casser la gente d’à côté ou d’en face quand on lui dira d’aller sauver la patrie en chantant.

C’est pas trop con, la gente, au début.
C’est comme un animal.
Ca ne commence à devenir trop con, la gente, que quand c’est pris en main par la Bêtisation Nationale.
La on lui apprend à la gente que la terre, tout d'abord, il faut l'appeler lithosphère.
Cela fait il est vrai beaucoup plus sérieux.
L'air autour, c'est l'atmosphère.
La vie, ce sera la biosphère.
L'eau, l'hydrosphère, avec un pé et un hache à chaque fois s'il vous plaît.
Et un autre hache plus un y-grec devant pour rendre les choses plus logiques.
C'est vrai en fait, pourquoi irait-on appeler idrosfere ce qui s'appelle eau, con pourrait écrire O, quand on peut l'appeler hydrosphère?
Alors la gente, (ils sont gentils mais ils s'en fichent,) quand on leur complique un peu trop les choses comme ça, ils flippent...
Ils commencent à dire :"ah ouais, ah ouais !"
Et quand ils en arrivent à ce stade de la bêtisation, c'est qu'ils n'ont rien compris.

Et cela est le but recherché.
Ceux là sont devenus manipulables.
Les alphas, eux, continuent inlassablement d'apprendre, des alphas qui étaient alphas bien avant eux, ce qu'ils enseigneront plus tard aux alphas qui seront alphas bien après eux.

Les autres continuent d'apprendre de plus en plus de choses qui ne servent à rien, pour obtenir les diplômes.
Et lorsqu'ils ont perdu beaucoup de temps, le plus longtemps possible et qu'ils ont obtenu un grand diplôme qui prouve leur bêtisation complète, ils vont finalement « travailler ».*

Le travail, en principe , consiste à extraire la matière première créée par la nature et nécessaire à son bon fonctionnement, pour la transformer en produits inutiles créés par les safados à leur profit et vendus à la gente, à qui l'on a fait apprendre par cœur en cours de bêtisation, que de ces produits, elle ne peut pas s'en passer.

Mitou, pour des raisons personnelles, un peu indépendantes de sa volonté, n'a pas pu être bêtisé officiellement.
Il n'avait pas le temps car cela coûtait cher d'être bêtisé à plein temps.
Alors, il a préféré commencer par travailler.
Mais comme il a du tempérament, il s'est bêtisé tout seul, aux cours du soir, tout en travaillant.
Malheureusement, comme il s'est bêtisé tout seul, il ne s'est peut-être pas bêtisé autant que les autres, au début.
Alors il n'a pas eu de grands diplômes.
Et pourtant il travaille.
En fait il travaille depuis toujours.
Il ne savait pas d'ailleurs, qu'on pouvait ne pas travailler.
Il l'a appris un jour en lisant dans un journal, un article écrit par un monsieur qui se plaignait d'être au chômage depuis 20 ans.
Etre au chômage, c'est une autre invention des humains.
C'est être payé pour ne pas travailler.
Il en a été tout retourné, Mitou.
Et il a pensé au pauvre bougre qui était au chômage depuis si longtemps.
Et il a réalisé que s'il n'avait pas eu de chance lui, il aurait pu être au chômage depuis des dizaines d’années.

Parce que sa spécialité à Mitou, tout au début, il y a si longtemps, c'était "laveur de barriques de vin blanc", dans le village  où il est né.
Alors quand, dans ce village, ils sont passés à ne produire que du vin rouge, il aurait pu être au chômage, puisque le vin rouge n'était pas sa spécialité.
Heureusement que par fanfaronnade, pour lutter contre le sort qui ne lui avait pas permis d'être bêtisé officiellement il a décidé de changer de spécialité. Il s’est recyclé. Il s’est mis au vin rouge. Et il a progressé.
Il s’est donc re-recyclé et a rechangé de spécialité, et de village.
Et il a depuis beaucoup voyagé, lui qui a horreur des voyages. Et c'est grâce à cela que l'on s'est rencontrés et qu'il n'a jamais pu être au chômage.
Maintenant sa spécialité, c'est l'aéronautique.
Bien sur, ce n'est pas sa spécialité d'origine mais on s'en contente.
Il fait dans les avions.
Les avions c'est un peu comme les oiseaux puisque ça a des ailes. Mais cela fait du bruit et ça pollue, avec deux « Ls ». Ca crache sa propulsion de plus de vingt tonnes de poussée par moteur, à 800 degrés centigrade dans un environnement vivant tranquillement à moins cinquante degrés, là-haut. 
Bien sur que ça le choque, ça, à l'environnement, là-haut... Mais à quoi bon le dire ?
Qui pourrait être intéressé, à part l’environnement, la-haut ?
On va quand même pas arrêter de fabriquer des avions?

Le Mitou, lui, aujourd'hui, il est ingénieur.
Ingénieur sans diplôme, mais ingénieur quand même.
Il est presque aussi bêtisé que ses collègues à gros diplômes .
Tellement que les autres, bêtisés à gros diplômes, lui demandent parfois, parce qu’ils sont un peu jaloux peut-être:
-"Mais comment peux-tu faire ce travail d'ingénieur toi, alors que tu n'as pas le diplôme, toi?"
A quoi il répond invariablement :
-"Moi, je n'ai pas besoin d'un diplôme parce que je ne suis pas con !"
-" Les diplômes c'est quand on est con qu'il faut en avoir, autrement on n'a pas de travail!"

Et comme ils sont bêtisés officiels, ils ne comprennent pas, c'est normal, ce genre de plaisanterie un peu fanfaronne.
De toute façon quand on vous bêtise officiellement, on ne vous apprend pas la différence qu'il y a entre la bêtise et la connerie.
La différence on ne l'apprend qu'en se bêtisant tout seul.

Certains humains s'étaient aperçu au tout début qu'il étaient bêtes et méchants naturellement.
Assez étonnamment, bien que bête, ils montraient  une tendance naturelle à essayer de se corriger .
Tellement que cela devenait dangereux pour le safado qui n'allait plus pouvoir manipuler l'humain.
Le safado a donc dû trouver une nouvelle parade.
Il a enseigné à l'humain que c'est vrai, l'humain est bête et méchant, mais pas lui, l'autre.
Cela fait que depuis, chaque humain sait que l'humain est bête et méchant, mais pas lui, l'autre.
Il ne faut pas croire, ce n'est pas con un safado..
Les meneurs naturels ont aussi créé la morale.
Du moment qu'il y a des choses morales il y en a bien entendu des immorales.
Les safados se sont donc occupés de développer ces dernières.
Ce sont celles qui rapportent le plus et le plus rapidement puisqu'elles sont interdites par la morale.
On ne peut donc les faire qu'en cachette.
Et tout ce qui se fait en cachette se paie.
Et ça se paie à qui ?
Exactement ! Tu l’as deviné.

Si la gente savait que la morale est une invention de l'humain, elle comprendrait si elle voulait que l'immorale a la même origine.
Et cela pourrait l’inciter à découvrir que si la providence, elle, représente le bien et l'équilibre, le mal, lui, c'est dans l'humain qu'il est.
Et il est donc à portée de la main de tout le monde.
Il suffirait donc que chacun veuille bien se donner la peine de se le découvrir son mal à lui, qu’il a en lui et il ne lui resterait plus qu’à se le contrôler son mal à lui pour que les choses tournent un peu moins mal pour les autres…pour tous les autres.
Mais ne volons pas trop haut car on va manquer d'oxygène, pour l’instant revenons-en à nos safados.

Puis avec toute cette gente qui arrivait de partout, les meneurs ont été amenés à créer des principes de fonctionnement.
Et pour ce faire les meneurs se sont créés trois pouvoir.
Pourquoi pas ?
Ils ont besoin de se donner le change les humains.
Ils se sont donc donné un pouvoir législatif pour créer des lois.
Pourquoi toujours pas ?
Puis le pouvoir judiciaire pour condamner, de temps en temps, ceux qui ne sont pas gentils avec eux.
Puis le pouvoir exécutif qui mettra en prison ceux qui ne sont pas gentils avec eux et qui n’auront pas suivi leurs lois.
Ils se sont arrangés bien entendu de faire en sorte que les safados puissent trouver les méthodes qui leur permettent soit de contourner légalement la loi, soit d'appliquer la loi en leur faveur.
Et c'est bien sur toujours possible.
Surtout pour un safado.
Il ne s’agirait pas de mettre un safado en prison.

Alors puisque les meneurs avaient créé les lois et la justice et les juges pour appliquer les lois, les safados ont eux transformé tout ça en injustice en gardant les noms d'origine.
On ne pourrait pas appeler un juge d’injustice un injuge.
Ca se verrait trop.
Même pour la gente qui s’en fiche.
Les safados ont eu une nouvelle idée de génie. Ils ont créés les juges publicos et ne leur ont attribué qu’un tout petit salaire.

Ensuite ils ont créé les avocados privados.
Et ils ont rendu, puisque privados, les avocados payants.

Et plus on les paye aux avocados et plus ils vous trouvent innocents, les avocados.
Donc plus ils vous jugent bien les avocados plus on les...exactement!
Et comme cela les avocados décident des lois entre eux, et ordonnent aux juges injuges de distribuer à qui ils veulent les peines qu'ils ont eux-même décidés, entre eux, les avocados.
Et tout rentre dans l'ordre.
Dans l'ordre des avocados, C'est certes pas toujours facile de convaincre un innocent qu'il est coupable.
Il y en a des têtus de ces bougres d'espèces d'innocents.
On en connait un, le mitou, il a fallu plus de cinquante ans pour le convaincre.
C'était un rude çui-là!
Finalement à l'aide de suppression de vrais témoignages en sa faveur et d'application de moulte faux témoignages en sa défaveur il a finalement été con vaincu.
Et con damné, évidemment, et équitablement, bien sûr, et même jusqu'après sa mort.
De toute façon il pouvait pas être innocent puisqu’il n’avait plus un rond.

Ils lui avaient tout piqué !
Il en a mis un temps pour comprendre, çui-là!

Donc de nos jours, les safados contournant de plus en plus les lois, les meneurs s'épuisent à créer de nouvelles lois pour empêcher que les safados aillent en prison .
Les meneurs sont très fatigués.
Car en plus d'essayer de contrôler autant que faire se peut sans se faire mordre et sans les mettre en prison les méfaits des safados, il faut aussi d’un autre côté qu'ils surveillent l'évolution de la bêtisation de la gente.

Les alphas, eux, continuent leur train-train.
Ils ne sont pas dangereux.
On les envoie dans les grandes écoles . Ils sont bien encadrés par des alphas qui étaient alphas bien avant eux, donc, ils font ce con leur dit.
En principe, ils cherchent.
Ils ne savent pas quoi, alors ils continuent de chercher.
Et ils ne trouvent pas.
Moi, simple petit perroquet sauvage et étranger, je sais qu'ils ne peuvent pas trouver, puisqu'ils ne savent pas ce qu'ils cherchent.
Et puis il vaut mieux qu'ils ne trouvent pas.
Imaginons un peu ce qu'il se passerait s'ils trouvaient le moyen de créer un moyen pour détruire la gente.
Allez savoir ce qu'ils pourraient bien en faire.
Allez donc savoir quand vous êtes bêta ce qu'il se passe dans une tête d'alpha avec pé hache.

Mais revenons à nos safados.
Les meneurs qui n'arrivaient plus à suivre ont été amenés à essayer de créer "les grands principes" pour essayer de contenir tout le monde.
Ils ont pensé à établir  " Les droits de l'homme et du citoyen !" qui sont devenus grâce aux safados "Les droits de l'homme et du citoyen riche !"
Plus on est riche plus on a de droits.
Ca se défend. Surtout quand on est riche.

Les pauvres, eux ils s'en foutent, puisqu'ils sont gente et qu’ils n’ont rien. Ils n’ont rien à défendre.
Ils auraient tout de même pu penser aux droits de la femme, même de la femme riche !
Mais non pas!
La femme a, de toute façon, depuis toujours, été de la denrée consommable .
Et donc bien entendu, les safados se sont depuis toujours occupés de la commercialiser, cette denrée rare qu'est la femme.
La femme en général est remplie de qualités.
Les qualités de la femme normale en général ne se voient pas.
Elle est discrète la femme normale en général. Elle est gente , donc gentille et pudique. Elle garde ses qualités à l'intérieur et n'en fait profiter que ses proches, ses enfants en général et son compagnon en particulier.
Cela les ennuyait beaucoup aux safados de ne pas pouvoir connaître les qualités que les femmes normales avaient à l'intérieur.
Donc, ils ont cherché, les safados, et bien entendu qu'ils ont trouvé. Ca trouve toujours un safados.
Pour découvrir les qualités que les femmes normales ont à l'intérieur, à l'aide d'un miroir aux alouettes, les safados ont attiré à eux pour les apprivoiser, les femmes anormales qui ont leurs qualités à l'extérieur.

Parce que les femmes c'est comme ça.
Ou bien elles sont normales et ont plein de qualités à l'intérieur, et cela ne se voit pas.
Ou elles sont anormales et ont leurs qualités à l'extérieur.
Et cela se voit.
Mais comme en principe on ne peut pas avoir les deux, si on les a à l'extérieur on ne les a pas à l'intérieur.
Cela se verrait.
Les qualités internes des femmes normales sont, la volonté, la patience, la sagesse, le courage, la tendresse entre autres.

Les qualités externes sont surtout physiques.
De longues jambes bien galbées, un joli bassin, une jolie frimousse, de jolis seins haut placés.
Mais tout à l'extérieur.
Alors, comme celles là n'ont pas grand chose à l'intérieur, il n'a pas été très difficile aux safados de les attraper et de les apprivoiser.
Ils leur ont d'abord appris à ne pas savoir marcher.
Une femme aux qualités extérieures ne sait plus marcher normale­ment.
Elle se déplace en se dandinant, en lançant son bassin d'un coté à l'autre et en faisant un mouvement de talons tellement étrange à chaque pas que cela pourrait être comique, si cela n'avait été étudié par les safados.
Elles prennent, se faisant, un regard très subtil qui permet à la gente de voir à l'intérieur, à travers leurs yeux bien délimités par des couches successives de maquillages multicolores et de constater qu'effectivement en général, il n'y a pas grand chose à l'intérieur.
Tout est exposé, à l'extérieur.
Puis, les safados utilisent ces femmes aux qualités extérieures là, pour, par exemple et entre autre, porter des vêtements nouveaux à chaque saisons de l'année, qui sont huit, comme chacun sait, depuis que les safados ont inventé les intersaisons.Ces vêtements, les safados qui les font fabriquer eux mêmes pour une bouchée de pain, les vendent aux femmes normales à qualités internes à des prix exorbitant.
Et quand les femmes à qualités internes revêtent les vêtements fabriqués sur les femmes à qualités externes, elles laissent souvent entrevoir leurs qualités internes...
Et ainsi, les safados sont contents.
Mais comment se dira-t'on, les femmes à qualité internes tombent elles dans un piège aussi grossier, puis qu'elles sont les moins bête ?
Le safado ! Encore lui !
Parce que le safado, à l'aide de moulins à vent, a su persuader la gente homme que la seule femme intéressante était la femme à qualités externes.
Et la gente homme y a cru, puisque c'est gentil la gente et que c'est pas con les safados.
Et en plus, l'homme normal a l'œil directement relié au cerveau.
Et le cerveau, bien que modifié par la providence est directement relié au pantalon.
C'est facile à remarquer.
Il suffit de regarder un homme normal en présence d'une femme à qualités externes. Plus la femme laisse apparaître ses qualités externes et plus le pantalon de l'homme se soulève.
Sans l'aide de ses mains.
Donc, les femmes à qualités internes qui souhaiteraient voir de temps en temps le pantalon de leurs compagnons monter pour elles sans l'aide de leurs mains, achètent les vêtements des femmes anormales à qualités externes.
Les safados eux, sont contents.
Les femmes à qualité internes, elles, sont malheureuses.
Malgré toute la graine dépensée pour voir monter le pantalon de leur compagnon sans l'aide de ses mains, cela ne fonctionne pas.
Le compagnon préfère toujours regarder les qualités externes des autres femmes.
A chacune ses qualités.
Et ceci n'est bien entendu que l'une des utilisations des femmes à qualités externes pratiquées par les safados.
Une des plus gentilles.
Il y en a bien d'autres, comme par exemple d'enseigner à l'humain homme que la femme la plus intéressante c'est pas la sienne, c'est celle du voisin .

Et il le croit l’humain homme!
Ils le croient tous ! Et ça prouve bien leur bêtise !
Et ça les rend malheureux et envieux de la femme du voisin.

Ils auraient dû se marier avec la femme du voisin en premier !
C’est que c'est malin un safado !

Puis les meneurs ont créé la liberté, l'égalité et la fraternité.
Les safados se sont appliqués à apprendre à la gente qu'il fallait qu'ils soient plus libres et plus égaux les uns que les autres. Qu'ils devaient eux même choisir leur frère (ou leur sœur). En insistant bien sur le fait qu'il était beaucoup plus décent d'avoir un frère (ou une sœur ) avec la même couleur de peau que la sienne.

Parce que bien que nous, les animaux, nous ne fassions pas de différence entre eux, il se trouve que les humains, en fonction de leur position géographique sur la planète ont une peau qui n'a pas la même couleur.
Là où le soleil tape plus fort et plus longtemps la providence a donné à la peau de l’humain un peu plus de résistance, pour le protéger.
Tout le reste est pareil, les organes, le sang, la bêtise, c'est pareil.
La seule différence, c'est la couleur de la peau.
Alors vous pensez bien que les safados n'allaient pas laisser passer une aubaine pareille.
Ils ont exploité cette différence aussi bien entendu. Et pas dans le bon sens, comme on peut s’en douter si on a bien suivi.

On parlera de ces humains différents tout à l’heure.

Puis les meneurs ont aussi créé "la souveraineté nationale".
Ça, ce ne fut pas une trouvaille.
Cela donne le droit à tout safado au pouvoir dans un pays, de faire tout ce qu'il veut à l'intérieur de son pays, sans que personne n'ait le droit d'intervenir.

Dans le pays d'où je viens, où les femmes sont belles et les hommes virils, où tout marche en musique, au son des tambourins, les safados ont décidé, au nom de la "souveraineté nationale" de détruire la magnifique foret que la nature a mis tant de milliers d'années a créer.
La gente de là-bas, même si elle ne s'en fiche pas, n'y peut rien.
Car tout est manigancé par les safados.
Et là-bas autant qu'ailleurs la gente ne peut rien contre un safado.
Parce que les safados de là-bas sont couverts aussi par la souveraineté nationale.
Mais, il n'y a pas droit d'intervention bien que la destruction de cette dernière immense forêt,,appelée aussi le poumon de la planète, accentue de manière considérable le déséquilibre déjà existant, qui va nous amener bientôt à respirer à tour de rôle.
Moi, je m'en moques, j'ai de tout petits poumons.
Un tout petit peu d'oxygène seulement me suffit.
Mais Mitou, grand comme un jour sans graines de tournesol, ça va lui manquer l'oxygène...
Il faut dire aussi que cette destruction du dernier poumon de la planète se trouvant dans un pays de troisième rend aussi bien des services pour des raisons plus ou moins avouables à beaucoup de safados des pays de première.
Donc il faut laisser faire , tout en faisant semblant d'être ému.
Et puis si on se souvient bien, la terre était, avant la prolifération des humains, une immense forêt.
Qu'en est-il donc advenue de cette forêt du monde entier pour qu'il ne nous reste plus que ce poumon?
Et si nos safados à nous se sont permis de détruire toute notre forêt à nous sans encombre aucune, comment nos meneurs pourraient ils se permettre maintenant de s'opposer à la destruction de la forêt d'autrui protégée d'autant plus par la souveraineté nationale ?

La gente est la victime naturelle du safado.
La gente est la raison d'être du safado.
On serait tenté de croire que sans la gente il n'y aurait pas de safado.
Puisque la raison d'être du safado c'est d'exploiter les autres et de leur prendre par tous les moyens ce qu'ils ont, si il n'y avait pas la gente, qui s'en fiche, à qui est-ce qu'ils pourraient bien le prendre ?
Pas aux meneurs de gente naturels, ils ne se laisseraient pas faire.
Et puis il n'y en a pas beaucoup...
Pas aux meneurs héréditaires, ils ne se laisseraient pas faire non plus.
Et puis il y en a encore moins...
Et pas non plus aux meneurs par force, car comme ce sont de méchants cons, ils peuvent être dangereux.
Et le courage n'est pas le fort des safados.
Alors peut-il exister une meilleure proie pour les safados que cette masse de gente qui est bonne et qui s'en fiche?

On sait que pour les faire se battre, les safados ont divisé la gente en groupes différents qui ne se comprennent pas et qui croient à des dieux différents.
On va découvrir maintenant, que pour exploiter la gente, les safados ont fabriqué, des moulins à vent, et des miroirs aux alouettes.
Comment voulez vous que cette gente s'y retrouve .
Les safados étant à la base les instruments du mal sur terre, opèrent sur toute la surface de la planète.
Ils n'ont pas de frontières.
Et leur façon d'opérer est toujours la même.
Par contre, le monde étant divisé en trois classes composées elles mêmes de plusieurs pays, il est intéressant de noter que le résultat des safadesses des safados est différent en fonction de la classe dans laquelle elle est accomplie.

Le principe de fonctionnement des safados est simple.
D'abord ils ont bêtisé la nature humaine.
Maintenant, et c'est normal, ils exploitent la bêtise humaine.
Il leur aura suffit d'étudier soigneusement le caractère de la gente, ce qui est facile, car la gente c'est gentil et ça s'en fiche, donc ça ne s'en cache pas.
Pour ça, ont été créés les pissicologos, comme l'on dit dans mon pays, qui sont appelés les psychologues dans le pays de Mitou, là où on aime les choses compliquées, que nous appelerons nous les pissis pour simplifier.
Puis les safados entouré des pissis, pour simplifier, ont testé leurs systèmes sur la partie femme de l'humain.
Car les pissis se sont vite aperçu que la partie homme de l'humain était, bien qu'il s'en défendit, très intéressé par la partie femme.
C'est naturel puisqu'ils ne peuvent pas se reproduire l'un sans l'autre.
Donc pour manipuler les hommes à leur guise, les safados utilisent leurs compagnes.
Ils ont pour cela mis au point un système très efficace, dérivé directement du miroir aux alouettes. Lorsqu'ils se sont aperçu que le système était au point, ils l'ont utilisé sur la gente en général.

Le miroir aux alouettes en fait est une expression imagée pour designer le terme scientifique de : «Moyen Efficace Dénaturalisant les Ignorants Affables».
Que l'on pourrait aussi en fait appeler le média, pour simplifier.
Mais pour la gente, le média, ça ne voudrait rien dire.
Alors qu'un miroir aux alouettes, tout le monde sait ce que c'est, et à quoi ça sert. D'abord, ça attire l'attention en envoyant des reflets agréables dans toutes les directions, sans en avoir l'air.
Ça produit aussi des sons mélodieux et rythmés qui laissent envisager des choses plus agréables encore.

Alors la gente qui aime les reflets agréables et les sons mélodieux et rythmés s'approche pour mieux entendre et mieux voir.
C'est normal.
Et quand on est assez prêt et qu'on ne s'y attend pas :" Pan !", on en prend plein le bico.
Quand on est humain, on se fait avoir moralement , au sens figuré comme on dit, mais on est eu quand même. On se retrouve moralement obligé d'acheter, ou de prendre ou de croire en ce pourquoi le miroir a été utilisé.
Quand on est animal c’est pas pareil. Un oiseau de préférence et alouette en particulier, c'est une volée de plomb que l'on prend, et du vrai.
Parce que, et on ne le dira jamais trop, que c'est gentil, la gente.
Et comme c'est gentil, ça a bon cœur. Et comme ils ont bon cœur ils aiment aussi beaucoup les animaux.
Il y a ceux qui, comme Mitou, aiment les animaux intelligents .
C'est pour cela qu'il m'a choisie.
Ensuite il y a ceux qui aiment les animaux, mais pas les problèmes.
Ceux là choisissent des animaux préfabriqués, domestiqués et bêtisés, comme le cheval, le chien ou le chat.
Il y a ceux qui recherchent la douceur et la tranquillité, comme les enfants.
Ceux là préfèrent les animaux en peluche qui ne mordent pas et à qui on peut faire n'importe quoi.

Puis il y a ceux qui aiment les animaux sauvages.
Et là, ça crée des problèmes.
Parce qu'un animal sauvage, ça a été fait sauvage par la providence pour maintenir l'équilibre.
Donc comme ils n'ont pas eu le cerveau déphasé, les animaux sauvages continuent à jouer le jeu.
Qu'il soit papagaio, lion ou éléphant, ou papillon , l'animal sauvage ne se laisse pas approcher.
Et c'est là que le conflit éclate.
Car l'humain, avec son cerveau déphasé, insiste.
Il veut un animal sauvage qu'il aime bien.
Et comme il ne peut pas l'approcher et qu'il a inventé le fusil, il va chercher l'animal sauvage qu'il aime bien avec un fusil.
Et quand de loin, avec son fusil, il voit son animal sauvage qu'il aime bien mais qu'il ne peut pas approcher, il le vise et : " Pan ! ça y est je l'ai eu !", il dit.
Et c'est là que le déphasage du cerveau de l'humain se démontre le mieux.
Car pour avoir le plaisir de s'approprier un animal sauvage qu'il aime bien mais qu'il ne peut pas approcher – Pan! Il le tue!
Et à quoi ça sert un animal que tu aimes bien quand tu l'as tué.
A rien, puisqu'il est mort.
Et l'humain gente chasseur, qui est gentil et qui n'a rien compris, repart en chercher un autre puisqu’il n’a pas eu le premier.
Il était mort.
Et ainsi de suite.
Ça n'en finit pas, puisqu'il tue le deuxième, et le suivant.
C'est comme ça un humain gente chasseur.
Nous, les animaux sauvages on a beaucoup de mal à s'y faire.
C'est vrai que même pour un animal intelligent c'est difficile à comprendre l'humain, surtout lorsqu'il est gente. L'humain meneur ou safado c'est clair, on les connaît. Mais la gente, c'est gentil, la gente.
Pourtant essayez donc d'expliquer à un animal sauvage que l'humain qui vient de lui tirer un coup de fusil l'aime bien.
C'est pas certain qu'il vous croira, surtout s’il est tué!
C'est méfiant un animal sauvage.
Et ces histoires de gente aux cerveaux déphasés et au trop plein d'énergie à canaliser ça ne les intéresse pas trop aux animaux sauvages.

Et pourtant, c'est cette énergie de gente que les meneurs ont pour mission de canaliser et les safados pour passion d'exploiter.
C'est étonnant de voir la quantité d'énergie que peut produire une gente.
Une grande quantité de gente produit donc une énergie énorme, que les meneurs s'efforcent de canaliser et les safados d'utiliser à leur profit.
Pour faire toutes sortes de choses, mais pas le bien.
Si toute cette énergie de gente était utilisée pour faire le bien, ce serait le paradis, cette planète.
Ca n'est pas le but.
Ça n'intéresse pas les safados de vivre au paradis, puisque au paradis, dit-on, il n'y a que le bien.
Et c'est pour cela que le monde reste ce qu'il est.
Alors nous, perroquets sauvages et étrangers en plus, on est bien obligé de les suivre et de s'adapter comme on le peut à leur système. D'autant plus que nous, qui sommes intelligents on le sait bien qu'il n'existe pas le paradis.
Encore heureux que l'on puisse écrire ce que l'on a à dire. Bien que cela ne soit possible que dans les pays de première.
On n’a le temps et le droit de penser seulement dans les pays de première.
Dans ceux de deuxième, on n'a pas le temps, ni le droit.
Dans ceux de troisième on n'a pas le droit, ni le temps.
Donc pour maintenir cette énergie sous contrôle, les meneurs et les safados, chacun de leur coté, mais avec des intentions différentes, utilisent le stratagème de la carotte et du bâton.
On présente une carotte, la gente s'avance pour la prendre, et Pan ! elle reçoit un coup de bâton venant on ne sait d'où .
Là, on dit à la gente :"C'est machin qui t'a flanqué le coup de bâton !".
Et la gente va décharger son énergie sur machin.
Machin qui, surpris, va décharger, une fois remis, son énergie à lui sur la gente, ou sur son frère ou sur quelqu'un des siens, s'il n'en a point, de frère.
Bien entendu il s'agit d'une image.
C'est tout de même bien plus subtil, la gente.
Depuis que je vis dans ces pays de première, je suis émerveillée de remarquer la subtilité utilisée pour canaliser et manipuler l'énergie de la gente.
Dans certains cas, par exemple, on utilise deux gente hommes et on leur fait décharger leur énergie l'un contre l'autre.
Ce qui sert aussi à canaliser l'énergie de tout un tas de gente autour.
Le jeu consiste à mettre ces deux gente sur une plate-forme entourée de quatre cordes, le tout placé au milieu d'une grande salle. Dans cette salle, on fait rentrer le plus possible de gente que l'on place tout autour de la plate-forme.
Aux deux gentes de la plate-forme, on leur mets de gros gants rouge à chaque mains.
Les gants sont rouge pour qu'ils se voient bien.
Parce que la subtilité de ce moyen canaliseur d'énergie, c'est de taper le plus fort et le plus rapidement possible dans les gants de son adversaire pendant des périodes de trois minutes.
Le but c'est d'arriver à la fin des périodes avec assez d'énergie pour pouvoir embrasser son adversaire.
Le moins subtil des deux est déclaré vainqueur.
La gente autour participe en criant.
-"Vas'y machin ! Tape machin !"
Alors souvent, le plus subtil, quand il entend la gente hurler, pour faire plaisir à la gente, il fait des fioritures, et des ci, et des là...
Souvent, le plus subtil, lorsqu'il voit que son adversaire a lancé son gant, dans lequel il tient la main fermée en direction de son gant à lui, qu'il tient devant son visage, pour tromper l'adversai­re, il sort son gant de devant son visage.
Et vlan ! C'est là le piège pour le moins subtil, qui, ainsi, va gagner la rencontre.
Parce que comme le moins subtil qui a lancé son gant vers le gant que l'autre tenait devant son visage, et que l'autre, plus subtil, a sorti son gant sans prévenir, il ne peut lui, le moins subtil, retenir son gant dans lequel il tient la main fermée, qui va taper dans le visage du plus subtil.
Le public, gente, explose son énergie.
Le plus subtil se couche plus ou moins rapidement sur le plancher.
Un monsieur en blanc se penche discrètement sur le plus subtil pour lui dire qu'il a perdu.
Puis le monsieur en blanc fait semblant, avec sa main de rallumer la lumière.
C'est un rituel. Parce que souvent le plus subtil, qui est couché pense que quelqu'un a éteint la lumière.
Puis celui qui est couché se relève et cours vite embrasser son adversaire, ce qui était en fait le but de la rencontre.

C'est gentil, la gente.
Mitou adore ce jeu là.
Quand il assiste à ce jeu là, il est inabordable.
C'est pour cela que j'ai du en apprendre les règles toute seule.

Ils en ont plein des jeux subtils comme celui là pour canaliser les énergies de la gente, les humains.
Tous plus subtils les uns que les autres.
Je me demande cependant s'il n'y aurait pas quelques safados infiltrés quelque part dans ces rencontres.
Parce que, si il y a de la graine, il y a forcement des safados pour s'efforcer d'en faire du venin.

De toute façon, c'est tout de même mieux ces jeux subtils là, entre gente, que celui qui consiste à tirer des coups de fusil sur des canards...
Pour ce jeu là il faut tout d'abord élever des canards sauvages en captivité.
Donc, déjà, ils ne sont plus sauvages.
Ils viennent comme tout un chacun manger dans la main de la gente. Ils se lèvent au chant du coq, et se couchent comme les poules, comme la gente.
Ils ne sont plus sauvages.
Quand ces canards là sont devenus adultes, la gente se réunit en groupe d'une vingtaine de gente ayant tous de beaux fusils tout neuf bien plein de munitions et ils partent dans la foret avec leurs chiens dressés en bandoulière et emmenant dans des cages ces beaux canards domestiqués sauvages.
Comme les chasseurs, c'est bien connu, aiment les canards, pour éviter que leurs canards ne se perdent, ils les sortent à tour de rôle de leur cages et leur arrachent quelques plumes d'une aile, et d'une seule. C'est une astuce.
Et l'on comprendra, si l'on veut, pourquoi plus tard.
Puis ils jettent le canard domestiqué sauvage et maintenant déséquilibré en l'air et se mettent, à vingt chasseurs plus leur chiens à tirer sur l'animal déséquilibré qui instinctivement, et on se demande bien pourquoi, essaie tout de même de s'enfuir.
Parce qu'il pense, oui, ça pense un canard. Il pense que peut être la provi­dence a décidé de le laisser s'enfuir.
En fait ça arrive quelquefois, mais c'est très rare, qu'il ne soit pas tout à fait tué par les fusils des chevaliers téméraires.
C'est rare.
Parce qu'un oiseau, c'est un peu comme un avion. Si on lui enlève les plumes d'une seule aile, il se crache.
C'est ça l'astuce.
Et quand il s'est craché le canard domestiqué sauvage déséquilibré, si les vingt chasseurs chevaliers téméraires l'ont seulement blessé, les vingt chiens domestiqués en général ne le manquent pas, eux.
J'ai personnellement souvent essayé de découvrir la subtilité de ce jeu là, canaliseur d'énergies aussi, mais je n'y suis pas parvenue...
La subtilité m'échappe.
L'hypothèse la plus plausible serait que cette gente là, ces groupes de chevaliers téméraires abatteurs de canards domestiqués sauvage déséquilibrés, seraient en fait des safados déguisés en gente...
Parce que la gente on le sait c'est gentil.
On a vu que c'etait subtil aussi et que pour décharger son énergie ça n'hésite pas à prendre des risques quand ça tape très fort dans des gants rouges.
Par contre les safados, c'est visqueux, c'est puant , c'est lâche. Ça fait ses coups en douce, mais sans prendre de risques.
Et dans ce cas précis, le seul risque qu'ils prennent, ces chevaliers serait de tirer dans le chien du voisin ou dans le sien.
C'est certainement ça.
Cette gente là, c'est pas de la gente.
C'est du safados déguisé.

Il y a bien aussi la gente pécheur du dimanche.
C'est normal ils aiment les poissons. C'est bien normal qu'ils les aiment, puisqu'ils sont nos ancêtres, les poissons. Et c'est pas facile à approcher non plus un poisson.

Il y a bien aussi les chasseurs à courre.
Eux c'est encore plus normal puisqu'ils sont, cette fois pas en général mais en principe, descendants alternés de meneurs génétiques imbéciles.
Il y a bien encore aussi quelques chasseurs d'éléphants.
Safados sans le savoir qui tue l'éléphant pour faire de la graine en vendant son ivoire, mais qui font du venin...
Safados en le sachant qui tue l'éléphant de loin avec un joli fusil à lunette pour se prouver à lui même qu'il est ce qu'il est.
Et qui se le prouve.
Car il l'est.

En règle générale, Mitou non plus n'aime pas les jeux canaliseur d'énergie dans lesquels des animaux sont pris à partie.
Car il a remarqué que ce sont toujours les mêmes qui perdent. Et que ceux qui peerdent, ce sont toujours ceux qui n'ont pas le fusil.
Ya pas jeux ! pense-t'il.
Mais les animaux acceptent.
Ils savent que c'était au départ la volonté de la providence.
Et puis les humains, inhumains par nature et bêtisés par force aiment ça, donc pour le moment on n'a pas trop le choix, nous, les animaux.
En plus, dans certains cas, la situation s'améliore.
Des chasseurs d'éléphants par exemple, il n'y en a presque plus, puisqu'il n'y a presque plus d'éléphants.

Il y a cependant un de ces jeux canaliseur d'énergie dans lequel un animal est impliqué, dont on ne peut parler qu'avec respect et émotion.
Ça s'appelle une course.
Sur le continent d'où je viens, on dit la corrida, parce con est étranger.
Les plus belles et émouvantes corridas ont lieu dans un pays de première et canalisent l'énergie de toute la gente de ce pays.
Même les intellectuels les mieux bêtisés éprouvent des difficultés pour trouver des adjectifs capables de donner des qualificatifs adéquats à l'importance fantastique de cette représentation sublime qui, me desculpe por favor, frise la divination.
Je n'aurais donc pas l'impudence de traiter d'un sujet aussi important.

Ou simplement pour en dire en toute humilité que le jeu consiste à abattre en y mettant le plus de temps possible un animal apprivoisé et préfabriqué à cet effet.
Dans les pays industrialisés et relativement normaux, une gente seule abat en moyenne cent taureaux par jour pour la consommation courante.
Là, dans ce pays et dans quelques autres, ils n'ont pas encore découvert comment il fallait faire.
Et pourtant, là aussi, l'animal sait.
Il sait qu'il faut qu'il donne des coups de cornes lorsque la cape de la gente montre le coté rouge, et qu'il arrête d'en donner quand la cape est coté jaune.
Il obéit .  Il sait.
La providence l'a choisi.
Elle lui a dit : -"C'est l'heure, petit, il faut y aller !".

Il aurait pu, s'il n'était pas obéissant, demander à la providence d'être envoyé dans un pays industrialisé pour mourir sans souffrir puisque c'est fait pour ça, aujourd'hui, un taureau.
Mais non, c'est obéissant un taureau.

Il sait aussi qu'il va mourir.
Parce qu'il sait que le sang qui coule par ses naseaux vient de ses poumons, troués par la lance du picador.

Il ne sait pas par contre , le taureau aux poumons troués, que ces coups de lances qu'il a reçu dans les côtes aujourd'hui  représentent les coups de lances reçus par le fameux Jésus lorsqu'il a été crucifié il y a longtemps, si longtemps déjà.
Il ne sait pas non plus, le taureau, que les banderilles qui sont plantées dans son échine et qui le torturent depuis le début de ce qui doit être une fête puisqu'il y a tellement de gente qui applaudissent, représentent la couronne d'épines que le petit Jésus avait sur la tête lorsqu'il portait sa croix, quand il fut grand, en montant son calvaire.

Il sait qu'il va mourir, là, maintenant, le taureau, pour le plaisir très saint de ce public très croyant.
Parce que la providence l'a choisi, à lui, aujourd'hui.

Mais il ne sait pas non plus, el toro, que la façon de croiser les bras du toréador qui va lui porter l'estocade qui va le tuer dans quelques secondes, représente la croix sur laquelle jésus a été crucifié.

Et c'est vrai que c'est sublime.
Je suis sure que Jésus, de là-haut, doit se régaler de voir, qu'à chaque fois con tue un taureau de la sorte, c’est pour lui.
Il voit con ne l'oublie pas.
C'est pas la peine qu'il revienne. Il voit con pense à lui, ici.
En fait, le taureau, il meurt après avoir été torturé pour amuser les gens, sans savoir tout ça.
Et il vaut mieux qu'il ne sache pas.
Parce que s'il savait, il mourrait malheureux, le taureau.
Car il saurait très bien, lui, le taureau, que c'est pas lui qui l'a crucifié à Jésus.
Ça ne fabrique pas des croix un taureau.
C'est pas lui non plus, le taureau, qui a fabriqué la couronne d'épines.
Il ne sait pas faire les couronnes d'épines, le taureau.
Ce n'est pas lui non plus qui a cloué Jésus sur la croix, le taureau, parce qu'il ne sait pas se servir d'un marteau.
Et puis il n'était pas né.
Et puis c'est pas des façons de faire de taureau ça, de clouer des gens innocents sur des croix.
Ça, ce sont des façons de faire d'humains...D'humains safados.

Pas d'humains gente.
Et le taureau, s'il avait su tout ça, il serait mort malheureux. Parce qu'il n'aurait pas pu dire que ce n'était pas lui.
Puisque  ça ne parle pas, un taureau.
Et la gente d'ici ne le sait pas que ça ne parle pas un taureau, car, vous pensez bien que si ils le savaient que les taureaux  ne parlaient pas et donc ne pouvaient pas expliquer que ce n'est pas eux qui ont cloué Jésus sur la croix, vous pensez bien que, comme ils sont gente, ils les laisseraient tranquilles aux taureaux, la gente, puisqu'ils sont gentils.

Finalement, en fonction du nombre de meneurs et de leur clairvoyance à des moments donnés, et de leur corollaires les safados et leur safadesse, des positions se sont établies dans différents pays , donnant à certains plus d'influence qu'à d'autres.
Il y a, dans ce monde désordonné, des pays à plusieurs vitesses.
Ceux de première, de deuxième ou de troisième vitesse.
Les pays de troisième, en fait, ce sont les plus simples à gérer.
Comme ils sont très pauvres, qu'il n'y a plus rien à en tirer, tout ayant été déjà soutiré, volé et gaspillé, il n'y a plus beaucoup de safados.
Dans les pays de deuxième, par contre, c'est là qu'il y en a le plus.
Ces pays là sortent d'une position de troisième pour se diriger vers une de première.
Comme il n'y a pas encore de structures bien établies par des meneurs naturels, qui ont été éliminés par les safados lorsqu'ils étaient encore en troisième, tous les coups sont permis.

Les safados prolifèrent dans les pays de deuxième.

Il y a donc là beaucoup de gente, qui souffre beaucoup plus qu'ailleurs, parce qu'on leur fait beaucoup plus de misères qu'ailleurs.
Des pays de première, il n'y en a pas beaucoup. Ils se comptent entre-eux sur les doigts de leurs mains.
Il y a bien sur des safados en grande quantité, en première.
Mais ils sont tous connus et se connaissent tous.
Bien qu'ils sévissent toujours et partout, leur pouvoir est relativement limité puisqu'ils se surveillent.
Ils n'ont pas trop le droit d'agir trop loin, sinon ils marchent chez le voisin.
On les laisse opérer cependant, car des fois ils peuvent être utiles.
Ce qui intéresse le plus un meneur de première, c'est d'être le premier.
Quand un meneur d'un pays de première peut se vanter d'être le meneur du premier pays de première il faut reconnaître que c'est quelque chose émotionnant.
C'est vrai. 
Cependant pour arriver meneur du premier des pays de première sans l'aide des safados faisant des safadesses, c'est impossible.
Les safados s'investissent beaucoup.
Ils font plein d'actions pour s'investir.
On peut même dire qu'ils s'investissent en actions...
Les actions, c'est quelque chose que les safados ont inventé qui permet à ceux qui ne veulent pas se lever matin pour gagner de l'argent, à gagner de l'argent en restant couché...
C'est pas con cà!!!
Eh oui! Mais ça a été créé par les safados! Alors!!!-???
Eh oui! Alors les actions sont devenues "Les Mauvaises Actions".
Dans les pays de première les safados ont installé des super-machines pour vendre leurs mauvaises actions à la vitesse de l'éclair!!!
Ils vendent les mauvaises actions... avant de les avoir achetées !!!-???
Un peu comme si moi je te vendais à toi, alors que je ne te connais pas encore!!!

-C'est vraiment pas con les safados!!!

Alors les autres, qui sont propriétaires des mauvaises actions et qui s'aperçoivent que d'autres les vendent... vite les vendent eux z'aussi !!!
Ils les vendent ... à bas prix le plus vite possible... à bas prix !!! Le plus vite possible !!!
Et les premiers safados qui ont vendu des actions à haut prix, avant de les avoir, les achètent maintenant à bas prix...
T'as pas tout compris??? Oui, je te comprends... C'est pas toujours facile à comprendre un safado...
Reviens en arrière et reprend lentement autant qu'il le faudra...
Tu t'endormiras mieux ce soir
Tu ne me crois pas ??? Tu as tort, c'est comme pour l'eau potable, renseignes-toi...

Et c'est donc pour cela que les safados des pays de première prolifèrent et ont les coudées contrôlées, mais franches.

Et ils prolifèrent surtout parce que leur nourriture principale, la gente, prolifère également.





 (haut de page)







L’humain gente





   Eh oui ! la gente. Et on l’aime la gente.
Une foule de gente, c’est comme un grand cœur avec plein de petits cœurs à l’intérieur.

Et comme je l’ai certainement déjà mentionné, la gente se fiche un peu de tout, mais elle est gentille.
Et parce qu’elle est gentille, la gente, elle fait ce con lui dit.

Si par exemple aujourd’hui, ce con lui dit qu’il faut acheter une voiture automobile, demain la gente achète une voiture, puisque c’est ce con qui lui a dit. Et après demain quand elle écrase un enfant avec sa voiture elle est malheureuse, la gente, parce que ce con lui a pas dit en lui vendant la voiture, c’est con pouvait écraser des enfants avec.
Car vous pensez bien que si ce con lui avait dit con pouvait écraser des enfants avec une voiture automobile, la gente, puisque c’est gentil, elle n’aurait pas acheté de voiture automobile.
Il aurait suffi con lui dise très fort, car c’est distrait aussi la gente, con lui dise très fort, à la gente, qu’une voiture automobile ça écrase beaucoup d’enfants et de vieillards quand on s’en sert comme on s’en sert.
Les enfants et les vieillards c’est aussi pareil, c’est gentil.
C’est distrait, puisque c’est gente aussi.
Dans ce cas, la gente, si elle avait su ça, gentille comme elle est, elle aurait fait attention.
Et elle n’aurait plus écrasé d’enfants ni de vieillards.

Et il y aurait donc beaucoup plus de gente moins malheureuse aujourd’hui.
Parce que c’est malheureux une gente qui écrase un enfant ou un vieillard.
Mais comme elle ne sait pas, il faut attendre que la gente écrase un enfant, ou un vieillard, pour qu’elle soit prudente et malheureuse avec sa voiture.
Il suffit pour s’en rendre compte de surveiller une gente au hasard qui roule vite en voiture. Elle est heureuse, cette gente.
Elle ne deviendra raisonnable, et malheureuse, qu’après avoir écrasé un enfant, ou un vieillard.

C’est comme cela, la gente.
C’est quand même dommage. Si elle ralentissait avant, elle ne serait pas malheureuse, puisqu’elle n’aurait pas écrasé d’enfant, ou de vieillard.
L’enfant ou le vieillard ne serait pas mort écrasé. Mais il n’en saurait rien, donc il ne serait pas plus heureux.
Ni la famille de l’enfant ou du vieillard ne serait pas plus heureuse , puisqu’elle ne saurait pas que son enfant ou son vieillard n’a pas été écrasé.
Mais au moins, elle ne serait pas malheureuse d’apprendre que son enfant ou son vieillard a été écrasé.

Bon, ce n’est pas toujours aussi simple que l’on aurait tendance à le croire, la gente.
Et pourtant.
La gente est fondamentalement bonne. On ne peut pas parler de gente mauvaise.
Cela n’existe pas. Ca se saurait. 

Dans le pays d’où je viens on dit gente est gente.
Et c’est suffisant.
C’est un grand compliment que l’on fait à quelqu’un de l’inclure dans la gente.
Et quand en plus on l’appelle « gente boa », ce qui signifie gente bonne, c’est formidable.
Mitou a eu du mal à s’en remettre quand on lui a dit qu’il était une « boa gente ».
Il fallait voir comme il était ému. Surtout que ce n’est pas courant pour un gringo de devenir gente boa.
Gente boa ou boa gente c’est pareil.
En fait moi j’en suis sure que Mitou est gente. C’est vrai qu’autour de lui il y a des personnes qui en doutent.
Pourtant, moi qui le connais bien, j’en suis sûre.
Il a fait beaucoup de bien dans sa vie Mitou.
Et il a fait très peu de mal.
Cependant, le bien qu’il a fait, il l’a fait si mal...Et le mal qu’il a fait, il l’a fait si bien, que je comprends très bien que certains, qui ne le connaissent pas bien, puissent  douter de son appartenance a la gente.
Moi j’en suis sûre, Mitou est gente boa.
Il s’est pourtant fait secouer une fois et une autre par quelques safadas de ruisseau qui l’ont fait tomber de l’échelle pendant qu’il essayait de leur décrocher la lune. Non , non ce n’est pas une image !
Mais pour la gente boa, d’un mal découle un bien.
Mitou est gente.
Ses parents sont gentes.
Ses amis sont gentes aussi.

Quand il était jeune, comme toute la gente, il a crée sa famille de gente.
Il aurait pu écouter providence qui lui disait à l’oreille :
-« Attention ! Pas celle là ! Pas celle là ! »
-« Mais si, mais si ! Celle là ! Elle pleure ! Il faut la consoler !»
Alors il la voulait il l’a eue !
Elle aussi elle l’a eu !

Il est gente ! Alors…
Providence lui a donné deux beaux enfants bien sains, une fille et un garçon. Mitou était heureux.
Il a travaillé dur pour gagner la graine nécessaire pour nourrir sa famille.
Et il a construit lui-même la cage pour abriter sa famille.
Elle était belle sa cage.
Il y avait un grand parc devant, avec de grands arbres.
Il était heureux le Mitou.
Sa cage était belle, ses enfants étaient beaux.
Ses enfants sont devenus gente tout de suite. Ils étaient bien. Ils avaient de la graine, du reste ils s’en fichaient.
Bref, ils étaient heureux.

Sa compagne, par contre, ne disait jamais si elle était heureuse, et ça, ça le chagrinait un peu à Mitou.
Il faut dire qu’il a sa logique à lui Mitou.
Ce qui est déjà un peu étrange car quand on est gente il faut avoir une logique de gente.
Malgré tout Mitou pensait que, et ça aussi c’est étrange de penser quand on est gente, il pensait que, quand on est heureux, il faut dire que l’on est heureux, ou tout au moins il ne faut pas faire semblant d’être malheureux.
Parce que Mitou pensant que sa compagne était malheureuse, puisqu’elle ne disait pas qu’elle était heureuse, a essayé de comprendre ce qui n’allait pas et a cherché des solutions pour que ça aille.
Et une fois de plus il s’est planté.
Il s’est planté doublement.

D’abord, quand on est gente, on ne pense pas et on ne cherche pas des solutions.
Ensuite on n’essaie pas de faire aller les choses qui vont.
C’est un principe technique naturel.
Quand on essaie de faire marcher quelque chose qui marche, on le détraque. Ça s’arrête ! 
C’est sûr ! Puisque ça marchait avant con le répare!
Alors Mitou qui se posait toujours des questions pour essayer de faire marcher ce qui marchait déjà, a commencé à regarder dehors, c’est à dire hors de son milieu naturel, qui était le milieu de la gente.
Et il a dit:
-« Tiens si on sortait pour voir si ça va mieux dehors? »
-« Oh oui ! Oh oui ! »  sa compagne a dit.
-« Oh boff ! » ses enfants, qui sont gente , et qui donc s’en fichaient, ont répété.

Alors Mitou, pensant bien faire, a construit son tandem auquel il a accroché deux remorques pour ses enfants, et ils sont tous partis ensemble gravir les montagnes de la vie en abandonnant pour toujours la belle cage.
Mitou devant, au guidon, sa compagne à la place arrière, et les enfants qui étaient bien, qui étaient petits, qui étaient gente, dans les remorques.

C’était une erreur.
Lorsque l’on a une vocation de gente, on n’abandonne pas impunément un monde de gente et une cage de gente pour essayer de faire marcher quelque chose qui marche.
Quand on quitte un monde de gente, on ne peut qu’entrer dans un autre monde déjà occupé, soit par des meneurs de gente naturels, soit par des meneurs héréditaires, soit par des meneurs par force ou bien par des safados.
Il lui a fallu très longtemps à Mitou pour le comprendre.
C’est humain. Et un humain lorsque c’est gente ça ne peut pas, puisque c’est bêta, ça ne peut pas comprendre vite.
Puis, il est gente et montait les montagnes de la vie dans un monde qui n’était pas le sien et qu’il ne connaissait pas.

Il découvrit très vite la différence entre les deux mondes.
Le monde de la gente est plat.
Il y a juste quelques petites collines ça et là, mais très petites. On les monte facilement, et on les descend sans danger.
Si on tombe on ne se fait pas mal, et il y a toujours une gente à côté pour aider la gente par terre à se relever.
Dans l’autre monde qui n’est pas celui de la gente, ça monte toujours. Ça monte très fort, et ça tourne aigu.
C’est fait exprès pour éviter qu’il y ait trop de monde.
Et ça marche.

Parce que, comme ça monte très fort, ça descend aussi très vite, et si tu ne fais pas attention, quand tu descend comme ça tourne aigu, tu te craches.
Alors Mitou, qui avait peur de faire tomber tout le monde en descendant trop vite, il s’est contenté de monter.
C’est pas facile quand tu vas dans un monde que tu ne connais pas, qui n’est pas le tien et où ça monte .
Pendant tout ce temps, il montait, souvent en danseuse parce que c’était dur, les mains crispées sur le haut du guidon, négociant les virages du mieux qu’il le pouvait.
Il montait, donc ils montaient.
Mais comme toute son attention était concentrée sur la route qui montait devant lui pleine de tournants aigus, il n’avait pas trop le temps de regarder souvent derrière lui.
Il jetait seulement de temps en temps un regard furtif par dessus son épaule et apercevait les remorques des enfants bien propres, entretenues qu’elles étaient par sa compagne.
Et il  parvenait de temps en temps à voir les enfants qui sortaient un peu les pieds pour les laisser traîner sur le bitume.
Alors il gueulait un bon coup.
Car non seulement c’est dangereux de laisser traîner ses pieds sur les routes de mondes qui ne sont pas les vôtres, mais en plus ça rend la montée encore plus difficile, puisque ça montait toujours.
Tout rentrait rapidement dans l’ordre car les enfants étaient gente. Donc ils comprenaient vite. Peut-être qu’ils s’en fichaient un peu aussi.
Ils avaient un peu peur aussi, des fois.

Par contre, ce qu’il ne voyait pas Mitou, c’était sa compagne.
Parce que comme elle était à la place arrière, juste derrière lui, et que lui était concentré à surveiller la route et à jeter de temps en temps des regards furtifs derrière sur les enfants, il n’avait pas le temps de tourner un peu plus la tête pour voir si sa compagne allait bien.
Il pensait qu’elle était bien, car c’était surtout pour elle qu’il pédalait, en danseuse, dans un monde qui montait.  Il n’entendait pas non plus ce qu’elle disait. En fait elle ne parlait pas beaucoup par devant. Elle parlait surtout par derrière.
Quand il l’entendait murmurer dans son dos il pensait toujours qu’elle parlait aux enfants.
C’est difficile quand on est sur un tandem, que ça monte, que les remorques font du bruit, que le vent siffle dans les oreilles, de comprendre ce que les compagnes disent.

Il a finalement compris Mitou.
Un jour, il y a quelque temps déjà, après avoir monté tant de montagnes pendant tant d’années, arrivé presque au sommet de sa dernière montagne, il a trouvé un faux plat et l’a pris sans hésiter.
En fait il commence a connaître ce monde bien qu’il ne soit pas le sien, et sait très bien prendre un faux plat de temps en temps.
Surtout que les enfants qui sont beaux, qui sont gente, bien que toujours en remorque, sont devenus, d’abord adolescents et puis adultes.
Donc il a pris ce faux plat, s’est mis en roue libre, s’est lâché d’une main, puis s’est retourné vers sa compagne.
Et il s’est aperçu, stupéfait, qu’elle avait encore et toujours l’air malheureuse, comme si rien n’avait changé, comme avant de monter toutes ces montagnes en pays étranger.
Il en a été tout d’abord éberlué.
-« Ça ne va donc toujours pas ? » lui a- t’il simplement demandé ?
Et elle a dit le reste :
-« Oui, c’est toujours toi qui conduit !
- Tu vas toujours là où tu veux !
- A moi mon guidon est fixe !
- Et je suis toujours obligée de suivre!
- ..et j’en passe ! »... Con-trit !

De stupéfait puis d’éberlué il est devenu tout con trit le Mitou.
Après tout ce temps occupé à grimper ses montagnes sur un tandem, il s’aperçoit qu’il s’est trompé.
Et que sa compagne aussi l’a trompé.
De temps en temps, sans qu’il s’en aperçoive, elle avait furtivement changé de vélo.
Et maintenant elle aurait préféré avoir son propre vélo, pour pouvoir tourner et freiner quand elle en aurait envie, avec qui elle en aurait envie, sans avoir à se cacher pour le faire...
Il comprend aussi pourquoi des fois il avait tant de peine à faire avancer le tandem.
Il croyait que c’était les enfants qui traînaient les pieds, pour jouer. Il faut bien que ça joue des enfants.
Mais non, c’était sa compagne qui freinait, en cachette , sans rien dire.
Lui, il ne pouvait pas voir, car quand elle freinait il était obligé de grimper la tête dans le guidon, puisque ça forçait beaucoup plus à ces moments là.
Il faut bien que ça joue une compagne.
Surtout quand elle n’a rien d’autre à faire qu’à freiner en cachette.

Il comprit tout d’un coup.
Ce fut providentiel.
Il sait pertinemment que sur cette planète il y a tellement de raisons naturelles pour être malheureux qu’il lui en coûte de dire que grâce à des safadas, juges verreuses,avocadas perverses et marronnes et fausses témoigneuses il est un homme heureux, car il a des scrupules.

Un safado ou une safada ça n’a pas de scrupules, alors qu’une gente ça en a.
Puisque scrupule, du latin « scrupulous », signifie «  petit cailloux dans le soulier », quand on est gente, donc que l’on est sensible et que l’on a un cailloux même petit dans son soulier, ça gène. 

Et Mitou a fini par comprendre qu’il n’aurait jamais du quitter son monde de gente, ce monde tout plat, avec seulement quelques collines faciles a passer.
Il est pourtant trop tard.
Des montagnes quand c’est monté, c’est monté.
C’est comme un acacia tri-centenaire.
Quand c’est coupé, c’est coupé.
Des montagnes montées en tandem ça ne peut pas se descendre en marche arrière.
Il faut les descendre en avant, prudemment, en prenant tout son temps.
Puis il n’a pas eu le temps de se morfondre puisqu’il m’a eue , à moi.

S’il n’était pas passé par ma montagne, je ne l’aurais jamais rencontré et il y a longtemps que j’aurais terminé mon cycle terrestre.
Alors pour l’instant, je l’aide à retrouver son beau monde de gente.
Il y a tant d’amour dans ce monde de gente.
Et c’est si bon de donner "
sans rien attendre en retour".
Tellement meilleur que de prendre.
De donner de l’amour. Et avec tout son cœur.
C’est comme ça la gente, et c’est vrai que toujours, c’est gentil.

Et puis, des fois ça sait, la gente.
C’est comme ça ,la gente.
Souvent ça sait sans le savoir, la gente.
Alors, puisque ça sait sans le savoir, ça le dit sans parler.
C’est très difficile de dire ce que l’on ne sait pas que l’on sait sans parler.
Et c’est pour cela que l’autre gente ne comprend pas.
L’autre gente, c’est l’immense majorité de cette énorme masse de gente qui vit sur cette planète .
Et qui a la chance de vivre sans savoir que le royaume des cieux lui appartient.
Parce qu’ils en ont les mains pleines ils pensent qu’ils n’ont rien d’autre à savoir que ce qu’ils ont appris en cours de bêtisation.
Se lever le matin de bonne heure pour aller gagner jusqu’au soir tard la graine nécessaire pour nourrir sa famille .
Puis, fatigué à mourir, allumer le miroir aux alouettes qui leur indiquera le moulin à vent qui se chargera de pomper la graine qui reste.
Quand il n’en reste plus, ce n’est pas grave.
On l’emprunte.
C’est facile.
Il suffit d’aller à la grande maison aux cinquante étages avec les murs en marbre, pleins de gens qui sourient et qui ont dans les yeux des reflets bizarres, en forme de « $ ».
Pas besoin de frapper .
On entre et on dit -: »Je voudrais... », et c’est tout.
Pas la peine de prendre l’ascenseur.
Pour la gente, c’est au rez-de-chaussée.
Il suffit de signer le papier qui va bien.
Ils se chargent du reste. Ils s’occupent de toutes les tâches sans importances et pourtant si compliquées, comme le montant des intérêts, les primes d’assurances, les intervalles de remboursement, tout ça...
Faut dire que c’est pas un travail rigolo ça.
Heureusement qu’ils sont là pour le faire, ce travail là.
Ils sont bien gentils.
La preuve que c’est pas marrant, ce travail là, c’est que même ces gens là, qui pourtant le connaissent, lorsqu’ils l’ont fait ce travail là, après qu’on ait signé, ils ne sourient plus...
Il y a cette gente là aux mains pleines qui fait tout ce qu’il faut comme on lui a appris.

Puis il y l’autre gente qui sait sans le savoir que ça, il ne peut pas le faire.
Cette vie là, il ne pourra pas la vivre.
Il ne peut pas le dire.
Il en a un peu honte.
Il est très malheureux.
Il ne sait pas quoi faire.
Et alors il se shoote.

Il se shoote en buvant.
Il y a la gente qui boit, qui sait pourquoi elle boit et qui défend très fort celui qui boit parce qu’il a raison.
Aujourd’hui qu’il boit plus, il sait aussi pourquoi, et il défend très fort ceux qui ne boivent plus, parce qu’ils ont raison.

Il se shoote en fumant.
Il y a la gente qui fume, qui sait pourquoi elle fume et qui défend très fort tous les autres gens qui fument parce qu’ils ont raison.
Quand il ne fume plus, il sait aussi pourquoi et défendra très fort ceux qui ne fument pas, parce qu’ils ont raison.

Ils ont chacun raison et en sont convaincu.
Et souvent ils se le démontrent, entre eux, entre gente.

Un jour « o Séou Roubinho » le grand ami de Mitou était assis à une table du café du coin et buvait une bière.
C’est son plaisir ça à Séou Roubinho, depuis qu’il ne boit plus et qu’il ne fume plus.
Il va s’asseoir au café du coin pour consommer une bière, ou deux.
Il ne prend que des petites, de demi litre, à chaque fois.
Donc ce jour là , une gente est venue s’asseoir près de sa table et s’est mise à fumer.

Séou Roubinho, puisqu’il ne fume pas s’est trouvé dérangé et a dit à la gente fumante.
-« Dis, mon frère, »
(Il appelle toujours la gente qu’il ne connaît pas mon frère, ou ma sœur si c’est une fille, Séou Roubinho,)
- « Je me suis installé à cette table pour boire ma bière tranquille, parce qu’elle est réservée aux clients non fumeur ».
Et il avait raison.
A quoi la gente fumante répondit, tenant à peu près ce langage :
-« A toi, ton plaisir c’est de boire de la bière. Tu peux la boire en paix, ça ne me dérange pas. Mon plaisir à moi, c’est de fumer, donc, laisse moi fumer en paix!»
Et il avait lui aussi raison.
Puis, fort satisfait par ce raisonnement empreint d’une grande logique, il continua à fumer en paix, puisqu’il avait raison.

Séou Roubinho qui a du caractère, et qui s’est bêtisé tout seul aux cours du soir lui aussi, savait que lui, il avait encore plus raison que l'autre.
Et il l’a démontré.
Sans avoir l’air de rien, il a, par en dessous , en toute discrétion, uriné lentement dans la chope de bière qu’il venait de vider.
C’était dans la petite, celle d’un demi litre seulement.
Lorsqu’elle fut bien pleine, il se leva, s’approcha de la gente fumante, et lui versa le contenu de la chope sur la tête, délicatement, sans en faire trop tomber à côté en disant

-« Mon frère, ton plaisir c’est fumer. C’est ton plaisir à toi, je le respecte donc. Cependant, le résidus de ton plaisir à toi, la fumée, envahit mes cheveux à moi, recouvre mes habits à moi, et pénètre mes poumons à moi... Permet moi donc mon frère, s’il te plaît, de te faire profiter, en échange, du résidus de mon plaisir à moi…»

Ce qui nous paraît être d’une fort grande logique.
Et pourtant, la gente fumante, qui est gente, donc gentil par définition, après un long moment d’étonnement et de surprise, n’a pas su apprécier le résidus du plaisir de Séou Roubinho.
Son comportement, par la suite, a même démontré que la tendance qu’a la gente de croire que ce sont les anciens fumeurs devenus non fumeurs qui ont mauvais caractère était erronée.  
Dans le cas présent, ce fut clair, c’est la gente fumeur qui fit preuve d’un mauvais caractère évident...


Un jour, dans le Prater, nous avons rencontré une gente jeune,


Un
Jeune  qui se shootait, s'abreuvait d'apéros,
Se pourrissait le sang de poisons illicites.
Ce Jeune se shootait, se gavait de techno.

Se bourrait le cerveau de sons électroniques.
Plus tard c
e même Jeune se shootait à la dure,
Après avoir
fumé autant qu’il le pouvait
Cette herbe parfumée qui ne suffisait plus
.
Il en était au stade où l'on fait des piqûres

Ce jeune, solitaire, ne pouvait pas parler.
Il ne savait pas dire. Il était trop sensible.
Plus sensible qu’un autre, ne voulait déranger
Et pourtant il savait, savait ce qu’il faisait.
Savait qu'en faisant ça il plongeait dans un gouffre,

S
avait qu’il avait mal, puisque c'est lui qui soufre...
Mais savait en pensant qu’il faisait sans savoir.
Puisqu’il ne savait pas, il criait sans rien dire
Il criait à son père il criait à sa mère,
Il criait à ses profs, à ces gens qui enseignent,
Il criait à tous ceux, aveugles hypnotisés
Par la course au profit, noyés dans le système

C
riait tant qu’il pouvait dans un très grand silence:
-"Je fais ça car j'ai honte! Car je sais que tu doutes !
J
’ai besoin de fraîcheur, de beauté, de lumière,
Ne trouve que laideur, cruauté et misère !"

-"J'ai besoin que l'on m'aide, que l'on m'aide à vous dire

Que c'est moi le malade, mais vous qu'il faut soigner.
Je comprends que l'on doute, car je sais sans savoir,
sans savoir vous le dire; c'est pourquoi je m’en vais...!"

Et il s'en est allé...





 (haut de page)





Les humains différents



 Un jour, j'ai essayé de lui faire comprendre que eux, les humains, ils sont tous différents, comme nous.

Nous avons des perroquets blancs, des perroquets noirs, des perroquets jaunes, des perroquets bleus, des ...etc.
Dans une autre catégorie on trouve des chevaux blancs, des chevaux noirs, des chevaux jaunes, des chevaux bleus, des ...etc
Puis des chiens blancs, des chiens noirs, des chiens jaunes...etc
Et des poules blanches, des poules noires, des ...etc

Et donc, des humains blancs, des humains noirs, des humains jaunes, des humains bleus, des humains rouges, des ...etc.

Chaque humain est donc différent de l'autre...

Mais comment ont ils fait pour croire qu'ils sont tous supérieur aux autres?

Eh oui! C'est parce qu'ils sont tous plus …. les uns que les autres.

Et même chaque humain est différent de lui-même à chaque cycle de sa vie.
Un humain n'est pas le même quand il est enfant, quand il est adolescent, quand il est adulte,(parce que là il devient un demi-humain. Quand il est adulte un demi humain à besoin d'une autre moitié d'humain pour pouvoir se reproduire. Donc deux moitié faisant un entier, l'humain adulte est un demi humain...) quand il est ancien, puis quand il est vieux, puis quand il n'est plus...

A ce moment de mon récit, j'ai compris à son regard voilé scrutant l'horizon ainsi qu'à la position en accent circonflexe de ses sourcils, que Mitou n'avait pas tout attrapé... Il en avait laissé tomber au passage...

Tant pis, me dis-je, puisque c'est écrit il pourra le lire et relire jusqu'à c e qu'il comprenne.

En fait le sort nous a bien aidés car un jour, c’est arrivé par hasard, on est arrivé chez les autres.
Chez d'autres humains comme les autres mais que les autres qui sont pourtant les mêmes appellent des humains différents.
Allez donc savoir pourquoi?

Parce qu’en fait il n’y a entre eux tous que, soit la forme de leur corps, soit leur comportement, soit la couleur de leur peau, soit leur façon de vivre qui sont différentes.
Tout le reste est pareil. Le sang, les organes, les sentiments, même la bêtise est la même...

Ne cherchons pas trop à comprendre.

Nous étions partis en mission spéciale en Orient. A la porte d’un autre monde. Dans un endroit où vivent d’autre gente, des gens différents, les premiers différents chez qui nous avons vécu.

Une fois par an, à une époque de l’année, ces gens se réunissent à un endroit de la terre où, disent-ils, est enterré le prophète, leur prophète.
C’est-à-dire celui qui n’est pour l’instant que leur prophète à eux.
Pas encore le prophète des humains de chez Mitou .
Nous, on n’en a pas encore besoin, on en a plein, chez nous, des prophètes.
On n’en parlera donc pas beaucoup de leur prophète à eux puisqu’on ne le connaît pas.
Mais on en parlera quand même, juste un peu. Des fois que ça nous apporte quelque chose.
Moi je m’en fiche je suis un oiseau. Je ne suis qu’un oiseau.
Il y a tellement de choses à savoir et à voir chez ces différents là pour ceux qui ne sont pas des oiseaux, ou pour ceux qui sont de drôles d’oiseaux!
Tout d’abord ce que l’on remarque ici, c’est le grand mystère.
Ici il n’y a pas d’humaines.
Partout ailleurs il y en a partout. Des de toutes les formes et de toutes les couleurs. Des qui montrent leurs formes, des qui les cachent...
Ici il n’y en a pas. C’est mystérieux.. Ils doivent donc avoir ici un gros problème pour se reproduire. Parce que la nature c’est pour tout le monde pareil. Pour se reproduire il faut impérativement un male et une femelle.
Ici il n’y a que des males enturbanés de blanc. Il y en a partout. Ils marchent dans les rues en se tenant la main.
Et pourtant ils se reproduisent.
On voit plein d’enfants dans les rues accrochés à des grands sacs noirs qui déambulent.
Le sac noir c’est un autre grand mystère de l’orient.
Ici, en orient, il y a des tapis volants et des grands sacs noirs déambulants.
Des tapis volants je n’en ai pas vu, mais des sacs noir si ! Il y a en plein. Quand on a pris l’habitude on en voit partout. Ils longent les murs et passent à l’ombre. Et accrochés à eux il y a plein d’enfants, des garçons et des filles. Oui, oui, des filles, mais des petites. Des grandes il n’y en a pas.
Au début j’ai pensé que peut-être ils les mangent quand elles sont petites.
Mais non ! Sinon ils ne pourraient pas se reproduire s’ils les mangeaient!
Et ils se reproduisent puisqu’il y a plein d’enfants. 
En plus ils sont gentils, ici.

Et ils aiment les enfants, ici. Ils les aiment proprement, ici, aux enfants.
Dans les pays qu’ils appellent développés, mon pays ou celui de Mitou par exemple, mais ailleurs qu’en orient, les humains les plus développés aiment les enfants, salement.
On s’en rendra compte tout à l’heure, si on arrive jusque là en découvrant l’histoire de «Grande sœur rayon de lune» et de son petit frère « Chevreuil ardent ». quand nous serons chez Les humains Jaune.
Dans les pays de Mitou ou de moi c’est pareil et si c’était possible ce serait même pire. On enlève des enfants pour le plaisir de les torturer de les faire souffrir, de les humilier. Si on se fait attraper quand on va trop loin, quand on les tue trop , on ne risque rien. On attrape un tortionnaire au hasard et on le met à l’ombre un moment pour le protéger et c’est tout.
Il faut c’est vrai le protéger.

Parce que quand on est un papa ou une maman d’un enfant enlevé et trop torturé et trop tué, on risque de ne pas être trop content si on se retrouve devant un tortionnaire de votre petit enfant.

Alors on les protège ces tortionnaires des pays de première attrapés.

Ici, ces pratiques sont inconnues. On ne tue pas les petits enfants. On les aime et on les respecte. Et bien vous savez quoi ? Les petits enfants vous aiment et vous respectent aussi ! C’est pas croyable non ?
Quand on allait boire le thé chez les amis de Mitou il y avait toujours trois ou quatre enfants sur ses genoux .
Ils venaient sur lui pour m’approcher et essayer de jouer avec moi.
-« Attention, les petits, ne l’attrapez pas parce qu’elle mord ! »
- Qu’ils essayent tu vas voir !
-« Montre ton aile ju ! Fais voir comme elle est jolie ! »
- Et c’est parti ! Qu’est-ce qu’il m’embête avec ça !
-«Oh ! comme elle est intelligente ! Fais voir ju, fais voir ? »
Tout le monde voulait me voir montrer mon aile. Et quand les enfants étaient fatigués de m’embêter, ils s’endormaient. Les enfants d’ici s’endorment sur vos genoux. Même s’ils ne vous connaissent pas. Ils ne connaissaient pas la crainte. Comme si le mal ici n’existait pas. Ils ne sont donc pas méchant?

La première fois que nous sommes sortis de notre nouvel appartement, ici, en orient, Mitou a cherché la clef pour fermer la porte et ne l’a pas trouvée.
Tiens comme c’est étrange ! Il n’y avait même pas de serrure à la porte ! Mais ?
Le voisin, qui était d’ici, lui, mais qui avait voyagé, comprenant sa surprise lui a expliqué qu’ici, il n’y avait pas de voleurs.
Quoi ? Mais qu’est-ce que c’est que ces pays où il n’y a pas de voleurs !
Et à quoi servent donc les juges alors ?
Ici il n’y a pas de juges ici, puisqu’il n’y a pas de voleurs, il n’y en a pas besoin! Il n’y a pas d’injustices de chez nous, ici !
Oh qu’ils sont compliqué ces gens là ! Mais tant pis, il faut s’y faire puisque l’on est chez eux.
-« Mais pourtant, il y a des policiers ! J’en ai vu ! A quoi servent-ils alors ? »
C’est qu’il est vif mon copain Mitou !
-« Eh oui, lui répondit en souriant gentiment le voisin d’ici et qui avait voyagé, c’est qu’il y a aussi, ici, des gens qui viennent d’ailleurs, de là-bas, de chez vous…».

Tiens, tiens ? Faudrait-il…ne faudrait-il pas ?… Mais nous avions tellement de choses à faire que nous n’avons pas eu le temps d’essayer de comprendre comment pouvait fonctionner un pays sans voleurs, sans criminels sans trafiquants de drogues ou assassins d’enfants.
C’est sans doute dommage…
Pourtant, après un certain temps on s’est habitués. Et de temps en temps on en voyait des voleurs étrangers par-ci par-là, dans la foule. Mais ils ne volaient plus maintenant. Ceux que l’on rencontrait ils n’avaient volé qu’une fois. Quand il leur manquait la main droite, on savait qu’ils étaient gaucher. 
Quand on s’intéresse à la gente, avec l’habitude, c’est fou ce que l’on apprend. Ceux qui avaient volé deux fois, il leur manquait la main, et la tête. 
De ceux là, on n’en voyait pas beaucoup.   
Nous aurons sans doute un jour l’occasion de réfléchir à tout ça lorsque nous serons revenus au pays de Mitou, là on a toujours le droit de voler et de tuer des enfants sans se faire embêter, si l’on fait partie des races protégées. 
Mais pour le moment le Mitou ayant terminé sa mission nous repartions once again vers une autre destination, vers un autre pays,Au pays des humains à la peau noire...

C’est à nouveau ici un autre continent. Je les ai tous connu, je les ai tous vécu, les continents . Et je crois que finalement je les ai tous compris.

Avant, je savais seulement la vie. C’est Providence qui me l’a enseignée.
Je ne connaissais pas l’humain.
Donc avant, quand je n’avais rien vu de l’humain, quand je ne savais rien de l’humain, je croyais.
C’est bien normal de croire quand on ne sait pas. On croit ce qu’on vous dit, puisque l’on est gentil.
Mais aujourd’hui, ça y est, je sais. Je sais puisque j’ai vu.
Alors je ne crois plus, puisque je sais.
J’ai été un gentil petit oiseau protégé par providence à l’école de la vie.
Tout ce que je sais je l’ai appris toute seule.
J’ai sagement suivi le sage Maturana, cet homme à la peau noire qui répétait souvent le soir, dans sa prière:
 « Ne m’imposez donc pas ce que vous connaissez. Je voudrais explorer l’inconnu et être la source de mes propres découvertes. Que le vécu soit ma libération, pas mon esclavage. Le monde de votre vérité peut devenir ma limitation, votre sagesse ma négation. Ne m’instruisez pas, marchons ensemble. Que ma richesse commence donc là ou la votre s’arrête.

Et c’est grâce à lui que j’ai beaucoup appris de la vie des humains.
Que j’ai tout appris toute seule, puisque je suis une animale.
Cela m’a permis de découvrir ces humains là, ceux d’ici.
Ces humains à peau noire qui se sont fait tout seuls, eux aussi, puisqu’ils vivent depuis toujours au beau milieu des animaux sauvages instruits par providence.
Ils nous ont donc copié.
Parce qu’au début, ici, ils étaient les premiers. 
Ils étaient là avant tout le monde.
Après nous les animaux, certes, mais avant les autres, les humains.
Le premier humain choisi par la nature pour se tenir debout, c’est lui, l’humain noir. Le premier qui a commencé à travailler, c’est lui.

C’est le premier quoi.
Celui qui était là avant tout le monde.
Donc c’est lui, leur ancêtre, qui détient la sagesse et que l’on doit respecter. 
Pourtant  aujourd’hui, il semble qu’il est le dernier… Comme c’est étrange. 
A cause de qui ? A cause de quoi ?
C’est pourtant ici, dans le cœur de ce continent que peut encore se trouver tout ce dont l’humanité aurait besoin pour retrouver son équilibre, dans le cas ou elle en aurait envie.
Il y a ici, encore, de la nature, de la vraie, de la profonde.
Les envahisseurs des pays de première qui avaient esclavagé le continent en entier il y a de cela très longtemps, sont aujourd’hui repartis en oubliant de tout détruire.
Il reste encore plein d’arbres, des hauts.
Il reste même des animaux, des beaux, même quelques éléphants, des gros !
Et il reste aussi et il reste encore un grand nombre de gente d’ici qui pour des raisons pratiques ne sont pas bêtisés. Les grands frères au visage pale des pays exploitants pleins de grands principes s’étaient rapidement rendu compte que pour profiter au maximum et en toute tranquillité des richesses de ce continent il ne fallait surtout pas bêtiser sa population locale. Il suffisait de rechercher les alphas locaux, il n’y en avait beaucoup puisqu’il n’y en a qu’un par classe et qu’ici il n’y avait pas de classe et de les bêtiser à eux.

Le reste pouvait être utilisé de but en noir. Sans problème et sans frais.
Ainsi ont fonctionné, et pendant très longtemps, les grandes exploitations humanos-forestières, humanos-agricoles et humanos-minières, à plein rendements.
Il y a dans le sud de ce beau continent de ces visages pales exploitant qui n’avaient pas tout compris. Par soucis des grands principes ils ont tenu à bêtiser de la gente locale. Bien sûr que ça n’a pas marché ! Ils se sont fait coincer ! Ils se sont même fait prendre "à partheid" par leur cousins développés et hypocrites des autres continents.
Parce que les cousins blancs d’ici ont eu la naïveté d’expliquer et d’appliquer ouvertement les sentiments que les cousins blancs hypocrites de chez nous appliquent sans expliquer.
C’est vrai enfin ! Pourquoi aller bêtiser de la gente que l’on peut exploiter sur place et sans frais.

Aujourd’hui, de cette belle gente là il en reste beaucoup. Ils ont la chance de vivre au milieu d’une nature encore pure que les humains à peau blanche ont oublié de détruire en partant tant ils étaient pressés de s’en aller détruire sur d’autres continents.
Donc, cette gente à peau noire là, au milieu de cette nature plus ou moins vierge là, a la chance de recevoir directement de la providence les règles de l’équilibre nécessaire à la survie de l’espèce, comme nous, les animaux, les recevons.
C’est donc en regardant vivre cette gente là, en regardant évoluer cette gente là et en protégeant cette gente là que les bêtiseurs destructeurs à air conditionné des pays de première recevront les premiers signes de la sagesse.
Il faudra se presser cependant. Parce que nos safados ont décidé de faire de ce continent la poubelle du monde.
Dans nos pays conditionnés, on a fabriqué tant de berdure chimique pour satisfaire les besoins créés de la gente qu’on ne sait plus qu’en faire. On en est débordé !
La solution, les safados l’ont trouvée.
C’est par milliers de tonnes, à coup de paquebots, que la berdure chimique des pays de première est gentiment déversée sur les plages d’Afrique.

Il me souvient d’un jour avoir bien rigolé, après avoir noté ces petits autochtones qui pour être entrés dans l’eau limpide et bleue de leur bel océan pourtant sains et bronzés en sont sortis tout blanc et bien sûr tout malade.
Tout le monde a bien rit ; leur papa, leur maman, Mitou et moi aussi, bien qu’ils ne s’en soient pas rendu compte parce que ça ne rit pas comme un humain, un oiseau.
C’est comme le lendemain quand ils ont tous pleuré parce que les petits enfants étaient morts dans d’atroces souffrances pendant la nuit, entièrement brûlés qu’ils étaient par la berdure chimique des pays de première, personne n’a remarqué que je pleurais aussi, puisque ça ne pleure pas comme un humain, un oiseau.
Si nos safados les laissaient tranquilles à la gente d’ici, on pourrait en apprendre des choses, puisqu’ils ont tout compris, ici.
Ils ont compris que la seule chose que la nature attend des plantes naturelles, c’est qu’elles se reproduisent, naturellement, pour maintenir l’équilibre. 
Et ici, elles le font.
Ils ont compris que la seule chose que la nature attend des animaux naturels, c’est qu’ils se reproduisent, naturellement, pour maintenir l’équilibre. 
Et ici, ils le font.
Ils ont compris que la seule chose que la nature attend des humains naturels, c’est qu’ils se reproduisent, naturellement, et qu’ils agissent pour maintenir l’équilibre. 
Et ils l’auraient fait si les safados les avaient laissés tranquilles. 
Hélas les safados sont vraiment des safados.
Et finalement, si on les laissait faire aux safados, ils seraient en train de réussir les safados, à faire disparaître toute cette gente là, qui ne rapporte pas.
Les laissera- t’on faire ?

Providence le permettra- t’elle ?

On
n'aura pas le temps de connaître la réponse. Puisqu'il fallut repartir.

On voyagea longtemps. On voyagea beaucoup. On voyagea partout. Sur tous les continents. On y aura passé un peu plus de vingt ans. Dans toutes les Afriques, toutes les Amériques, dans toutes les Europes et les lointains Orients.
On en a vu des choses.
On en a vu des gens, des différents.

On venait d'arriver chez les humains jaune

Pourtant, en arrivant dans ce nouveau pays j’ai tout de suite noté la différence. Ici on était ailleurs. On n’était plus chez nous.. Bien qu’étant un pays de troisième, presque comme chez moi, il est facile de remarquer qu’ici, tout est différent.

Ce pays se situe sur un autre continent.
C’est tout d’abord un pays ou les matins sont calmes.
La gente est calme aussi.
Ils ont l’air tous pareil.
Ils sont tous petits de la même grandeur.
C’est pas comme chez nous.
Je me souviens comme c’était facile de repérer Mitou dans la foule, quand je suis revenue, après mon escapade.
La gente n’en revenait pas de voir que je me posais toujours sur son épaule sans jamais me tromper.
Ils étaient émerveillés.
Ils ne se rendaient pas compte, tellement ils sont gentils, que c’était aussi facile pour moi de repérer Mitou au milieu d’eux, que pour eux de voir un jacaranda au milieu d’un champ de riz.
Il n’y avait que lui qui dépassait.

Le plus âgé d’entre eux lui arrivait un peu au dessus de la ceinture.
On ne peut pas dire le plus grand, parce qu’ils ont tous la même taille.
Ils ont même tous la même couleur de peau. Ils ont la peau blanche, quand ils restent à l’ombre.
Et ils sont gente aussi.
Ca, c’est facile à voir.
Et ils sont heureux, toujours.
Parce qu’ils sourient tout le temps.
Chez nous, quand les gens sont heureux, ils n’ont pas besoin de sourire.
Ca se sent et ça se voit dans leurs yeux.
Ici, comme on ne voit pas leurs yeux, qu’ils tiennent fermés pour se protéger du soleil levant, pour montrer qu’ils sont heureux ils sourient.
En fait ils sont tellement habitués à être heureux, donc à sourire, qu’ils sourient même quand ils sont malheureux.

Cela je l’ai découvert plus tard…
Au début j’ai été tellement choquée par tant de différences que j’ai voulu repartir.
Je l’ai dit à Mitou, et bien entendu il s’est fâché.
Il se fâche toujours quand on ne pense pas comme lui.
-« Quoi des différences ? T’es pas différente toi ? Et moi ? Je suis pas différent moi ? Et la tolérance ? T’as pas entendu parler de tolérances ? Toi et ton grand bec… et patati ! et patata … ! »
Moi quand il se fâche, j’aime pas.
Alors je passe derrière lui et quand il s’y attend pas sans faire de bruit, je vole rapidement dans son dos et je lui gnaque une oreille.
Là, il disjoncte… Ah ! qu’il n’aime pas ça !
Il devrait pourtant avoir compris depuis le temps. Mais non, c’est plus fort que lui, de temps en temps il faut qu’il se fâche.
En principe je ne vole pas en silence.
Je trouve que c’est plus prudent.
Parce que dans ces grandes cages construite par les humains pour les humains, rien n’a été prévu pour favoriser la circulation aérienne des oiseaux.
Alors quand je me déplace d’une pièce à l’autre, je crie.
D’abord comme ça, les voisins savent que je suis rentrée.
Et puis ça évite de se trouver nez à bec avec quelqu’un qui se déplace dans l’appartement.
Il faut pas croire mais ça surprend drôlement lorsqu’en se déplaçant tranquillement en volant d’une pièce à l’autre et qu’on se trouve subitement sur la face d’un humain qui lui se déplace sans bruit.
D’ailleurs même eux ils sont surpris.

Un jour il y a la vieille dame qui nous visitait à l’improviste et ne s’attendait donc pas à me rencontrer qui s’est jetée par terre en tenant son chapeau quand je lui ai frôlé les oreilles en criant.
Il fallait voir la tête qu’il faisait le Mitou pour s’empêcher de rire.
Il se marre. J’aurais bien voulu le voir à ma place.
Ils sont surtout dangereux ces humains parce qu’ils se croient seul. Ils pensent qu’il n’y a qu’eux. Et les petits oiseaux, alors ?

Et puis il y a les miroirs !
C’est traître les miroirs !
Ca te fait croire des choses qui ne sont pas vraies, les miroirs.
Ca te fait voir les choses d’un côté alors qu’elles sont de l’autre.
Quand tu voles à plein régime, le temps que tu réalise que ce bel oiseau qui arrive en face c’est toi.
« Pan ! » tu t’en prend plein le bico…et tu te retrouves entassée dans un coin, sans dessus dessous en attendant souvent que quelqu’un r’allume la lumière.
C’est presque aussi traître que les vitres, les miroirs.
Pas tout à fait, les vitres c’est le summum.
Tu ne vois rien venir d’en face.
Tu voles à cent à l’heure et « Pan » tout s’arrête.
Quand tu te réveilles, si tu te réveilles, tu n’as rien compris.
Ce n’est pas la nature qui a fabriqué les vitres et les miroirs, non.
C’est encore une invention de l’humain ça. Et d’humain safado encore, pour le miroir aux alouettes.
Le miroir est utilisé pour faire croire à la gente qu’elle est différente de ce qu’elle est en réalité.
Le miroir ment car ce qu’il montre n’est vu que par celui qui se regarde dedans.
Et il ne montre que l’extérieur.
Même la gente qui se regarde dedans ne sait pas ce qu’il y a dedans.
Alors il croit ce qu’il voit. Il croit n’importe quoi.
Si le côté qu’il voit dans le miroir ne lui convient pas, ce n’est pas grave, hop ! il se regarde l’autre, qui lui, lui convient lui. Mais l’autre qui ne lui convient pas qu’est qu’il devient ?
L’autre qui ne lui convient pas et donc que lui ne voit pas, c’est l’autre qui le voit.
Alors lui, l’humain, il ne se voit que comme il veut se voir, mais jamais tel qu’il est.

Eh oui ! Les humains, les humains…
Eh non ! C’est pas simple un humain…

Même Koun Samsong, « Grande sœur rayon de lune », qui était pourtant gente et très gentille aimait à se regarder dans le miroir.
C’est chez grande sœur rayon de lune que j’ai vécu pendant tous les mois que j’ai passés séparée de Mitou après mon escapade.
Seulement elle, qui était très jolie, se regardait dans le miroir en cachette, discrètement, comme si elle avait honte, en baissant les yeux.
Elle ne se regardait jamais toute entière.
Contrairement à une idée reçue et transportée un peu par tout dans le monde, on se demande bien pourquoi et par qui, les petites filles de ce pays d’orient, sont très pudiques.
Elles ne sont jamais entièrement dévêtues. Et n’osent même pas se regarder au dessous de la ceinture.

Sauf bien entendu devant les « bigpigs »

Avec eux, bien sûr que c’est différent.
Les « bigpigs » sont étranger à ce pays d’orient qui maintenant n’a plus que le matin de calme.
Les « bigpigs » sont charterés par convois aériens par les agences safadas, pour faire du « tourisme orienté ».
Non ne n’ai pas dit châtrés. Et c’est bien là le problème.
Ils sont transportés par des avions charters.
C’est pour ça que le Mitou connaît. Si on a bien suivi on sait que le Mitou, il fait dans les avions.
Les voyages charters normaux sont organisés normalement pour permettre aux humains des pays de première plein de graine d’aller se rendre compte sur place que la gente des pays de deuxième et de troisième n’en a pas.
Les voyages orientés… il faudra bien y venir plus tard…

Grande sœur rayon de lune était aussi d’une grande sagesse.
Elle était pourtant très jeune.
Si jeune me direz vous, comment peut-on donc être une grande sœur d’une grande sagesse ?
Son titre de grande sœur elle le tenait de petit frère chevreuil ardent qui lui, était encore plus jeune.
Sa sagesse elle l’avait acquise il y a une paire d’année.
Eh oui, deux ans déjà que « honorable monsieur woo » l’avait assagie.
Lui, il n’avait pas d’age.
C’est honorable mère qui l’avait préparée pour la cérémonie.
Honorable mère n’était pas sa maman.
Le dernier souvenir de sa maman était un peu confus dans sa tête.
Elle se souvenait surtout de cris d’horreur, de rage, de hurlements de désespoirs et même de bruits de coups.
Elle n’avait rien vu. C’est souvent la nuit qu’on enlève les enfants là-bas.

C’était sans doute les mêmes cris que ceux poussés par ma maman à moi quand on m’a arrachée à mon nid, là-bas dans ma forêt natale.
Comme c’est étrange. Il semblerait donc que les vraies mamans, animales ou humaines ont les mêmes réactions lorsqu’on leur arrache leurs enfants.
Rayon de lune était très petite quand on l’a arrachée à sa famille cette nuit là avec Chevreuil ardent et trois autres enfants du village.
Tout comme moi, elle n’a jamais revu ses parents.
Maintenant elle vit près de la grande ville et c’est honorable mère qui prend soin de son éducation ainsi que de celle des nombreux enfants de la grande famille.
Ce premier jour là donc, honorable mère l’avait préparée, lui avait fait toutes les recommandations possibles et elle avait obéi.
Et comme ça avait été trop horrible, elle ne l'oublierai jamais.
Et nous non plus.

J’ai rencontré rayon de lune le jour ou je me suis enfuie.
Ca m’arrive quelques fois à cause de ce mauvais caractère de Mitou.
Il a un de ces mauvais caractères !
Il n’y a qu’à regarder ses oreilles. Chaque fois qu’il a mauvais caractère je lui mord une oreille, ou l’autre quand il se protège l’une. Il a les oreilles en lambeaux ! C’est dire !
Ce jour là il avait décidé de me laisser enfermée dans leur grande cage qu’ils appellent aussi un appartement chez les humains.
Il fait toujours ça lorsqu’on débarque dans un nouveau pays.
Comme lui ne se reconnaît pas facilement dans un pays qu’il ne connaît pas, il craint que se soit la même chose pour moi et que je me perde. Ou bien que l’on me prenne.
Avec moi ça ne marche pas. Je lui dit que je suis une animale. C’est pas moi qui suis bêta, ni bêtisé. Ce sont les humains.
Vous pensez peut-être qu’il comprend ?
Pas du tout.
Et il se met en colère :
-« Et tu ne les connais pas ! »
-« Et ils vont t’attraper ! »
-« Et ici ils peuvent te manger ! »
-« Et oua oua oua… »

Ce jour là je n’ai pas attendu les autres. Je lui ai mordu l’oreille avant qu’il ne se la protège et comme la fenêtre était ouverte je me suis envolée en criant.
Ca m’arrive de temps en temps d’avoir envie d’un peu de liberté.
Ca finit par peser un humain parfois.
Alors je m’enfuie.
Il ne faut pas oublier que je suis un animal sauvage, moi.
Les animaux sauvages sont fait pour vivre en liberté.
Quand je dis ça il me dit :
-« Oui ! La liberté de se faire arracher les plumes vivante ! »
-« La liberté de finir dans les casseroles des humains ! »
Pas moyen de discuter avec lui. Il veut toujours avoir raison.
Alors j’ai pris le large.
Ca fait du bien de sortir et voir du monde. Ca permet de se changer les idées et de se tenir au courant de l’actualité.
Mais bien que je n’aie peur de rien, ou presque je ne vais tout de même pas trop loin. Je vole autour de notre maison et passe en rase mottes au dessus de notre balcon en hurlant.
Et le Mitou:
-« Arrêtes donc de crier ! Pense un peu aux voisins ! »
Si on s’amuse à penser à tout le monde on n’a pas fini.
Puis si on doit penser aux voisins il vaut mieux ne pas avoir de papagaio.
Mais allez lui faire comprendre tout ça.

J’avais déjà remarqué rayon de lune depuis pas mal de temps.
Elle venait souvent chez notre voisine.
Elle accompagnait honorable tante qui était aussi la sœur d’honorable père.
Honorable tante était maid, qui se dit aussi bonne, dans la maison d’à côté de la notre.
Les gens de première, lorsqu’ils vivent dans les pays de deuxième ou troisième, ils emploient beaucoup de maids, de bonnes, de chauffeurs, de gardes et de jardiniers.
Ce n’est pas comme certains mal pensants pourraient le croire pour exploiter la gente pauvre ou pour jouer au parvenu, ou par fainéantise. Non.
C’est par aide humanitaire.
Eh oui ! Il faut réfléchir un peu !
C’est pour les aider que l’on exploite ces indigènes là comme des esclaves.
Parce que si on ne les exploitait pas ici ces esclaves qui sont obligés de mourir stressés et affamés aujourd’hui dans les bidon villes en ville, ils seraient obligés de vivre tranquille dans leur campagne natale en ne se nourrissant que de bananes, de mangues et papayes, de poulets de campagnes et autres poissons frais crevettes et langoustes de riz et de légumes. Et tout cela sans pouvoir profiter des ordures rassises d’aujourd’hui, en ville illuminée, à croupis dans leurs bidons.
D’autant plus qu’il ne faut pas trop les récompenser ces esclaves des bidon ville.
Ca inciterait encore plus les autres des campagnes à venir leur piquer leurs bidons.
Puis ça ferait écrouler le marché.
Surtout qu’un esclave, c’est pas fait pour être payé un esclave.
Puis on ne peut pas être gentil avec son esclave.
Pensez donc que si nous on est gentil avec notre esclave aujourd’hui qu’adviendra t’il de lui demain quand il sera un esclave de pas gentil ?
Il sera malheureux ! A cause de nous ! Parce qu’on l’aura mal habitué.
Parce que nous, puisqu’on a les moyens on va partir d’ici, mais eux non ...
C’est pour cela qu’on les maltraite et les mal-paye aujourd’hui.
Pour qu’ils ne soient pas malheureux demain.

Eh non ! Ce n’est pas simple. Il faut penser un peu que diable.
Tiens c’est la première fois que je le mentionne celui là… Serais-ce un signe ?
Rayon de lune venait souvent en ville avec honorable tante qui l’amenait aux cours de formation chez l’honorable monsieur woo.
En fait c’était une excuse.
Il y a longtemps que sa formation était terminée.
Mais comme l’honorable monsieur woo avait laissé entendre qu’il était satisfait des services de rayon de lune, honorable mère préparait rayon de lune tous les matins et la confiait à honorable tante qui l’amenait avec elle chez les falangs d’à côté de chez nous jusqu’à l’heure du marché.
Et c’est en allant au marché avec honorable tante que rayon de lune rendait visite à l’honorable monsieur woo qui se satisfaisait de ses services.
Et le soir tard honorable tante passait la prendre pour la ramener dans leur bidon.

Ce jour là donc, après m’être échappée, avoir volé longtemps en faisant des rases mottes en criant et etc…, lorsque j’en eu assez, je me posais sur le mur qui sépare notre maison de celle de notre falang de voisin d’à côté.
Le falang d’ici c’est le gringo de chez moi et l’étranger de chez Mitou.
C’est quelqu’un qui n’est pas chez lui là où il se trouve.
Il y en a toujours des gens qui ne sont pas chez eux là où ils se trouvent.
Il y en a partout.
Il y en a de toutes les couleurs. Alors on les appelle par des noms différents. Mais ce sont tous les mêmes, ou presque. Car on distingue deux familles assez différentes de falangs-gringos-étrangers.

Il y a les ceux comme  Mitou qui le sont devenu volontairement, par choix, conviction et intérêt.
Et il y a les autres.
Oui, les autres, les ceux qui le sont devenu par force, parce qu’on ne veut pas d’eux ni ici ni ailleurs et qu’ils n’ont de chez eux nulle part.
Les uns font de la graine, quand ce n’est pas du venin.
Les autres prennent des coups de bâtons.
Bien sûr c’est encore une image.
Ce ne sont pas toujours des coups de bâton. Parfois ce sont des cailloux, des fusils, des cordes, des allumettes ou des grenades…
Il y a tellement de possibilités de nos jours pour se débarrasser des autres que le choix des moyens est un détail.

Mais redescendons un peu…

Et lorsque je fus posée, rayon de lune qui avait suivi mes précédents déplacements m’appela gentiment par mon nom.
J’en fus surprise.
Et tout de suite après elle me chanta une chanson.
J’en fus émerveillée.
J’en ouvris un si large bec que, eus-je tenu une proie, je l’eu laissée tomber.
Je n’oublierais jamais les chansons de rayon de lune.
Elles n’avaient rien à voir avec nos chansons à nous rythmées au son des tambourins.
Les chansons de rayon de lune étaient faites d’une suite mélodieuse et saccadée de plein de petites plaintes de joie triste.
Elle chantait gentiment sa souffrance avec légèreté de sa petite voix fluette qui produisait des petits sons aigus.
Elle ondulait gracieusement ses toute petite hanches et tordait ses bras graciles dans tous les sens au rythme de ses plaintes, en faisant délicatement virevolter du bout des doigts son minuscule et joli mouchoir de soie.
J’étais subjuguée.
J’adore tous les types de chansons.
Je chante pas mal moi-même. Mais les chansons de rayon de lune furent une révélation pour moi.
Je fis un joli petit bond très élégant et me posais délicatement sur son gentil petit index qu’elle tenait tendu.
D’un frôlement furtif elle me posa son joli petit mouchoir de soie sur la tête.

Et alors là, rideau !
Si vous voulez faire une farce à un oiseau c’est facile. Quelque oiseau qui soit, qu’il soit…faucon ou pas… non pas le vrai, le vrai c’est pas un oiseau … vous lui cachez les yeux, à l’oiseau et c’est fini.
On sait déjà si on a bien suivi que l’humain homme a les yeux directement reliés au pantalon.
Chez nous, oiseaux, les yeux sont reliés au système en entier.
Donc quand on ne voit plus tout disjoncte. On ne peut plus rien faire, même pas mordre.
Et je compris mais un peu tard, qu’en plus du titre de grande sœur malgré son jeune age grâce à petit frère chevreuil ardent…
Et qu’en plus de la sagesse qu’elle avait acquise grâce à l’honorable monsieur woo …
Elle avait aussi beaucoup d’expérience, malgré son jeune age.
Mes derniers doutes à ce sujet, en eusse  je eu , eussent été entièrement dissipés lorsque je m’aperçu que pendant que j’avais la lumière éteinte, tout en continuant de chanter, elle m’avait attaché un fil d’acier à la patte.

Et alors là, chapeau.
Parce que l’autre farce que vous pouvez faire à un oiseau sauvage, c’est lui mettre un fil à la patte.
Ca le déprogramme.
C’est pas prévu pour ça, un oiseau sauvage. Alors avec un fil à la patte il ne sait plus. Il devient doux comme un pinson.
Si, si, même moi.
Il n’y a pas d’autres farce à faire à un oiseau. L’autre là avec de la mie de pain et des et de la chair à saucisse, ça ne me fait pas rire.
Donc lorsque rayon de lune a rallumé ma lumière en enlevant le joli petit mouchoir de soie de sur mes yeux, je me retrouvais sa prisonnière.
Prisonnière consentante malgré moi.
Avec tante aussi d’ailleurs, qui était l’honorable, et qui maintenant était aussi un peu la mienne grâce à ce lien que nous avions dorénavant entre nous.
Et c’est ainsi que j’appris son langage et ses chansons que je n’ai jamais oubliés depuis.

Et c’est ainsi que je découvris l’honorable monsieur woo.
Ce jour là était le dernier jour de satisfaction de rayon de lune chez monsieur woo.
Celui-ci avait décidé que la formation de rayon de lune était terminée et qu’elle pouvait maintenant voler de ses propres ailes.

C’est encore une image.
Ca ne s’envole pas en l’air ces petites filles là.
Et puis comme il s’en satisfaisait depuis deux ans, il pensait qu’il était temps de demander à honorable mère une plus jeune satisfaction.
Et à cette occasion pour marquer la circonstance monsieur woo avait invité quelques honorables amis gros et sans age comme lui.
Ils avaient l’air heureux car ils riaient beaucoup.
Ils avaient l’air d’avoir chaud aussi car ils étaient presque nu.
Je n’étais pas tranquille.
Et je le devins encore moins lorsqu’un honorable gros ami me montra du doigt en poussant un glapissement ponctué de quelques éclats de rire.
Je me rendis rapidement compte de la soudaine nervosité de rayon de lune sans trop en comprendre la raison.
Elle m’expliqua plus tard que l’honorable gros ami avait émis le souhait de me manger vivante.
Je découvris beaucoup de choses ce jour là.
Je découvrais tout d’abord qu’il y avait des safados dans ce pays aussi.
Comme partout ailleurs. Et peut-être des pires, bien qu’il soit difficile de porter un jugement qualitatif sur un safado.
Je découvrais aussi où rayon de lune avait acquis son expérience.
Après sa première émotion passée, après que le rose qui avait envahi le haut de ses pommettes se fut dissipé, elle me posa avec mon fil sur le rebord du paravent nacré en bois de rose et se mit à chanter la chanson qu’elle avait interprétée spécialement pour moi tout à l’heure.
Puis tout en chantant, les yeux baissés, elle s’avança en dansant vers l’honorable gros ami, à la satisfaction générale.

Sur le chemin du retour vers notre bidon, le soir en rentrant elle avait enfin retrouvé son naturel sourire.
Elle m’apprit le nom des fleurs que nous rencontrions sur le bord des chemins.
Elle chantait ses chansons que je chantais aussi dans ses éclats de rire.
Arrivés aux bidons elle me présenta à toute la gente qui se trouvait sur notre passage.
Et je découvrais encore ce jour là qu’il y a énormément de gente dans ces pays aussi.
Peut-être plus qu’ailleurs, bien qu’il soit également difficile de porter un jugement quantitatif sur une masse de gente.
Il faut pourtant noter la différence.
Il y a la gente qui sont gentil mais qui s’en fichent.
C’est normal ils ont tout.
Puis il y a la gente qui sont gentil mais qui ne s’en fichent pas.
Ils rendent le mal pour le mal.
C’est normal, la gente ou machin leur a fait mal.
Et puis il y a la gente d’ici. Ils sont gentils mais ne s’en fichent pas. Et pourtant ils rendent le bien pour le mal.
Ils reçoivent le mal avec le sourire et rendent le bien en échange.
Ils sont merveilleux.
Et ils seraient heureux. Ils se satisferaient de tous leurs honorables safados comme ils l’ont toujours fait jusqu’à hier ou avant hier, et cela depuis toujours.

Des safados locaux il y en toujours eu et il y en aura toujours.
Avec l’expérience et la sagesse on s’y fait.
Mais à présent avec les bigpigs charterés de l’extérieur ça ne va plus. C’est trop.
L’équilibre est rompu. Les sourires se figent et les yeux se ferment de plus en plus.
Trop c’est trop pour la gente. Mais j’allais bientôt découvrir , ce qui se confirma plus tard là-bas.
Pour les safados d’ici ou d’ailleurs trop ce n’est jamais assez.

Rayon de lune me présenta à honorable mère qui fut enchantée , merci, je vous en prie.
Je rencontrais aussi petit frère chevreuil ardent qui fut aussi très content. Mais qui m’apprit que seulement grande sœur rayon de lune avait le droit de l’appeler petit frère chevreuil ardent.
Parce que grande sœur rayon de lune avait un an de plus que lui.
Et que lui donc avait un an de moins.
Alors pour grande sœur rayon de lune il était petit frère chevreuil ardent mais pour les autres donc pour moi il était chevreuil ardent seulement.
C’était clair, net et précis.
Tout comme pour grande sœur rayon de lune elle était grande sœur rayon de lune parce qu‘elle avait un an de plus que lui, « que lui ! » pas que les autres ou que moi. Donc elle était grande sœur rayon de lune pour lui ! C’était clair ?
C’était clair…

Honorable père, lui, à cette heure avancée de la journée n’était plus présent moralement.
Il était là mais sans y être, tout recroquevillé dans le coin du bidon.
Le soir, au coucher du soleil il se déconnectait des problèmes courants grâce à l’aimable bienveillance de l’honorable monsieur woo qui l’approvisionnait régulièrement avec la poudre blanche qui donne les rêves orangés.
L’orange c’est la couleur des images des rêves.
La poudre blanche, honorable père la faisait descendre à longues gorgées de mékong .
Le mékong, en plus d’être un fleuve d’ici est aussi l’équivalent de la pinga de chez moi et de la grapa de chez Mitou.
La seule différence notable entre les pingas, les canas, les grapas et les mékongs est l’élément de base utilisé dans leur fabrication. C’est à dire la cane à sucre, le raisin ou le riz.
Pour les conséquences directes résultant d’une absorption prolongée de chacune d’entre elles, c’est kif kif.
Seule la quantité absorbée ou le temps d’incubation peuvent varier légèrement d’un individu par rapport à l’autre.
Ce qui est une preuve inébranlable du fait que puisque tous les individus du monde, quels qu’ils soient, réagissent tous de façon similaire sans se concerter, certes, à l’absorption prolongée de quelque alcool qui soit…Ils devraient également réagir de façon similaire à l’absorption des règles basiques de sagesse menant à respecter la nature dans le but de maintenir l’équilibre.
Il suffirait donc de les concerter, certes.
Honorable père ne se reconnectait que le matin à l’aube, au chant du coq. Dès que le coq chantait il se décroquevillait sans rien dire et comme il était déjà habillé de la veille, même de l’avant veille ou peut-être même de l’année dernière, il partait travailler à la rizière qui se trouvait non loin d’ici .

La rizière appartenait à un honorable ami de l’honorable monsieur woo qui laissait généreusement tous les pères et les grands frères bidonvilliers travailler et récolter le riz et le dépiquer et le leur apporter à domicile deux fois par an. C’est à dire à chaque moisson . On avait découvert le moyen de faire produire la terre de ce pays deux fois par an. On était sur le point de la forcer à donner trois récoltes par an très bientôt.
Pour les récompenser, les pères et les grands frères avaient le droit d’en prélever une poignée pour subvenir au besoin de la famille.

Honorable mère ne se déconnectait pas le soir, elle.
Elle s’occupait de maintenir l’ordre dans les bidons.
Le bidon il faut aussi savoir que c’est une image .
J’emploie beaucoup d’images parce que je sais que je m’adresse à de la gente et que la gente c’est gentil. Et quand on est gentil et qu’on n’est pas alpha on aime les images.
Oui en fait ce ne sont plus des bidons.
Les bidons initiaux ont été ouverts, puis déroulés et plus ou moins bien aplatis. Puis ils ont été fixé entre eux à l’aide de planches et de fils en fer. Ils ont beau être tous petits de la même grandeur ici, ils n’auraient pas été bien à l’aise dans un bidon, non.
Honorable mère préparait tout, contrôlait tout, s’occupait de tout.
Elle veillait à la graine quoi.

Elle avait aussi entendu parler des arrivages saisonniers des charters de bigpigs orientés.
Elle a évalué d’instinct le débouché commercial possible sans faire d’étude de marché approfondie.
Avec l’aide d’honorable tante et de quelques voisines elles ont construit une honorable hutte à l’entrée du bidon village.
A demi camouflée par les gros bananiers, au bord de la rivière qui irriguait la rizière ç a aurait pu être un coin de rêve.
Et c’est là que j’ai vécu ces quelques mois, étroitement liée à grande sœur rayon de lune qui m ‘a beaucoup appris.
Elle arrivait à elle seule à satisfaire énormément de monde.
Quand elle n’y arrivait plus toute seule elle appelait honorable mère qui lui envoyait des amies du village pour la soulager un peu.
Elle trouvaient même le temps de rire de temps en temps pour se moquer gentiment des « rrouais » qui ne comprenaient pas et qui riaient aussi.
Et elles riaient gentiment un peu plus fort encore. Le « rrouai », c’est le mot local pour le bigpig qui est un mot dont on ne connaît pas l’origine mais qui se prononce bigui pigui chez moi et gros cochon on ne sait pas pourquoi dans le pays de Mitou
Les bigpigs sont toujours des « falangs », des étrangers.

Le mot falang est issu du nom d’un petit pays du centre de l’europe dont les habitants s’appellent les falangsets. Ces européens barbares furent les premiers à tenter d’envahir ce beau pays d’orient dans lequel nous vivons en leur faisant la guerre. Ils ont pris la pâtée et sont rentré chez eux la tête basse ou parfois sous le bras. La seule trace qu’ils aient laissé ici est un morceau du nom de leur pays pour désigner l’étranger.
Comme l’histoire peut-être étrange parfois.
C’est vrai, je le confesse pendant toute cette période, tellement on était occupées, je n’ai pas de moi-même souvent eu de pensées pour mon ami Mitou.
J’y pensais forcément quand un de nos bigpigs parlait dans son langage. Il y en avait souvent.
Et puis un oiseau sauvage avec un fil à la patte, ç a ne peut pas penser librement.

Et puis c’est arrivé. Cela s’est passé bien vite. Grande sœur a arrêté de rire. Ses joues se sont creusées. Son regard s’est voilé.
Et elle est sortie de la vie tout doucement sur la pointe des pieds.
Elle s’est enfuie gentiment sans rien dire à personne.

Car honorable mère lui avait demandé de préparer petit frère pour l’aider dans sa tâche.
C’était un nouveau créneau.
Les bigpigs en raffolent.
Chez eux ils ne peuvent le faire ouvertement avec des petits enfants. Ils sont forcés de le faire en cachette sinon ils pourraient même aller jusqu’à se faire gronder si on les voyait faire trop souvent.
Alors vous pensez bien, ici tout est permis et c’est presque gratuit…Et le sourire en plus.
Le sourire est gratuit et la chair bon marché.
Cela fut un peu trop. Cela lui fit trop mal.
Comme on n’a pas le droit de pas obéir à honorable mère, qui n’est pas sa maman, elle a préféré s’enfuir en s’éteignant.

Comme il le lui a promis petit frère a relâché le fil d’acier qui me liait à elle.
Il a beaucoup pleuré.
Il n’est plus petit frère maintenant puisque grande sœur est partie…


Lorsque je suis rentrée dans mon ancien chez moi, que j’ai tapé du bico sur le carreau fermé, Mitou a lui aussi laissé couler sa larme en me faisant entrer.
Comme s’il connaissait déjà l’histoire de ce rayon de lune qui venait de s’éteindre .
Comme s’il m’attendait pour faire les bagages .
Comme si nous partions pour un autre pays.







(haut de page)




L'Espérance


 


   Mais oui ! Bien sûr ! Il y a l’espérance !
Il ne faut donc pas désespérer.
On voit bien de nos jours que la situation s’améliore.
Chaque quatre ou cinq siècle, quand on fait le point, on voit bien que ça va mieux qu’avant.

Les humains s’améliorent sans cesse.

Il y a à peine deux ou trois mille ans, le sage de l’époque, pour prédire l’avenir, prenait un enfant du peuple d’en bas, au hasard, mais jamais le sien, c’était un principe.
Il prenait toujours un enfant du peuple, au hasard, puis il lui ouvrait le ventre et lisait l’avenir dans les intestins de l’enfant. Une fois qu’il avait lu tout l’avenir, le sage, de l’enfant il ne restait pas grand chose en fonctionnement.
Eh bien, maintenant, ça c’est interdit ! De nos jours, ça, on n’a plus le droit !
C’est écrit dans le grand livre d’aujourd’hui !

L’humain donc aujourd’hui évolue ! 

Ah ça n'a pas été facile il y a deux mille ans pour convaincre les sages de ne plus lire l'avenir dans les ventres des
enfants des autres! Les sages hurlaient ensemble en manifestant leur bonne foi : 
-"Eh !Vous autres ! Les futuristes ! Vous n'avez aucun respect pour les traditions et les coutumes ! Nous, nous sommes gentils !  Nous les respectons nous les traditions de nos ancêtres !" ils hurlaient, les sages.
Et ils allaient ensemble casser les huttes de leurs meneurs pacifistes.
Et les futuristes qui répondaient:
-"Vous n'avez qu'à ouvrir le ventre de vos enfants à vous ! Nous, on s'en fout de connaître l'avenir par le ventre de nos enfants ! Nous, on préfère que nos enfants aient un avenir !"
Ca n'en finissait pas...

L'humain aujourd'hui évolue, donc!

Bon l'aficionado n'envoie pas encore ses enfants à lui dans l'arène pour être abattus par les matadors.
Bon, on enlève encore des enfants de nos jours, dans tous les pays du monde.
Mais, quand même, l’humain d’aujourd’hui, doucement évolue.


Dans le pays de Mitou, là où ils ont tout, et à profusion, des humains gente ont réussi à réintégrer des ours et des loups dans les montagnes à la grande joie des humains gente qui pensent comme eux qu'il faut respecter la nature., la biodiversité, et les traditions. Mais à la grande détresse des éleveurs qui perdent leurs troupeaux, et des troupeaux qui perdent leur vie.

Cela a donné une idée à Mitou, qui , quand il était enfant, avait visité le château de Foix, dans l'Ariège (prononcer Foa et pas Fo-i-xe) 

Dans une salle, il avait vu un squelette de mammouth qui avait été découvert dans les environs, il y a bien longtemps.

Il a proposé aux gens du coin de réintégrer des troupeaux d'éléphants dans les Pyrénées, puisqu'il yen avait avant, et puisque ils sont décimés en Afrique...

Il n'a jamais compris pourquoi les gens du coin lui ont jeté des cailloux...


Les poètes humains ont depuis toujours dit et même ont chanté beaucoup de belles choses qui parlaient de l'espoir:
-"Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir";
-"L'espoir fait vivre";
-"Qui vivra verra"...
-"Que sera sera"...
-"What will be will be"...
-"Eine Swalbe macht noch keine Sommer !"
-"Les conseilleurs ne sont pas les cons payeurs!"
-"Et cetera et cetera !" 

Mais nous aussi, oiseaux des îles, nous avons nos dictons. Ils sont fait pour nous rappeler la prudence, qui, si nous ne l'oublions pas nous permettra de traverser la nuit sans problèmes, et, lorsque le jour sera levé, de passer la journée en vie jusqu'au coucher du soleil. Ces conseils sont bien entendu pour nous, oiseaux, dirigés à l'encontre de nos prédateurs naturels, oiseaux carnivores, ou autres humains carnassiers, ce qui revient au même.
Nos anciens ont coutume de répéter:
-" Prends garde, le condor passe, mais ne dort pas toujours"...
C'est rempli de sagesse.
Ou ils disent aussi :
-" Surveille le faucon, mais le vrai plus encor"...
Pourtant c'est méchant les faucons.

Bien sûr que tout espoir n'est pas perdu puisque nous sommes encore là, nous, les animaux, pour expliquer aux humains ce qu'il leur faut faire.
Il suffit seulement qu'ils veuillent bien nous écouter.
C'est sur qu'ils y viendront.
Au début les hommes n'ont voulu écouter personne, ils n'en ont fait qu'à leur tête, alors ils ont tout cassé.
Donc, ils sont allé chercher les femmes pour les aider à nous sortir de la situation quasi inextricable dans laquelle ils nous ont mis.
Si les femmes ne parviennent pas à redresser la barre ou bien y mettent trop de temps c'est sur qu'ils auront besoin de notre aide et viendront nous chercher nous, les animaux, pour les aider, eux, les humains.
Ce sera l'avant dernière étape.
Parce que après nous, il ne reste que Providence.
Et il vaut mieux ne pas trop compter sur elle.
Lorsqu'elle va s'apercevoir de l'état dans lequel les humains ont transformé la planète, j'ai bien peur qu'elle ne tousse.
Et ce n'est pourtant pas drôle quand elle tousse.

C'est déjà arrivé plusieurs fois .
A chaque fois, la terre change d'Ere...
Il ne reste plus personne pour raconter comment c'était avant.
Tout est remis à neuf et repart de zéro...

Mais c'est bien sûr qu'elle y arrivera l'humain femme à rétablir l'équilibre. Car l'humain femme a pris, depuis peu, son destin à pleine mains. Donc elle va nous sauver. Puisqu'elle a décidé de lutter contre son inégalité, elle va y arriver, car ce que femme veut...

Dans les premiers pays de première elle a déjà rattrapé toute la différence qu'elle avait avec l'humain homme. 
Elle allait même tellement vite quand elle l'a doublé qu'elle l'a dépassé, à l'homme, la femme, dans ces grands pays là.

Et elle ne va pas tarder à le regretter bientôt, l'humaine femme d'avoir dépassé l'humain homme.
Quand elle se rasera tous les matins, l'humain femme elle aura tout compris.
Mais ça rétablira l'équilibre. Seulement, à ce moment là, il n'y aura plus d'humains homme. 
Il n'y en aura plus besoin.

Ces temps ci, mère Providence est très énervée, .
Car elle envoie plein de messages aux humains qu'ils ne comprennent pas.
Elle tousse, elle souffle, elle crache, elle leur fait voir la lune, mais cela ne sert à rien.
Ils ne comprennent pas.
Avant, quand la lune était comme la terre aujourd'hui et que la terre n'était pas habitée, les lunains, qui avaient tout à cette époque pour être heureux sur la lune, disaient en parlant d'un lunain un peu étourdi : "Regarde le, çui là, il est com… comme la terre!", en bégayant parfois.
Et puis, comme ils étaient cons les lunains, avant, quand ils existaient, ils ont tout détruit, les lunains, par insouciance.

Mère Providence a craqué.

Elle a tout effacé, sur la lune et elle a construit la terre.
Et comme on la déjà vu, elle a mis le paquet.
Il y a longtemps, sur la lune, c’était un paradis, comme ce pourrait être sur la terre aujourd’hui.
Ce qui la rend nerveuse à mère providence aujourd'hui, c'est lorsqu'elle entend dire aujourd’hui sur la terre d'un humain étourdi. -"Regarde le, çui là, il est com… comme la lune!", en bégayant parfois.
Seras-ce, pense- t'elle, qu'ils n'auront rien compris ?

Et cela la rend nerveuse, à mère Providence...
En fait, nous, les animaux, sans trop en avoir l'air et sans rien dire à personne, nous avons déjà depuis longtemps commencé, de les aider aux humains. Combien de virus, qui les attaquaient sournoisement ne les avons nous déjà aidés à découvrir sans nous vanter, nous.
Combien de vaccins pour les protéger de ces virus les avons nous aidés à mettre au point en s'entraînant avec eux, en leur cédant gratuitement des parts de nos individus.
Combien de futurs chirurgiens , le sont devenu , en s'entraînant à nous vivisectionner .
Et ce n'est pas fini . On les aidera bien encore , sans rien dire. Ils en ont tellement besoin.
Et ils ne s'en sont pas encore aperçu combien ils ont besoin de nous.
Sinon, ils nous respecteraient beaucoup plus.

Le plus grand danger qui les menace aujourd'hui, aux humains , c'est l'extinction de leur race.
Il faut reconnaître que ça ne serait pas drôle de vivre sur cette planète sans les humains.
Maintenant que l'on s'est habitué . C'est vrai qu'ils nous manqueraient.
Pourtant s'ils n'y prennent pas garde, ils courent tout droit vers leur disparition.
Ils devraient prendre un peu plus le temps à nous regarder vivre.
On leur en apprendrait des choses.
Comme par exemple que c'est la providence qui nous a créés et la nature qui nous a formés.
Ce que je trouve le plus navrant, moi l’oiseau, depuis que je vis avec les humains, c'est de constater que ceux qui se plaignent le plus sont ceux des pays de première , ceux qui ont tout, ceux qui sont censés tout savoir et tout pouvoir .

Comme c'est étrange .
Ils pensent ces gens là, par exemple, que les mouettes et cormorans ces blancs oiseaux marins mes cousins, rentrent de plus en plus vers l'intérieur des terres par plaisir, parce qu'elles aiment la campagne. Ils n'iront pas essayer d'imaginer bien entendu, la raison profonde qui pousse ces oiseaux marins, se nourrissant de la faune marine comme l'a prévu la nature à rentrer vers l'intérieur des terres à la recherche de cette faune marine.
C'est pourtant simple. Il n'y en a plus. La faune marine a disparue du bord des mers, anéantie qu'elle fut par l'industrie humaine.
C'est bien compliqué d'imaginer cela.
C’est dommage.
Car ça pourrait inciter la gente à conclure que chez la gente aussi il se pourrait qu'un jour les hordes de gente mourant de faim des pays de troisième appliquent cette loi naturelle et aillent chercher leur nourriture ainsi que celle de leur famille dans les pays de première, là où il reste beaucoup à manger.... encore.

Heureusement bientôt, la gente va tout comprendre.
Elle pourra ainsi respirer de l'air pur.
Elle pourra enfin humer tous ces parfums créés par la nature.
Elle n'aura même peut-être plus besoin de fumée .
Elle aura même le temps d'ouïr l'oiseau chanter.
Surtout le perroquet qui a, il faut le reconnaître, un chant très mélodieux.
Pour aller travailler, car il faudra toujours travailler un peu pour se nourrir, elle ira à pied, ou encore à vélo, ou à dos d'âne, ou même à chameau.... 
La terre, par exemple si on la regarde seulement, on remarque que c'est joli et c'est tout. Si on veut qu'elle produise pour nourrir les humains qui en ont tant besoin, il faut se retrousser les manches, puis se cracher dans les mains et puis la travailler, à la terre.

Mais pas n'importe comment .
Cela ne sert à rien de travailler la terre n'importe comment.
Cependant, comme il restera encore quelques gente qui sauront travailler la terre, il suffira de leur demander comment il faut faire et comme ils sont gente, donc gentil, ils le diront.
Il faut pourtant se dépêcher de les retrouver ces vieux qui savaient travailler la terre honnêtement, sans tricher, parce qu'ils sont si vieux, et si peu nombreux.
Bien entendu, ils seront surpris, les vieux, mais tellement content.
Il y a si longtemps qu'ils s'étaient résignés.
Ils n'y croyaient plus.
Parce que la terre, c'est gentil mais têtu. Elle ne fait sa part de travail, comme l'a prévu la nature, que lorsque l'humain a fait la sienne.
Bien entendu, elle sera surprise, la terre, mais tellement contente.
Il y a si longtemps qu'elle s'était résignée à être bafouée maltraitée et engraissée par force.

Elle n'y croyait plus, non plus, la terre.

Il faudra également réapprendre à parler. On pourra aussi réapprendre à fredonner.
Pas trop fort au début et puis jusqu'à chanter.
On n'aura plus tellement besoin d' abrutisseurs publics détruisant nos tympans.
Moi, j'adore quand Mitou chante. Je sais qu'il chante faux. Alors je chante avec lui et puis je le corrige.
Non, non pas en le mordant. Je ne le mords que lorsqu'il siffle.
Et quand la gente s'apercevra qu'elle n'a plus besoin de besoins, elle s'apercevra aussi qu'il faut qu'elle réapprenne à vivre. Il lui faudra être prudente, au début, car le marchand de besoins qui lui est un safado ne sera pas content.

Il faudra tout d'abord que la gente se mette à penser.
Toute seule. Comme une grande.
Dans le pays d'où je viens, le suffixe inha ou inho, qui se prononce inia, ou inio, est un
diminutif utilisé pour ajouter au nom de ceux que l'on aime bien.
Papagaizinia, par exemple, ça pourrait se dire : "jolie petit perroquet femelle que j'aime bien".
C'est joli aussi. Mais c'est bien long.Un frère, humain de là bas, appelle sa sœur "maninia", qui vient de "Irmaninia" qui signifie donc "petite sœur que j'aime bien".
Et la sœur, humaine de là bas, appellera donc son frère "maninio" car il est un garçon, et qui signifie....
Exactement ! Tu l'as trouvé tout seul !
Tu vois que c'est facile.
Tu vois que tu peux penser si tu veux !
Il suffira de bien vouloir s'en donner la peine et l'on finira par découvrir, sans être bêtisé au delà du normal, qu'il y a plein de petites choses que l'on peut arriver à comprendre tout seul, et qu'il existe sur cette terre plein de petites gens avec un cœur bien grand.

Puis il nous reste aussi l'espoir qu'un de nos anciens dieux encore en fonction sur la planète aujourd'hui, se rende compte de la situation et se décide un jour à venir mettre les choses en place.
Bon, si il doit le faire il vaudrait mieux que ce soit le plus tôt possible.
Le petit jésus, lui, c'est dommage, mais il ne reviendra pas. Parce qu'il se rend bien compte, avec la corrida, qu'on ne l'a pas oublié. Mais quel qu'il soit, d'où qu'il vienne, ils sont tous bons, les dieux d'hier.

On s'en sert mal, mais ils sont bons.
Ils n'ont qu'un seul petit défaut. Tout petit .
C'est qu'ils n'y voient pas bien.
C'est vrai qu'ils sont bien vieux.
On doit leur pardonner.
On n'y voit plus beaucoup lorsqu'on est vieux.
On entend mal aussi.
Alors les représentants de ces anciens dieux, en fonction aujourd'hui, qui sont un peu sur terre, un peu dans les nuages, déjà, pour ne pas trop leur faire de peine, à ces bons dieux si vieux, peut être qu'ils ne leur racontent pas tout ce qui se passe exactement ici-bas...
C'est normal. Ils sont bien gentils.
Les vieux bons dieux aussi. Mais pas bien informés. Et c'est un peu dommage. Ils pourraient nous aider.
S'ils étaient informés que l’humain. détruit tout. Qu’il pollue la nature avec des herbicides, qu’il épuise la terre qu’il cultive à outrance, qu’il réchauffe l’atmosphère avec tout ces avions, voitures et camions…
Ils n’auraient même pas besoin de savoir ce que font les safados pour agir.
Mais hélas ils ne peuvent rien faire ces pauvres dieux si vieux.
Peut-être d’abord parce qu’ils sont vieux.
Peut-être aussi parce qu’ils sont aussi vrai que les pères noël …

Dans les pays de troisième il n’y a que des dieux uniques et obligatoires.
Dans les pays de deuxième, c'est pareil. Ils sont uniques et obligato­ires, mais peuvent varier de temps en temps en fonction de la tendance et des besoins des safados du moment.

Alors que dans les pays de première, tous les dieux sont tolérés et aucun n'est obligatoire.
Tellement que la gente, qui était habituée à un dieu ancien et qui s'aperçoit qu'il y en a des tout neufs, s'amuse même à en changer.
Donc, les safados, bien entendu, ont découvert là un autre débouché, appelé aussi un nouveau créneau.
Ils se sont mis à fabriquer des nouveaux dieux et à les commercialiser à l'aide des miroirs aux alouettes et des moulins à vent.
Sans oublier bien entendu la pompe à graine, parce que les nouveaux dieux ils sont payant.
Et comme la gente on le sait, c'est gentil, ça paye.
Et ça croit.
Et plus ça paye, plus ça croit.
Donc, plus ça croit, et plus ça paye, la gente.
On n'en sort pas...

Moi l'oiseau je le sais, c'est vrai que dieu existe. Mais le vrai est gratuit.
Et il est ici pour toi, pour Mitou et pour moi.
Pour tout le monde quoi.

Son nom est providence.
Et son enfant sur terre, s'appelle la nature.

Finalement, il reste L'espérance...
L'espérance que la gente de première se réveille un matin doucement et commence à penser, tout seul.
Qu'elle se rende bien compte de la chance qu'elle a d'être de ceux d'en haut et qu'elle n'hésite pas, sans faire de tapage, à aider ceux d'en bas.
Et oui, tu as raison.
Ce n'est pas toi le coupable.
C'est la faute des autres.
D'abord parce que tu sais bien que toi, tu n'y peux rien.
Tu as bien assez de tes problèmes à toi, sans essayer de te mêler des problèmes des autres.
Et pourtant.
Et si pour t'amuser, au lieu de t'en ficher, tu pensais, un moment.
Et si tu t'amusais à essayer de voir à travers ton journal ce qu'il y a derrière.
Tu verrais tout d'abord le miroir aux alouettes qui cherche à t'attirer.
Puis tu verrais peut être le grand moulin à vent qui tourne ses grands bras pour que tu les regarde.
Et pendant ce temps là, venant par en dessous, la grosse pompe à graine qui te vide les poches sans que tu ne la voie.
Et si tu prenais le temps, pour passer un moment, toi gente de première, tu pourrais essayer de jouer par exemple à regarder un oiseau s'envoler.
N'importe quel oiseau, même un papagaio.
Tu pourrais remarquer que d'abord, s'il décolle, il va se reposer.
Il peut voler bien haut, il peut voler bien loin, il peut voler longtemps.
Mais l'oiseau qui s'envole finit par se poser.
Il est haut aujourd'hui, demain il descendra. Ou bien après demain. Il n'y couperas pas.
Et c'est pour tout pareil.

Si tu regardes bien, tu pourras remarquer que l'oiseau pour qu'il vole très loin et très longtemps, il faut d'abord qu'il ait un corps sain et musclé.
Puis pour qu'un oiseau vole, il faut qu'il ait aussi deux ailes saines longues et fortes et bien équilibrées.
Une aile forte à gauche, une aile forte à droite, c'est tout le corps au centre qui s'en portera mieux.
Alors tu regarderas voler les oiseaux de première, qui ont beaucoup de graine.
Qui en ont beaucoup trop .
Tu vois qu'ils sont très gros, trop gros.
Et ils volent très haut, trop haut.
Souvent même ils planent. Ils ne sentent plus rien. Ils n'entendent plus rien.
Ils ne voient plus les autres, c'est normal, de si haut.

Les oiseaux de deuxièmes, eux, ont déjà pris leur vol.
Mais ils volent très mal.
Ils vont beaucoup trop vite.
Ils montent beaucoup trop fort.
Ils font n'importe quoi. Ils n'écoutent personne.
Ils butent un peu partout, bousculent tout le monde.
Au risque de se cracher et de tomber sur ceux d'en bas qui n'ont pu s'envoler.
Ou d'entraîner dans leur chute quelques uns qui d'en haut, ne font pas attention.
Puis tu verrais aussi les oiseaux de troisième, si tu prenais le temps.
Ceux là, les oiseaux de troisième, ne peuvent pas voler.
Parce qu'ils n'ont pas de graine.
Les autres ont tout mangé.
Et puis ils n'ont qu'une aile, la gauche, ou la droite, qui leur couvre le corps et leur cache les yeux.
Il n'y a pas de secret.
Un oiseau qui n'a qu'une seule aile et qui n’a pas de graine et puis qui n'y voit pas, il meurt .Si on ne l'aide pas, si on le laisse seul, il meurt.
Qui pourrait donc l'aider...
Pas toi, bien entendu. C'est vrai, tu n'y es pour rien. Ce n'est pas de ta faute.

Et pourtant, si juste pour un moment, pour rire, sans rien dire à personne tu jouais à penser à ce que toi, la gente de première, tu peux faire pour aider un oiseau de troisième qui n'a pas de graine, qui n'a qu'une aile, et qui n'y voit pas.

Essaie d'imaginer que tes meneurs à toi, ne sont pas des safados.

Tu peux leur demander de voler bien plus bas, et lâcher de la graine sur ces oiseaux d'en bas, de troisième, qui ne peuvent voler.
Ou bien de se poser prés d'eux, pour les aider à marcher, puis de les entraîner jusqu'à ce que leurs plumes soient enfin repoussées.
Même d'en amener à coté de chez toi, et tu pourras le soir t'en occuper toi même, quand tu auras le temps.

Tu peux leur demander aussi d'aider comme ils le peuvent ces pays de deuxième qui se tirent dessus à grands coups de canons.

Mais pas en envoyant des tonnes de canons comme ils font maintenant. Non.
Tu peux leur demander de mettre dans les grandes caisses camouflées de couleurs bariolées de vert et de marron, à la place des canons et des bombes qu'ils envoient maintenant, de mettre des ballons, des ronds et des ovales, des grands et des petits.
Ou même des gros gants rouge ou bleu ou blanc.

Parce que c'est vrai qu'ils ont besoin, ces hommes de deuxième, de prouver qu'ils sont forts.
Mais avec les ballons et les beaux gros gants rouge, ils se prouveraient qu'ils sont fort entre eux, et ils arrêteraient enfin de massacrer des femmes et des petits enfants.

Il faut dire aussi que chez la gente des pays de première il est bien sûr facile de stopper une guerre, ou bien un match de boxe en appuyant sur « Off » de la télé-commande.

Les gente de deuxième et ceux de la troisième, eux,  ils n'y ont pas droit.
Ils n'ont pas la télé ni même la commande.
Chez eux ça tombe épais et ce n'est pas pour rire.
Et puis pour la planète, tu peux leur expliquer à tes gentils meneurs que tu sais maintenant que cette couche d'air qui entoure la terre et la maintien en place n'est que de vingt kilomètres d'épaisseur, seulement.
C'est peu.
Seulement la distance d’un demi marathon .
C'est fragile.
C'est pas beaucoup pour toute cette masse.
Et c'est déjà dans un drôle d'état.

Tu peux leur demander qu'ils restent vigilant, d'abord pour l'atmosphère, puis pour les océans, qui ont bien besoin aussi que l'on s'intéresse à eux. C'est vrai, c'est un peu tard.
Les mers sont déjà mortes, les océans mourants.
Il n'est jamais trop tard.
Pourquoi n'essaies tu pas ?
Parles à tes meneurs.
Et ils t'écouteront, puisqu'ils sont là pour ça.
Qui donc est mieux placé que toi, de la première.
C'est toi, sans le savoir, qui est le seul capable, donc le seul responsable.
Car en plus du sifflet, du carton jaune et rouge, tu as aussi la chance de pouvoir t'en servir.

Essaie d'imaginer que tes meneurs à toi sont meneurs grâce à toi.
Et puis enfin, et puis surtout il nous reste aussi l'espoir que les alpha un jour, sans s'en apercevoir, découvrent le moyen de réactiver dans le cerveau de l'humain la partie de matière grise désactivée par la providence, il y a longtemps, tout au début.
C'est cette partie qui, étant restée active chez les animaux, leur permet de savoir et donc ainsi, de respecter l'équilibre de la nature.
Cette partie que l'on appelle intelligence, nous, les animaux.
C'est la grande espérance.


Car oui, on le sait déjà , c'est pas con un alpha.
Il suffit de lui dire ce qu'il faudrait qu'il cherche, et il trouvera.
Un jour on a demandé à un alpha de trouver un poison pour faire disparaître les kangourous de là bas en bas.
Il a presque trouvé.
Il a fait ça un peu trop vite, un peu trop décontracté. Alors le poison qu'il a trouvé nous a détruit tous nos lapins à nous, d'ici en haut.
Mais il n'est pas tombé loin.
C'est pas con un alpha.

Si un jour on dit à un alpha que la couche d'ozone qui entoure la terre protège la gente contre les rayons du soleil qui donnent le cancer de la peau, il ne va pas sourciller l'alpha, parce que ça il le sait déjà...
Si on lui dit aussi que cette couche d'ozone se situe entre quinze et trente kilomètres de la terre, ça ne va pas le tirer de sa douce somnolence, à l'alpha, parce que ça, il le sait aussi.

Si on lui dit par contre, à l'alpha, que cette couche d'ozone qui protège la gente et se situe entre quinze et trente kilomètres ne fait que trois millimètres d'épaisseur, il va dire :" Boudu con !" l'alpha, s'il habite à Toulouse.
Parce que "Boudu" vient de l'interjection "Boun Diou" que l'on exclame dans le pays de Mitou lorsque l'on est surpris et qui elle même vient de "Bon Dieu" qui signifie ... mais ça, tout le monde le sait.

On appelle souvent le bon Dieu lorsque l'on est surpris et que l'on ne sait pas quoi faire.
L'alpha dit aussi "Boudu" parce que trois millimètres c'est bien petit. C'est aussi épais qu'un spaguetti cuit "alle dente", et encore moins solide.

L'alpha dit "con", après "boudu", parce qu'il est de Toulouse...

Et le point d'exclamation(!), c'est parce qu'il est surpris... Il ne le savait pas.

Et il penserait donc, l'alpha, qu'il serait temps de s'en occuper de cette couche d'ozone là, tant qu'il en reste.
Maintenant qu'il sait qu'avec une bicyclette plus on pédale moins vite moins on avance plus rapidement, il a tout compris l'alpha!  


C'est pas con un alpha.

Ça vous remplace n'importe quel organe sur n'importe quel humain un alpha aujourd'hui.
Tellement que les safados, de là bas, de chez nous, en deuxième et troisième, ayant vu là un autre débouché, fabriquent déjà des pièces de rechange sur commande.
Ils ont la matière première à profusion sur place.

C'est pas con un alpha.

Il vous fabriquent des bébés humains en tubes.
Tellement que vous pouvez les choisir comme vous les aimez. Avec un oeil de chaque couleur si vous voulez.
Un rouge et l'autre jaune.

C'est pas con un alpha

-Ouaaaouhh???!!! Et la terre alors il la met où???, le safado ???

-Il n'en a pas besoin le safado de la terre !!! Il s'en fout le safado de la terre !!!!

Eh oui! Cela on l'avait déjà remarqué...

C'est pas alpha un con, ce qui revient au même.

Il vous fabrique sur commande n'importe quel produit. Ca vous transforme les gênes sans se gêner si ça rapporte. Ca reproduit ce que vous demandez en le clonant sans déconner si vous le demandez, pourvu que ça rapporte...

Alors? Et oui, alors! Il suffirait de lui dire, à l'alpha, ce qu'il faut chercher...

Il suffirait de lui demander à l'alpha de chercher ce qui fait que la société de première, malgré tout ce qu'elle a, puisqu'elle a tout, ne fonctionne pas bien.

Et je suis sure qu'il trouverait, l'alpha, puisque il n'est pas con.

Il trouverait peut-être qu'ils ont trop, les humains de première.

Qu'ils sont trop occupés à surveiller tout ce qu'ils ont en trop et ça les occupe trop.

Donc ils trouveraient aussi, peut-être, que la solution serait d'en avoir moins.

Et ils démontreraient ensuite, sans doute, que si celui qui en a trop en a moins, celui qui n'en a pas du tout peut en avoir un peu...

Et celui qui n’en a pas assez pourrait en avoir un peu plus, ce qui ne pourrait pas lui faire de mal.

Il faudra faire attention tout de même car, si celui qui aujourd'hui en a trop, demain n’en a plus, on s'apercevra vite que celui qui n’en avait pas n’est plus.

Il découvrirait ensuite l'alpha qu'un des piliers du problème a été la transformation d'une société, qui était ce qu'elle était, en société de con-som-ma-tion .
Sans sommation .
Ils ne s'y attendaient pas, personne ne les a averti.
Alors ils ont con-sommé, puisque c'est ce con leur a dit.
Et pour pouvoir con-sommer ils se sont mis à travailler tous les deux, le papa et la maman.
Ils ont envoyé les vieux mourir à l'hôpital et les enfants dans la rue, pour pouvoir con-sommer et travailler et vice versa.
Donc, en résumé, les enfants naissent et s'élèvent malheureux et seuls dans la rue.
Les vieux meurent malheureux et seuls à l'hôpital .
Les entre deux travaillent et con-somment malheureux entre eux.

Et puisque c'est pas con un alpha, il ne lui faudrait pas longtemps pour trouver que la première solution serait de sommer les con-sommateurs à moins con-sommer.
La deuxième serait de ramener les vieux à la maison pour mourir en famille.
La troisième solution découlerait toute seule des deux premières .
Les vieux à la maison s'occuperaient des enfants qui ne naîtraient et ne s'élèveraient plus seuls dans la rue.
Et tout irait déjà un peu mieux, donc un peu moins mal.
Ils se retrouveraient tous un peu moins malheureux, donc un peu plus heureux.

C'est vrai que c'est pas con un alpha.

Il suffira de lui demander et il trouvera aussi et surtout comment réactiver la fonction d'intelligence dans le cerveau de l'humain..

Il faudra cependant ne pas oublier de lui rappeler à l'alpha qu'il doit aussi désactiver la fonction bêtise, celle en utilisation aujourd'hui et qui a déjà fait de si nombreux ravages.
Car c'est à partir de là que renaîtra l'espoir de revoir la planète stopper sa corrosion.
A partir du moment où l'humain de première n'aura plus sa bêtise activée, il se rendra vite compte que toutes ses voitures, ses airs conditionnés, ses radios, magnétos et ses télés commandes font de lui un surdéveloppé.

Ce qui l'amènera rapidement à constater, tout seul, puisqu'il ne sera plus bête, qu'il vit dans un pays non plus développé, mais surdéveloppé...

Il trouvera donc extrêmement facile de déduire que les pays appelés "en voie de développement" aujourd'hui sont en fait" en voie de sur-développement".

Ce qui démontrera en raisonnant par l'absurde, s'il en était besoin, que les pays complexés de nos jours d'être toujours traités péjorativement de sous-développés sont eux en fait les seuls à pouvoir se targuer d'être pays "vivants".

Mais il n'aura plus besoin cet humain de demain de démontrer tout ça, puisqu'il sera devenu humain intelligent, demain.  Il se demandera même comment n'a t'il pas fait pour le remarquer plus tôt alors que c'était tellement simple, cet humain de demain...
Mais il n'insistera pas trop pour penser à tout ça, car s'il est bête aujourd'hui, intelligent demain, il s'en fichera toujours un peu quand même , puisqu'il sera gente gentil lui aussi demain, l'humain de nos pays d'en haut...

Et à partir de là  renaîtra notre espoir, l'espoir pour toute la planète, et donc aussi pour nous, les oiseaux, les autres animaux, les grands et les petits, les arbres et les plantes, les pierres les minéraux, les anti-nucléaires, les fleurs algues et plantes, les mers vivantes et mortes et autres océans. Car ils se rendront compte tous ces humains nouveaux, ces humains de demain que les seuls coupables d’avoir détruit tout ça, sont ces humains d'hier, qui n'ont pensé qu'à eux.

Ils se chargeront donc d'établir l’équilibre, avant que la nature ne s'en charge elle même, seule et à sa façon … Et mère providence sera bien plus tranquille.

Elle pourra retourner surveiller de plus belle les autres galaxies, pour tenter d'éviter que ne se reproduisent sur quelque autre planète les mêmes absurdités que nous avons connues, ici, sur notre bonne terre, quand l’humain était bête et méchant…




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Epilogue





«Etre plutôt qu'avoir sera la réponse aux questions qui nous auront aidé à traverser nos vies, à Mitou et à Moi » 

Et puis nous sommes arrivés au terme de notre grand voyage.

Finalement, c'est en voyant le bout de son chemin que Mitou a compris le fonctionnement de l'ensemble du système.
 
Enfin, il a compris ce qu'il est en mesure de comprendre en tant qu'humain moyen, c'est à dire un humain manipulé par les safados...

Quant à moi, Juliette, je suis une oiselle.

Je viens d'un pays où il fait toujours beau, où les femmes sont belles, belles de l'intérieur. D'un pays où les gens ont du coeur, où tout marche en musique...
La musique rythmée au son des tambourins a des tons parfois tristes qui ne font pas pleurer, mais font monter du coeur des bouffées nostalgiques, de cette étrange flamme qui brûle sans brûler.

Ma mission m'avait été confiée par une fée envoyée par Mère Providence lorsque je suis née, là-bas, à l'autre bout du monde, là où on chante  pour ne pas pleurer...

Cette mission était de protéger un humain pas plus intelligent, puisque l'intelligence n'existait pas, mais pas plus con que les autres.

Il s'appelait Mitou.

Avec moi, il n'a jamais été aussi heureux de toute notre existence...

...un pas, une pierre, un chemin qui chemine, la promesse de vie, dans mon coeur tout au fond,...





 


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